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Devenez sorciers, devenez savants

9782738110930.jpg : « Devenez sorciers, devenez savants » de Georges Charpak et Henri Broch : Un peu de bon sens dans un monde rempli de mystificateurs

La zététique est un thème qui m’intéresse. Sur le sujet, j’ai trouvé dernièrement diverses sources d’informations, entre autres sur le web : Hygiène mentale, Le DeBunKer des Etoiles, Laboratoire de Zététique,…

Ce dernier site, que j’avais un petit peu parcouru avant ma lecture, est en grande partie le même contenu que le livre Devenez sorciers, devenez savants sorti en 2002 (même auteurs, même sujet,…). C’est d’ailleurs en lisant la page consacrée au défi zététique international « Vous prétendez avoir des pouvoirs : … prouvez-le ! » que j’ai découvert ce livre. En bref, je ne suis pas complètement néophyte et j’ai lu l’ouvrage 15 ans après sa sortie, il était donc assez logique que le premier tiers du livre ne m’ait pas transcendé : marcher sur les braises ou s’asseoir sur une planche à clou n’impressionne plus grand monde de nos jours… les démystifier ne me semblait donc plus vraiment nécessaire. Mais à partir du chapitre 3, j’ai commencé à écorner les pages qui m’intéressaient. Plus j’ai avancé dans ma lecture, plus les coins de pages droits se sont faits rares.

C’est un livre intéressant, c’est indéniable. Il n’est pas parfait : les auteurs semblent parfois régler leurs comptes entre les lignes, le livre est également un peu lié à son époque, il faut des fois réussir à se replacer dans le contexte,… Toutefois, certains passages me semblent particulièrement intéressants : l’explication par les probabilités d’un phénomène de prémonition (page 107), l’expérience du pendule (page 128) − l’extrait du texte d’Eugène Chevreul (page 130) est hallucinant de bon sens, et écrit en 1812. Mille-huit-cent-douze, bordel !!! −, la radiesthésie et les sourciers (page 136), démystification de la débilisante émission Mystères (page 143), l’ensemble du chapitre 5 « Droit au rêves et à la lucidité » (page 183),… La conclusion manque de clarté, je pense, mais l’idée qui est développée est intéressante.

J’aimerais trouver un livre presque structuré sous forme de fiches (plus où moins longues selon le sujet) claires n’abordant vraiment qu’un sujet à la fois (sans digression difficile à saisir) mais les démystifiant pleinement. Comme je l’ai dit, certains sections me font penser à cet ouvrage qui me semblerait idéal. Je pourrais ainsi m’appuyer sur un support pour tenter d’éclairer mes proches.

La science n’explique pas tout : des phénomènes ne sont pas encore expliqués, toutefois les phénomènes paranormaux inexplicables ne le sont que pour ceux qui refusent d’écouter ce qu’en dit la Science. C’est mon avis, il semble qu’il ne soit pas partagé par tout le monde (après quelques secondes de recherche on tombe facilement sur une discussion comme celle-ci qui me semble tellement pleine d’absurdités !). Je suis horrifié chaque fois que quelqu’un me demande mon signe astrologique ou que je trouve un horoscope dans un magazine, je suis mortifié de voir qu’en 2017 des chaînes de télévision diffusent des chasses aux fantômes, je suis abasourdi lorsque j’entends des gens déterminer le sexe d’un fœtus avec un pendule ou en observant de quelle main la future mère ramasse un objet tombé,… Je suis une personne éclairée pour une partie de mes contemporains, un connard de sceptique pédant pour les autres. Deux mondes difficilement réconciliables.

Gargantua (Extraits)

51rdx55y6NL._SX349_BO1_204_203_200_.jpg : « Gargantua » de François Rabelais : Deux ans dans un lycée à votre nom et je ne vous lis que 20 ans plus tard…

C’est à quatre ou cinq pages de la fin que j’ai remarqué le mot "Extraits" sur la couverture de cette édition "Étonnants classiques" (Flammarion). Mon cerveau occultant complètement les "[…]" pourtant bien visibles − intriguant ! Cet extrait d’une centaine de pages sera toutefois suffisant. J’ai trouvé cette lecture complexe, principalement par la très grande différence de culture et de contexte historique. Et pourtant l’édition est bourrée de notes afin d’appréhender au mieux ce texte de 1535.

J’ai été frustré par cette lecture car je peux comprendre les critiques de l’humaniste Rabelais envers certaines méthodes d’éducation de son époque, sans vraiment saisir l’importance de sa démarche. Écrire ce texte à l’époque était-il perçu comme audacieux ? Impossible pour moi de vraiment saisir la portée de ses mots. De même pour l’humour : je comprends que certains passages sont satiriques ou amusants, sans vraiment les trouver drôles, l’était-ce pour ses contemporains ?

Gargantua est disponible librement sur Wikisource (entre autre) : édition Juste, 1535 ou édition Marty-Laveaux, 1868, il est intéressant de tenter de déchiffrer ne serait-ce que quelques lignes, la langue française ayant bien changée !

Quand je lis Rabelais, je me rends compte qu’il est difficile d’interpréter convenablement un texte écrit 5 siècles plus tôt. Je comprends alors encore plus difficilement que des gens souhaitent baser leur vie sur l’interprétation d’un texte qui en a 10 ou 20 de plus.

Tu ne connais même pas les sous-préfectures de l’Indre-et-Loire ?

Combien de fois, enfant puis adolescent, ai-je entendu un équivalent de « 42 : Loire. Capitale : Saint-Étienne. Tu ne sais même pas ça ! Mais, qu’est-ce qu’on vous apprend à l’école ?! » ?

Rhétorique lancinante revenant inexorablement avec la régularité d’un marronnier dans un journal de Jean-Pierre Pernault et la fréquence ressentie d’un battement d’aile de colibri. Ce matin sur France cul (oui je cite France Culture deux jours de suite, ça me surprend aussi), les géographes étaient à l’honneur et l’une d’entre eux a partiellement répondu à la question « Pourquoi on n’apprend plus par cœur les départements à l’école » :

En gros, on n’apprend pas par cœur les informations que l’on pourra retrouver facilement avec les outils actuels, on apprend à gérer des connaissances pour en tirer des analyses et comprendre les mécanismes à l’œuvre.

Ça fait une question de moins à se poser…

L’art de la chute, par Xavier de la Porte

J’aime beaucoup les chroniques de Xavier de la Porte sur France Culture. Mais si j’en parle aujourd’hui, c’est que j’ai particulièrement ri avec :

Une chronique qui fait réfléchir entre autre sur la perception que l’on peut avoir des autres générations mais surtout la chute est inattendue, crée un décalage flagrant avec le ton de la chronique, impliquant un effet comique digne des meilleurs sketchs. Apprendre et rire simultanément, j’adore !

Note au passage, pour ceux qui se plaignent de payer la redevance audiovisuelle alors qu’ils trouvent les programmes de telle ou telle chaîne mauvais : sur Radio France, il y a énormément d’émissions qui justifient largement de payer sa redevance audiovisuelle sans rechigner : la Méthode scientifique de Nicolas Martin, la conversation scientifique d’Étienne Klein, les matins,… il y a plein de choses très sympa aussi sur France Inter (genre Si tu écoutes j'annule tout)… Que vous les écoutiez ou pas, ces émissions auraient parfois du mal à être produite sur des stations ou chaînes privées, il me semble pertinent de les soutenir.

Ce n’est pas parce que vous n’êtes pas ou plus en étude que l’état de l’école ne doit pas vous intéresser
Ce n’est pas parce que vous n’êtes pas journaliste que vous n’êtes pas concernés par la liberté de la presse
Ce n’est pas parce que vous ne faites pas parti d’une minorité que vous ne devez pas vous inquiéter du racisme
Ce n’est pas parce que vous regardez « Touche pas à mon poste » ou « Secret Story » que vous ne devez pas soutenir la culture.

Ça fait cliché et donneur de leçon mais ça fait du bien de l’écrire…

Écolo-philosophe de 5 ans

Dans le magasin

  • <Yaël> Non !!! Maman, pas de Nutella, il y a de l’huile de palme, ça détruit la planète !

Dans la voiture

  • <Yaël> J’aime la vie. On peut voir plein de gens. On peut découvrir le monde

Répondre à la question en évitant les cas particuliers ou l’art de torturer psychologiquement un enfant

  • <Owen> C’est quoi ton nombre préféré ?
  • <Papa> i
  • <Owen> un nombre !
  • <Maman> C’est un nombre mais un complexe
  • <Owen> Pas un complexe, papa…
  • <Papa> e
  • <Owen> Pas une lettre !
  • <Papa> π
  • <Owen> Arrête !
  • <Papa> √2
  • <Owen> Un nombre normal
  • <Papa> -1/3 ?
  • <Maman> Il te donne bien des nombres. Demande-lui un entier naturel.
  • <Owen> Papa !?
  • <Papa> 1
  • <Owen> T’es casse-pied quand même !
  • <Papa> Quand tu m’as demandé ma couleur préférée j’ai répondu « Octarine », tu t’attendais à quoi pour mon nombre préféré ?
  • <Owen> T’es… Pfffff
  • <Maman> Vas-y, tu as droit de le dire… il l’a bien cherché.
  • <Owen avec un sourire amusé et un regard complice> T’es con…

Harry Potter et l'enfant maudit

513O4pkDgjL._SX195_.jpg : « Harry Potter et l'enfant maudit » de J.K. Rowling, John Tiffany et Jack Thorne : Le texte intégral de la pièce de théâtre

Lire une pièce de théâtre n’est certainement pas la meilleure façon de l’apprécier, assister à une représentation est très certainement bien plus pertinent… Toutefois, avec un peu d’imagination, c’est une solution de repli correcte pour tous ceux qui ne verront pas la pièce. Ce qui fait de celle-ci une pièce différente des autres, c’est évidemment l’univers, dans lequel les lecteurs de la saga ont envie de replonger.

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Il n’y a aucun intérêt littéraire à lire L’enfant maudit, mais il y a le plaisir de retrouver des personnages auxquels on s’était attaché. L’intrigue n’est pas particulièrement originale mais l’histoire reste une très bonne suite. On suit les aventures de deux amis, un des enfants de Harry et le fils de Drago, sans pour autant laisser complètement de côté les protagonistes des sept tomes, aujourd’hui adultes.

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Une pièce que j’aurais aimé voir, juste pour le plaisir de retrouver un copain perdu de vue depuis longtemps. Je n’ai pas été transporté outre mesure mais je suis tout à fait satisfait de cette lecture.

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« Pulsions » de Kyan Khojandi et Navo

Si vous avez l’occasion d’aller voir Kyan Khojandi sur scène dans « Pulsions », courrez-y.

  • Une première partie de Navo cinglante, simple et efficace.
  • Un spectacle drôle à en pleurer, émouvant à en rire aux éclats. Un texte particulièrement bien construit où chaque brique est utile, il ne s’agit pas du tout d’une suite de blagues, c’est une vraie narration.
  • Et pour finir, un artiste accessible qui reste discuter avec son public, signe des autographes, prend des photos… Un grand artiste et un humain vraiment généreux.

« Pulsions » est une introspection de l’humain, un œil honnête et aiguisé sur nos comportements, dans une narration élégante, mais surtout une énorme dose d’endorphines fournie par un rire franc. Merci Kyan, merci Navo.

La part du colibri

la-part-du-colibri-337927_1024.jpg : « La part du colibri » de Pierre Rabhi : En matière d’écologie, hélas, un homme averti continue ses conneries… voici un petit remède.

Un essai très court, un bilan écologique écrit de manière poétique, un constat accablé et qui semble éclairé. Intéressant mais trop court, on aimerait y trouver quelques solutions, même seulement sous forme de référence. C’est beau, fixe des idées auxquelles j’adhère complètement, c’est agréable, un livre que j’aurais bien envie d’offrir…

Pourquoi j’ai mangé mon père

5123M5JGF1L._SX296_BO1_204_203_200_.jpg : « Pourquoi j’ai mangé mon père » de Roy Lewis : Un pithécanthrope averti en vaut deux

Un livre qui se dévore très rapidement. Décrivant les premières grandes évolutions de l’homme ou plus précisément du pithécanthrope de façon décalée, avec en miroir, une critique de la société contemporaine, le livre est bourré d’anachronismes très amusants et de personnages attachants : mention particulière pour le père scientifique qui fait passer l’évolution de l’espèce avant tout, l’oncle ultra réac qui critique mais profite toujours pleinement des découvertes,…

Étant donné que j’ai lu Pourquoi j’ai mangé mon père après avoir lu quelques tomes et vu une bonne centaine d’épisodes de Silex and the city, j’étais sûrement moins sensible à l’humour des anachronismes préhistoriques que si ma découverte littéraire s’était faite dans l’autre sens. Cela ne m’a pas toutefois pas du tout empêché d’apprécier…

Seul point noir du livre, la préface qui comme très souvent, dévoile une partie de l’histoire. À lire comme s’il s’agissait d’une postface, comme presque toujours. Plus jamais je ne lirai de préface, les éditeurs semblent presque tous avoir oublié de passer par la sélection naturelle…

Pour en finir avec Dieu

41YTHspVpzL._SX299_BO1_204_203_200_.jpg : « Pour en finir avec Dieu » de Richard Dawkins : J’ai trouvé ma bible

Quand je lis les trames principales des 3 ou 4 derniers « Notes » de Boulet, j’ai la sensation de lire ce que mon esprit tentait de mettre au propre… Il est appréciable de constater qu’on est pas le seul à faire certaines observations (et assez agaçant, j’en conviens, de constater que l’auteur le fait de façon bien mieux construite et qu’il l’illustre avec des dessins travaillés et un humour à vous taper le cul par terre…). Quand je lis « Pour en finir avec Dieu » j’ai la même sensation à ceci prêt que la réflexion est bien plus aboutie, détaillée, documentée que tout ce que j’aurais pu imaginé.

Le titre accrocheur de la traduction française empêche très certainement de prêter son exemplaire à un ami croyant alors qu’il n’est à mon avis pas pertinent de le considérer comme un simple livre contre la religion. Il est, à mon sens, pour la réflexion et contre l’obscurantisme. Il permet certes d’ouvrir les yeux sur certains aspects négatifs des religions, mais c’est également un ouvrage sur le comportement humain, le sens moral (citant Kant, Hauser…), l’anarchisme (citant Pinker), les évolutions de mœurs, le Zeitgest moral, le racisme, le machisme,… Le chapitre sur la maltraitance de l'enfant est juste démentiel et particulièrement stupéfiant.

Le texte est truffé de références, il est relativement copieux mais pas du tout indigeste, il se termine sur une magnifique métaphore de la burqa qui est une ode passionnante à la science et la recherche de connaissance. C’est un livre à lire, à relire, à dévorer.

J’ai eu envie de lire ce livre suite au visionnage de la conférence TED de Richard Dawkins. Il s’agit d’une très bonne introduction au livre, je vous la conseille vivement :

« SciDAVis » dans Linux Pratique 98 (Novembre-Décembre 2016)

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Je travaille dans un laboratoire de recherche et je suis souvent horrifié de constater les problèmes engendrés par les logiciels propriétaires. Le pire exemple est peut-être Mathtype un éditeur d’équation qui s’intègre à Microsoft Office. Chaque nouvelle version d’Office implique l’achat de la dernière version de Mathtype et surtout pour lire une équation faite avec ce logiciel tous ceux qui ouvrent un document docx doivent acheter Mathtype ! Pour moi, il s’agit plus d’un ransomware (rançongiciel) que d’un logiciel.

Une autre fonctionnalité particulièrement importante dans un laboratoire de recherche : Tracer et analyser. Certains choisiront d’utiliser SigmaPlot, Origin, Kaleidagraph, Igor Pro… des solutions propriétaires, onéreuses et non disponibles pour l’ensemble des systèmes d’exploitation courants. À titre d’exemple, Origin n’est disponible qu’en trois langues et uniquement pour Microsoft Windows. Cela me semble particulièrement :

  • problématique pour la pérennité de vos données. Si vous souhaitez un jour changer de système d’exploitation (dans 5, 10, 15 ans…) vous pourriez ne plus avoir accès à vos propres documents, un logiciel mono-plateforme vous enchaîne à un OS particulier. Si votre OS fait une mise à jour de version automatiquement, vous n’êtes pas assuré que votre logiciel sera bien compatible (nous avons été témoins des sueurs froides des utilisateurs de Windows lors du passage forcé en version 10 alors que certains de leurs logiciels propriétaires ne sont pas compatibles avec cette version du système d’exploitation… Passage en caisse obligatoire, dans le meilleur des cas !). Vous n’êtes pas assuré que le développeur apporte les fonctionnalités dont vous avez besoin alors qu’avec un logiciel libre, vous pouvez développer ou payer pour qu’une fonctionnalité soit mise en place.
  • problématique pour la collaboration. Il est rare, aujourd’hui, de travailler en totale autarcie. Imposer l’utilisation d’un logiciel payant et non multi-plateforme, cela correspond à imposer un achat et/ou l’utilisation d’un système d’exploitation spécifique pour pouvoir accéder à des tracés ou des analyses à vos collaborateurs, des stagiaires, des interlocuteurs, des collègues. Un tel assujettissement ne devrait pas être envisagé, même si cette solution peut sembler plus confortable à court terme.

J’aime le logiciel SciDAVis et j’ai pensé qu’il serait intéressant d’en faire la promotion dans Linux Pratique, c’est ce que je viens de faire dans le numéro 98.

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Pendant l’écriture de l’article, j’ai alors découvert Alphaplot, un logiciel qui deviendra peut-être SciDAVis Next Gen. J’ai profité de l’occasion pour interviewer l’auteur principal. Dès que je trouve un peu de temps, je m’implique dans le développement pour proposer une traduction française plus complète.

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Prenez le temps d’e-penser − Tome 2

1540-1.jpg : « Prenez le temps d’e-penser − Tome 2 » de Bruce Benamran : Remplit la tête sans la prendre

Ce tome 2 est clairement la continuité du premier tome, le lire directement est faisable si vous avez des connaissances en physique mais je pense qu’il est plus intéressant de considérer l’ensemble comme un livre unique. Les sujets abordés vont du big bang à la mécanique quantique avec moult détails et digressions qui rendent le récit très vivant. J’ai trouvé la deuxième moitié de ce second tome, un poil plus complexe que le reste (il arrive qu’il faille relire quelques passages deux fois), pas à cause d’explications obscures mais bon, la mécanique quantique c’est un poil plus velu que la recette des crêpes…

Lorsque je lis e-penser, je vocalise avec la voix et les intonations de l’auteur, je considère donc le livre comme une discussion ou disons plutôt qu’il me donne l’impression d’écouter un monologue d’un pote éclairé. Hier, Bruce Benamran était à Rennes pour une rencontre et séance de dédicaces, j’ai pu lui poser quelques questions… en bafouillant comme une groupie impressionnée alors qu’il est très abordable, sympathique, éloquent (parfois mon cerveau est une garce).

Je travaille dans un Institut de Physique, j’assiste régulièrement à des conférences scientifiques,… ce livre m’a permis de reconsolider certaines bases et de mieux appréhender certaines notions. Des lycéens trouveront dans ce livre une très bonne introduction à leurs cours de physique.

Si vous ne connaissez pas Bruce Benamran, regardez une vidéo de sa page Youtube e-penser, puis une deuxième et ainsi de suite jusqu’à ce que vous soyez devenu suffisamment éclairé pour avoir envie de les regarder toutes sans suivre cette directive.

Ubik

Ubik.jpg : "Ubik" de Philip K. Dick : Mc Fly dans la matrice sous amphétamine

Lire un livre de science-fiction 50 ans après son écriture peut être particulièrement déroutant… Les premières dizaines de pages sont relativement étranges à lire, en particulier parce que Philip K. Dick y intègre énormément d’objets futuristes qui semblent aujourd’hui très rétro. Petite liste non exhaustive, dans les 30 premières pages nous trouvons : aspirateur avec batterie à hélium, vid-phone, table en néo-teck, homéojournal, robot encaisseur de loyer, répondeur homéostatique, conapt (pour appartement), un téléphone miniaturisé... Ajoutez à cela certaines remarques qui peuvent faire penser à un sexisme années 60 et quelques objets qu’il semble absurde de citer dans un livre de science fiction (tabac à priser par exemple), vous comprenez vite que l’auteur et vous n’êtes pas exactement de la même génération. Dans Dracula, j’avais trouvé amusant de voir le Brandi régulièrement cité comme remède, 70 ans plus tard ce sont les amphétamines qui tiennent le même rôle dans Ubik. Pour ceux qui l’ignoreraient, l’auteur en consomme très régulièrement, à cette époque elle n’était d’ailleurs pas classée comme stupéfiant. Pour en finir avec les réflexions sur les différences générationnelles, on notera que l’auteur dénonce le racisme ordinaire des années 30-40.

Philip K Dick est un très très bon écrivain et une fois le décor posé, il vous plonge dans son univers, vous oubliez complètement le décalage temporel entre son écriture et votre lecture, pour vous plonger dans son récit. Vous ne comprenez pas où il vous emmène, vous comprenez juste que vous voulez le suivre, vous immerger dans son roman, comprendre et analyser ce qui arrive à Joe Chip, le protagoniste principal du roman, piégé dans une régression temporelle suite à une explosion lors d’une mission visant à neutraliser précogs et télépathes.

J’avais vraiment adoré Substance Mort et Minority Report, cela fait donc un nouveau roman de Philip K Dick que j’apprécie pleinement.

Dans le futur décrit dans le roman, toutes les machines, mêmes personnelles (de la cafetière à la porte d’entrée), nécessitent une pièce de monnaie pour fonctionner. Ceci amène parfois à des situations grotesques très amusantes. Joe étant toujours à court de monnaie, tentant de négocier avec sa porte d’entrée me semble être à la fois très drôle et critique de notre société de consommation.

Détail anecdotique qui m’a amusé, je pense que c’est la première fois que je trouve dans une même page des références à Platon et à Winnie l'ourson.

Pyramide : En trois…

  • <Yaël> Aah ! Ça me donne la grippe !
  • <Papa> Quoi ?
  • <Yaël> La grippe des poupoules
  • <Papa> …
  • <Yaël> Les hérissons
  • <Papa> La chaire de poule ?
  • <Yaël> Oui, ça me donne la chaire de poule

Je ne me suis aperçu de rien

  • <Papa> Par contre « apercevoir » ne s’écrit pas du tout comme tu l’as écrit
  • <Owen> Mais je n’ai pas oublié le i !
  • <Papa> Il n’y a pas de i dans « apercevoir », du moins pas là où tu l’as mis, et ce n’est pas vraiment le seul problème… « à pairse voir » n’est pas la bonne orthographe.

J’ai un don

Il y a quelques années, une amie et moi avions une discussion à propos des coupeurs de feu (aussi appeler passeurs de feu). Ma façon de penser "sceptique par défaut" m’empêche d’adhérer à la croyance d’un pouvoir surnaturel, mon amie qui est plus proche d’une "croyante par défaut" m’explique qu’elle même ne coupe pas le feu mais à le pouvoir de couper… le hoquet. Ne pouvant retenir longtemps les muscles de ma mâchoire, un large sourire incrédule apparaît sur mon visage, elle ne se démonte pas, elle sait qu’elle a se pouvoir et qu’il fonctionne, comme j’ai régulièrement des hoquets, elle me dit qu’elle me prouvera, en temps voulu, qu’elle n’invente rien.

Quelques semaines plus tard, une myoclonie phrénoglottique semble vouloir s’installer durablement dans mon système respiratoire. La démonstration peut commencer. Elle est tellement sûre d’elle, je pense : « Avec le bol que j’ai comme par hasard, ça va marcher et je ne vais rien pouvoir expliquer ». Elle me regarde dans les yeux, me demande de dire « Je te donne mon hoquet », me réponds « Je te prends ton hoquet » en faisant un geste de la main pour attraper quelque chose d’invisible dans l’air. Et mon hoquet disparaît directement, comme… par magie.

Elle a un don elle me l’a prouvé, je dois bien admettre que cette conclusion est vraiment incompréhensible pour moi…

Imaginez mon désarroi, je construis un puzzle énorme et multicolore intitulé « Ma compréhension du monde », le contour est fini, j’ai réussi avec le temps à imbriquer quelques pièces au bord, plus on va vers le centre plus les morceaux sont petits et difficiles à placer. À côté, j’ai aussi un puzzle « Contes, mythologie, croyances » dont les pièces sont de couleur octarine. Mon amie vient de me donner une nouvelle pièce, j’étais persuadé qu’elle faisait partie du second puzzle mais elle vient de me prouver qu’elle fait partie du premier. J’ai beau chercher dans tous les sens, elle ne s’imbrique dans aucune des pièces que j’ai déjà placées, elle reste donc dans mon aire de jeu sans que je puisse la placer, c’est très ennuyeux. Elle restera là quelques temps ! Pendant quelques années mêmes. Je continue à imbriquer des pièces petits à petits et un jour enfin, hier en fait, je vois où elle s’imbrique, c’est clair, c’est évident…

Hier, je surfais sur la toile, sur http://www.universcience.tv en l’occurrence. Après lecture, je tombais alors sur une vidéo de Max Bird, je la trouve tellement bien que je me fais un binge watching de sa chaîne (que je vous recommande vivement) :

maxbird_p.jpg

et de fils en aiguille, je tombe sur la très intéressante chaîne de Fabien Olicard et surtout sa vidéo : Faire passer les migraines et le hoquet par mentalisme :

C’est la pièce qui me manquait pour pouvoir comprendre ce qui s’était passé il y a deux ans et qui restait comme un caillou dans la chaussure de ma compréhension. Il n’y a pas de magie, pas de don, pas de pouvoir, il ne s’agit pas de quelque chose de surnaturel, ce phénomène est très bien expliqué par des études, des analyses, des tests, est reproductible, s’ajuste parfaitement dans mon puzzle mental ! Mon incompréhension venait simplement d’un mauvais raisonnement de ma part : Ce n’est pas parce que l’effet est vrai, que la raison évoquée l’est également.

Ma femme n’a jamais le hoquet, du moins ceux-ci ne durent jamais car, elle me l’expliquait hier soir, inconsciemment elle a trouvé une méthode qui s’apparente certainement à de l’auto-suggestion. Je sais également que certains réussissent à soulager leur migraine grâce à l’auto-hypnose (je connais personnellement un enfant qui a appris cette méthode). Je tenterai d’appliquer sur moi-même la méthode décrite par Fabien Olicard, après tout, je suis convaincu que la méthode est efficace, je vois bien que ma femme y arrive, je n’ai qu’à me convaincre moi-même, or je suis convaincu !

J’hésite maintenant à renseigner mon amie sur sa méthode, dois-je lui en expliquer les rouages ? Après tout, plus elle est convaincue de son don, plus elle est convaincante, or plus elle est convaincante, plus elle est efficace. Je n’aime pas l’obscurantisme je n’aime pas la laisser dans sa croyance et en même temps je n’ai pas envie de passer pour un monsieur-rationnel-je-sais-tout. Surtout, son puzzle n’est pas construit comme le mien… je vais lui donner une pièce qui ne s’accrochera nulle part dans son cadre mental, est-ce vraiment utile et pertinent ? Un choix que je trouve complexe.

Écoutez nos défaites

CVT_Ecoutez-nos-defaites_3325.jpg : "Écoutez nos défaites" de Laurent Gaudé : Au cœur de la bataille

Comme dans Eldorado et Le soleil des Scorta, Lauront Gaudé fait s’entrecroiser les récits, son histoire au cœur de l’Histoire. Si un livre comme Écoutez nos défaites est utilisé en complément d’un manuel scolaire, je pense que l’apprentissage de l’Histoire pourrait être très attrayant. Certes, c’est fictif, ne relate pas les événements tels qu’ils se sont déroulés mais un tel roman ajoute de l’humain, de l’empathie, là où l’encyclopédie est froide et détachée. Après lecture, j’ai envie de me plonger dans des livres d’Histoire pour en apprendre plus sur Grant, Hannibal, Hailé Sélassié, j’ai envie de les découvrir.

J’aimerais vraiment comprendre les techniques qu’utilise Laurent Gaudé pour rendre ses personnages si touchants, pour les rendre si vrais, c’est la troisième fois que je suis bluffé par cette caractéristique de ses livres (et j’en ai lu trois).

J’aurais peut-être aimé que l’histoire de Assem Graïeb (le "héros") et Mariam (son "amour") soit plus longue, croiser un peu plus Job (le "méchant"), que la narration soit plus développée, sans forcément en faire un roman d’amour, d’espionnage ou d’action, sans forcément rendre le roman caricatural (comme le font mes parenthèses ici) mais me faire vivre une aventure avec ces personnages. J’ai l’impression d’avoir eu en main un jeu de figurine avec les plus beaux personnages du monde mais de ne pas avoir eu le temps de jouer.

« 5 extensions Blender » et « Grav » dans Linux Pratique 97 (Septembre-Octobre 2016)

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Deux articles dans ce numéro de Linux Pratique :

  • Tout d’abord un article présentant 5 extensions pour Blender que je trouve très intéressantes. Le plus difficile pour écrire cet article n’a pas été de tester et décrire les extensions mais bien de n’en sélectionner que 5 !

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  • Et un article de 9 pages décrivant en détail tout ce qu’il faut pour installer et utiliser Grav, un CMS que je trouve génial : Markdown, flat-file, moderne,… Testez-le !

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Éloge du polythéisme

22510100165830L.jpg : "Éloge du polythéisme" de Maurizio Bettini : Ce que peuvent nous apprendre les religions antiques

J’ai fait un an de catéchisme lorsque j’étais enfant, à ma demande. Mais cela ne correspondait pas à mes attentes puisque sans le comprendre à l’époque, j’avais une démarche scientifique : Je croyais que le catéchisme consistait à chercher dans des textes anciens et des fouilles archéologiques les preuves de l’existence de Dieu. Contrairement à ce que je pensais, il s’agissait d’un axiome. Mes camarades m’expliquaient qu’il fallait continuer car des cadeaux sont offerts pour la communion donc il ne me restait plus qu’un an à faire. Aujourd’hui, encore je reste surpris par l’attitude d’enfants censés apprendre la religion catholique et ses principes, qui restent seulement par appât du gain.

Je suis athée. J’ai, de manière générale, une démarche de sceptique. À mon sens, une vidéo comme « Comment Tester le Paranormal avec la Science ? » d’« Hygiène Mentale » est une source d’inspiration.

Je tente d’être tolérant envers les croyances d’autrui mais j’ai souvent du mal a rester curieux tant les arguments me semblent parfois aberrants ou mal construits, quel que soit le domaine : l’astrologie, la voyance, les extraterrestres, le vaudou, la télépathie, les chemtrails, la téléportation (non quantique), les voyages dans le temps, les fantômes ou la religion. J’ai un réel besoin d’arguments pas d’un stupide « La science n’explique pas tout ». Je découvre, après rédaction de cet article, au moment d’ajouter les liens, l’épisode L’ouverture d'esprit et ses limites qui résume très bien ce que je pense :

Mais la religion est certainement plus complexe à analyser et discuter car il ne s’agit pas seulement de croyance, elle est liée à une façon de se comporter, à une vie en communauté, même à des habitudes alimentaires ou sexuelles, après deux millénaires la religion influence également la vie des non-croyants car elle est imbriquée dans la sphère publique. Quant à la sphère privée des croyants, elle est tellement imprégnée qu’il est quasi impossible d’argumenter sur le bien fondé ou non ne serait-ce que d’un élément de cette croyance.

Il me semble parfois aberrant que certaines images/métaphores soient prises au premier degré mais ceux qui font ce genre d’erreurs sont peut enclines à en discuter. Parfois toutefois j’aimerais opposer certains arguments aux plus fanatiques des monothéistes. Par exemple, lorsque des témoins de Jéhovah frappe à ma porte, je la referme rapidement mais parfois j’aimerais leur dire que je ne crois pas en leur dieu unique mais en Rê, Zeus ou les matrones, que ces dieux ne me paraissent pas moins stupides que le leur, qu’il s’agit dans les deux cas de mythologie, pas de faits. Qu’il n’y a pas de raison de croire plus en l’un de ses systèmes de penser que l’autre. Que l’on souhaite vivre selon les principes chrétiens (ou autre) je peux le comprendre, confondre symboles et faits me semble par contre très étrange.

Suis-je vraiment le public visé par Maurizio Bettini, je l’ignore, toujours est-il que j’ai été réceptif à son message. Quand on m’a proposé de lire l’« Éloge du polythéisme », je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre mais je pensais qu’elle m’apporterait au moins des connaissances sur le polythéisme. J’ai été agréablement surpris dès les premières pages, l’argumentation est construite, bourrée de références. Le livre ressemble beaucoup à une démarche scientifique, si ce n’est que l’auteur ne s’appuie pas sur des formules ou des expériences mais sur d’autres textes. La clarté de la structure rend le contenu beaucoup plus simple à assimiler.

J’ai l’impression d’avoir appris beaucoup sur les religions polythéistes mais également sur les religions monothéistes, certaines explications de sémantique sont éclairantes (en particulier le mot « polythéisme » lui-même)… C’est un livre qui appelle à une plus grande ouverture, une vraie ouverture. Même si aucune solution n’est vraiment apportée par le texte du moins pas à court terme et sans réelle volonté des instances religieuses, il explique bien en détail ce que la construction même des religions monothéistes implique en terme de tolérance, ce qui serait bon de prendre des religions antiques pour aider au vivre ensemble. C’est un texte que j’ai trouvé très intéressant. Le chapitre « conférer la citoyenneté aux Dieux » est un éloge au civisme et à la citoyenneté, très inspirant.

En somme, on « apprend à connaître » les divinités d’autrui au fil du temps. Une fois que l’on est conscient de leur existence […] il est possible de procéder à leur intégration parmi ses dieux à soi. Il s’agit toutefois d’un processus qui implique de l’intérêt, de la curiosité pour les autres dieux, ainsi qu’une volonté de « savoir ». En pays monothéiste, au contraire − hormis l’attitude des esprits ouverts et éclairés −, non seulement les autres dieux ne soulèvent ni curiosité, ni désir de savoir, mais au contraire, ils suscitent généralement un sentiment d’indifférence ou de supériorité, quand ils ne sont pas condamnés. […] ma femme, qui est chinoise, a pu expérimenter, pendant un demi-siècle, comment ses convictions religieuses étaient attaquées ou même dévalorisées par des missionnaires chrétiens, des politiciens américains, voire des occidentaux lambda… et elle était consciente du fait que cette situation durait déjà depuis cinq siècles.

Petite digression : Certains passages à propos des statuettes représentants les dieux antiques, dans des panthéons ouverts aux dieux des autres, m’ont vraiment fait penser à l’influence des mangas et comics de nos jours. Chaque culture apporte sa pierre à l’édifice et chacun est libre de choisir ou non d’être diverti par les histoires des autres cultures.

Si je devais apporter un bémol toutefois, je regrette une chose dans la construction : une impression de répétition. Plusieurs chapitres amènent à des conclusions, plutôt qu’en faire un résumé en fin de texte, l’auteur choisi de les répéter à chaque nouvel ajout : « Donc A. Nous avons vu que A mais nous constatons également B. Nous avons vu que A et B, nous pouvons aussi C. Certes A, B et C mais… ». La répétition aide à mémoriser certes, c’est aussi relativement pénible. J’aurais préféré une conclusion plus fournie en fin de texte que cette solution. Surtout cela donne l’impression que le chapitre « Crépuscule de l’écriture » est moins développé puisqu’il ne sera aucunement repris. La conclusion de ce chapitre est intéressante mais l’argumentation semble de ce fait moins appuyée que le reste.

L’édition « Les belles lettres » est très correcte. À 14 € pour un format poche, une édition se doit de l’être.

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