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Le nom du monde est forêt

le_nom_du_monde_est_foret.jpeg : « Le nom du monde est forêt » de Ursula Le Guin

Les humains tentent de coloniser une planète pour en exploiter une ressource de la forêt alors que les indigènes, de petits humanoïdes verts appelés créâtes, vivent en harmonie avec celle-ci. Un militaire bourin veut les exterminer, un anthropologue tente de les comprendre,…

Si les créâtes étaient grands et bleus, on les nommerait Na’vis. James Cameron s’est très probablement inspiré du roman d’Ursula Le Guin, que ce soit pour Pandora, les actions ou les personnages d’Avatar.

Les premiers chapitres embrassent le point de vue d’un protagoniste : 1. Le militaire, 2. l’indigène, 3. l’anthropologue. Cela permet de vite entrer dans le récit et de saisir la personnalité de chacun. Jusque là tout me plait bien et le monde m’intéresse.

Hélas, les personnalités évoluent peu au cours du récit, restant les caricatures auxquelles nous sommes aujourd’hui très habitués. Le roman est court et les actions extrêmement rapides, je ne me suis pas attaché aux personnages, restant alors insensible à leurs, trop peu détaillées, destinées.

Pourtant l’univers me plaisait bien…

La vie devant soi

laviedevantsoi.jpg : « La vie devant soi » de Émile Ajar :

J’étais censé lire « La vie devant soi » au collège mais j’étais suffisamment malin pour que personne ne voit que je n’ouvrais pas les livres que je regrette de n’avoir pas lu plus tôt. Il y a peu j’ai été intrigué par l’histoire d’Émile Ajar alors j’ai fouillé dans ma bibliothèque.

J’ai été happé par le phrasé hallucinant de Momo, narrateur, fils de pute d’une dizaine d’années. Dès les premières lignes tout est là : Madame Rosa, avec tous ces kilos qu’elle portait sur elle et seulement deux jambes Pendant longtemps, je n’ai pas su que j’étais arabe parce que personne ne m’insultait Il était déjà très vieux quand je l’ai connu et depuis il n’a fait que vieillir . Sans ces petites phrases délicieuses (une que j’aime beaucoup : Je suis beaucoup trop vieux pour me marier, disait Monsieur Hamil, comme s'il n'était pas trop vieux pour tout ) que l’on trouve partout et jusqu’au bout, je n’aurais peut-être pas accroché car il faut admettre qu’il ne se passe pas grand chose et on ne reste évidemment pas pour le suspens. Pourtant, impossible d’arrêter, on tourne les pages, non pas pour savoir ce qui ne va, de toute façon, pas se passer, on reste parce qu’on s’attache, parce qu’on aime Momo comme il aime Madame Rosa, parce que sans s’en rendre compte on s’est laissé emporté petit à petit par la vie de ces personnages et parce que finalement, on est pris aux tripes à l’idée de lâcher ce petit bonhomme.

Le théorème du parapluie ou L'art d'observer le monde dans le bon sens

41o4tdLeGBL._SX195_.jpg : « Le théorème du parapluie ou L'art d'observer le monde dans le bon sens » de Mickaël Launay :

Une narration très bien pensée qui permet à l’auteur d’aborder des sujets complexes (logarithme, fractales, disque de Poincaré, relativité restreinte, relativité générale,…) sans que le lecteur ne rencontre quelque difficulté que ce soit et surtout qui apporte du sens, là où on a trop souvent tendance à ne voir que des explications sans contexte. Même lorsque vous maîtrisez déjà un sujet, Mickaël Launay réussi à le raconter de façon originale et/ou passionnante qui vous fait voir les choses de façon inattendue… Passionnant, à partager sans modération.

Je chemine avec Hubert Reeves

41FVPDp03-L._SX195_.jpg : « Je chemine avec Hubert Reeves » : entretiens menés par Sophie Lhuillier

Depuis que j'ai été emporté par la poésie de Poussières d'étoiles, je considère Hubert Reeves comme un vulgarisateur inspirant. Il me semblait donc intéressant d'en savoir un peu plus sur son parcours.

« Je chemine avec Hubert Reeves » est un entretien bien mené, clair, intéressant. Témoignage d'une vie et d'une époque, simple à lire. Tout est là pour que je sois captivé et si je reste satisfait de ma lecture, elle ne m'a pourtant transmis que très peu d'émotions.

Les Annales du Disque-Monde : Procrastination

615vePJO54L._SX359_BO1_204_203_200_.jpg : « Procrastination » de Terry Pratchett

C'est certainement le plus tarabiscoté des Terry Pratchett que j'ai pu lire. J'aime le fait que des choses absurdes ne prennent sens qu'après quelques pages, j'aime l'humour, les références, les personnages mais ce tome pourtant ne m'entousiasme pas spécialement. Le dénouement, surtout, a un étrange goût de « Tout ça pour ça ». On m'a prété ce livre et j'ai considéré son titre comme une injonction que j'ai scrupuleusement respectée pendant un an !

J'adore les couvertures de la nouvelle édition :

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Le profit avant l’homme

81jdpfsJQBL.jpg : « Le profit avant l’homme » de Noam Chomsky

Noam Chomsky dénonce les accords commerciaux négociés en sous-main qui profitent aux entreprises et plus particulièrement aux actionnaires au détriment de la démocratie. Ce recueil de conférences et textes de presse se désole des conséquences du néolibéralisme des années 90 (le livre est sorti au début des années 2000), il est étonnant de constater à quel point les choses ont peu changé, si ce n’est les sigles des accords (CETA dernièrement par exemple)

Il était une fois nos ancêtres

CVT_Il-etait-une-fois-nos-ancetres--Une-histoire-de-l_5804.jpg : « Il était une fois nos ancêtres » de Richard Dawkins : Une histoire de l’évolution

Vraiment passionnant, il m'aura toutefois fallu plus d'un an pour arriver au bout de ce pavé, que je n'ai réussi à dévorer que par petites bouchées. Un nombre très important d'explications sur l'évolution, la biologie, la datation, les gènes,... Un livre particulièrement enrichissant.

Des philosophes & des héros

51GVA4_fv1L._SX195_.jpg : « Des philosophes & des héros  » de Thibaut de Saint Maurice : Petite balade en philosophie à travers nos personnages favoris

Pour accéder facilement aux pensées des plus grands philosophes, rien de tel que les associer à des histoires que l’on connaît déjà bien. L’ idée de prendre les héros de la pop culture est donc ici parfaitement adaptée, peu de personnages abordés dans l’ouvrage me sont inconnus, c’est idéal. Les parallèles semblent rarement capillotractés, les chapitres suffisamment courts pour se lire très facilement.

Toutefois, en seulement 5 pages (en gros caractères qui plus est) il est impossible de détailler quoique ce soit et la lecture des chapitres se fait alors sans réel intérêt. Après quelques chapitres on à l’impression de perdre son temps, de ne rien apprendre, de ne faire que survoler tous les sujets.

Mais ce livre n’est pas à considérer comme un manuel de philosophie et son but n’est certainement pas de nous apprendre directement et en détail les pensées de Pascal, les opinions de Sartre ou Platon, les idées développées dans les ouvrages de Nietzsche ou Hegel… Si vous avez du mal à concevoir comment peuvent s’appliquer certains concepts philosophiques ou si vous souhaitez une porte d’entrée vers la philosophie, un amuse bouche pour vous ouvrir l’appétit, ce livre est fait pour vous.

Brocéliande, Contes et Légendes

broceliande.jpg : « Brocéliande, Contes et Légendes » de Tristan Pichard et Loïc Tréhin

Livre sympathique présentant plusieurs courtes histoires se déroulant au cœur de la forêt de Brocéliande. Les premières sont des légendes arthuriennes assez intéressantes que l’on aimerait parfois voir développées plus longuement. Dans la seconde partie de l’ouvrage, il s’agit de contes décorrélés de la table ronde, assez divertissant, ils n’ont pour défaut que ce que l’on peut reproché à tous les contes, être parfois répétitifs. L’édition est simple, on ne peut lui reproché que le fait d’avoir placé la carte de la forêt à la fin de l’ouvrage alors qu’il aurait été plus pertinent de la placer en début. Un livre agréable, que nous avons lu en famille, un chapitre par soir, le style littéraire est un parfois un petit peu complexe pour mon fils de 8 ans, mais rien de rédhibitoire.

Les furtifs

CVT_Les-Furtifs_7149.jpg : « Les furtifs » d’Alain Damasio

Incitation à se sortir les doigts du cloud, à lever les yeux du portable, sortir du techno-confort. Analyse chirurgicale de la société de surveillance, viscérale dans sa description de la parentalité (dans la première moitié surtout), ça vous prend les tripes à vous donner envie de chialer tant c'est juste.

Les furtifs est un roman un peu exigeant, la plume hallucinante semble parfois un peu trop dans la démonstration mais le livre reste prenant et difficile à lâcher.

Pulsions

41jc9_13SrL._SX195_.jpg : « Pulsions » de Kyan Khojandi, Bruno Muschio et Boulet

J’ai assisté au spectacle à Nantes avec ma femme, on en est sorti avec des étoiles dans les yeux et une furieuse envie de vivre, l’impression de marcher sur des nuages, l’incapacité de ne plus sourire. Un pur moment de bonheur. Kyan était resté à la fin du spectacle pour prendre des photos et signer des autographes avec un bon paquet de monde, en mode disponible et hyper gentil, à l’écoute, un vrai bon gens. Ma place pour le prochain spectacle est réservée, je sais déjà que je passerai une bonne soirée. Il est donc probable qu’il me soit impossible de faire une critique impartiale de ce livre…

Dès que le spectacle a été mis en ligne sur Youtube, je l’ai regardé, puis le lendemain je l’ai re-regardé, avec mon fils (en zappant 1 ou 2 passages parce qu’il a seulement 11 ans), il a beaucoup rit, c’était un moment de partage vraiment agréable. Enfin, je viens de lire la version roman graphique, qui me redonne une nouvelle dose de ce petit moment de bonheur (avec les dessins d’un auteur que j’adore en plus…).

Crédulité et rumeurs

CVT_La-petite-Bedetheque-des-Savoirs-tome-24-Credu_8903.jpg : « Crédulité et rumeurs » de Gérald Bronner et Jean-Paul Krassinsky

J'aime plutôt le dessin et la colorisation, j'aime énormément le propos mais je n'aime pourtant pas spécialement cette bd. Elle apporte énormément d'informations intéressantes mais pour cela néglige complètement histoire et actions, il s'agit juste d'une discussion entre deux ados, rien d'autre. Est-il possible d'apporter autrement autant de connaissances en si peu de pages, je ne le pense pas, mais on se retrouve alors hélas sans narration. Un livre un peu bâtard : suffisamment intéressant pour donner envie de le partager avec tout son entourage mais trop pauvre côté narration pour qu'il puisse intéresser les personnes qui ne sont pas déjà convaincues.

J'ai été un peu déçu par la non correspondance entre la couverture et le reste de la bd, je trouve le mouton anthropomorphe génial et j'aurais adoré lire une histoire mettant en scène de tels personnages (un peu comme "Black Sad" ou "Meet Buck"), je trouve que cela aurait été graphiquement plus intéressant que deux simples lycéens.

L’ironie de l’évolution

51MsP2qbtnL._SX195_.jpg : « L'ironie de l'évolution » de Thomas C. Durand

Un livre passionnant qui ne se contente pas d’expliquer que le fonctionnement de notre cerveau n’est pas adapté à la compréhension du processus évolutionnaire qui a permis son existence. Les différentes explications développées ici, permettent d’apprendre énormément sur le fonctionnement de nos apprentissages, nos erreurs, nos façon de réfléchir, nos biais. En les comprenant, nous pouvons, si ce n’est les éviter, au moins tenter de limiter au mieux les dégâts. Un livre de développement (non pas personnel), un livre qui élève son lecteur. Exaltant !

L’aspirateur de la sorcière

CVT_Laspirateur-de-la-sorciere-Et-autres-histoires_8822.jpg : « L’aspirateur de la sorcière » de Terry Pratchett

J'aime Terry Pratchett, j'ai donc voulu initier mes enfants à son univers via ces nouvelles. La mise en page est amusante (des mots plus ou moins gros, qui tombent, qui s’élargissent,...), l'humour caractéristique de l'auteur est là, certaines nouvelles sont bonnes, d'autres laissent un peu le lecteur sur sa faim. C'est agréable mais je dois admettre qu'on ne retrouve pas toute la magie (il est question de magie parfois, comme thème, mais ici j'entends magie au sens "plaisir littéraire") des annales du disque monde. Les enfants ont apprécié, surtout le plus jeune (7 ans).

Quand est-ce qu’on biaise

CVT_Quand-est-ce-quon-biaise-_9241.jpg : « Quand est-ce qu’on biaise » de Thomas C. Durand

Après avoir explicité l’ensemble des sources d’ambiguïtés pour les éviter, ne reste alors plus qu’à décortiquer les idées. C’est ce que propose ici Thomas C. Durand avec brio, profitant de plus, de l’occasion, pour expliquer les mécanismes qui nous induisent parfois en erreur, ce qui nous évitera alors peut-être de tomber à nouveau dans ces pièges que le cerveau semble vouloir nous jouer.

À peine le livre fini, j’ai déjà envie de le reprendre en main. J’aimerais pouvoir en assimiler complètement le contenu. Je sais que je le lirai à nouveau, j’espère pouvoir faire en sorte que ma façon de penser profite pleinement de l’ensemble des connaissances développées au fil des chapitres. J’ai vu les vidéos de La Tronche en biais, le livre ne m’a pas semblé une redite pour autant, étonnant puisqu’il s’agit des mêmes textes, compréhensible puisque j’ai vu les vidéos il y a déjà quelques temps. Les épisodes étant parfois très denses, il est intéressant d’avoir accès à un format papier qui permet, pour moi en tout cas, de mieux assimiler certains contenus.

Pour être complet, je dois tout de même admettre que le livre n’est pas sans défaut, je les estime pour ma part aux nombre de deux (que j’admets très subjectifs):

  1. Puisqu’il s’agit en partie d’une réutilisation des scripts de l’émission « La tronche en biais », j’aurais aimé une illustration présentant les deux personnages, en préface ou en quatrième de couverture.
  2. Certains passages sont assez complexes, il m’a fallut quelques relectures pour saisir certains paragraphes. En particulier, le très intéressant chapitre 16, dont la page 191 (avec la citation de Carl Gustav Jung) m’a semblé incroyablement obscure. Lue encore, relue et lue, rien à faire, son sens m’est resté inaccessible.

Le chapitre 7, démontant en quelques pages le célèbre paradoxe de l’œuf et de la poule, donnant une réponse qui devient alors une évidence est délicieux. La plupart des chapitres, sont l’occasion de décortiquer des questions de façon non manichéenne, apportant un recul bienvenu, des explications parfaitement explicites, documentées et référencées. Certes, cela n’est pas toujours facile à digérer mais c’est incroyablement enrichissant. Le chapitre 23 « Le sexe, le genre et les biais cognitifs » est un parfait exemple de cette qualité. Incroyablement riche, il permet non seulement de comprendre à la fois ceux qui défendent et ceux qui abhorrent la "théorie du genre" mais surtout permet de prendre énormément de recul sur un sujet complexe et clivant, comme sur des sujets annexes (l’essentialisme en particulier).

Le dernier chapitre est un appel à la bienveillance et à l’humilité, car nous ne devons jamais oublier que nous sommes tous victimes de biais, sur un sujet ou un autre. Un chapitre intelligent que j’ai écorné (j’ai écorné plusieurs pages mais sur la fin, j’ai écorné les chapitres, c’était plus pertinent). Dommage que mon marque-page précédait cet ultime chapitre de quelques pages lorsque ma belle-sœur m’a défié de démontrer que les citrons momifiés par un magnétiseur, qu’elle me montrait en photo, ne sont pas une preuve indiscutable que les magnétiseurs ont un pouvoir que la Science est incapable d’expliquer. J’ai beau savoir depuis quelque temps déjà qu’il est inutile et contre productif de s’emporter, je n’ai pourtant pas réussi à faire preuve d’humilité (du tout). Ma lecture est alors devenue un chouette boomerang, le retour de bâton bien mérité. C’est une façon d’apprendre et de progresser.

Un livre passionnant. À lire, relire et offrir.

Si l’on prend le titre au premier degré, je connais parfaitement la réponse : dès la lecture de la couverture. Du moins, c’est la réponse que m’inspire la tête de ma voisine dans le car, il semble qu’elle ait été biaisée dès la lecture du titre.

Pourquoi je ne suis pas chrétien

893162627.jpg : « Pourquoi je ne suis pas chrétien » de Bertrand RUSSELL

Une pensée logique et clairement développée, très intéressante. Particulièrement passionnant.

Trois textes à la fois relativement simples d'accès, de part la grande qualité de leurs constructions narratives, mais tout de même un petit peu exigeants.

Envie décorner quasiment chaque page, surligner un grand nombre de chapitres...

L'ouvrage est clos par une très complète description des problèmes rencontrés par Bertrand Russell à l'Université de New-York, très simple à lire, très intéressant également.

La vie, l'univers et le reste

51KQEAA6N0L._SX210_.jpg : « La vie, l'univers et le reste  » de Douglas Adams : Le guide galactique tome 3

Pendant une bonne partie du roman, Douglas Adams place ces pièces de puzzle absurdes, c’est drôle mais vous vous demandez s’il y a vraiment un sens à tout cela. Puis, les pièces commencent à s’emboîter et le puzzle devient parfaitement clair : Have fun!

Le dernier restaurant avant la fin du monde

41YAM0DMY7L._SX210_.jpg : « Le dernier restaurant avant la fin du monde » de Douglas Adams : Le guide galactique tome 2

Au début du chapitre, « pourquoi il commence à parler de ça ? ».
Au milieu, « C'est n'importe quoi ! Non ? ».
À la fin, « Il faut que j'ajoute tout ce chapitre à mes citations favorites ! »
Répétez l'opération pour chaque chapitre. C'est absurde mais c'est tellement drôle, c'est tellement intelligent…

De la fumisterie intellectuelle

De_la_fumisterie_intellectuelle.jpeg : "De la fumisterie intellectuelle " de Bertrand Russell

J’abhorre les superstitions : passeur de feu, homéopathie, religion, théories complot,… si je ne déteste pas les gens qui continuent à croire, par manque d’information ou incapacité à une trop importante remise en cause, je n’arrive pas à supporter l’idée que l’humanité se complaise dans ses absurdités. J’estime pire encore, qu’on laisse parfois se propager ses idées, pour des raisons pratiques court-termistes, ne voyant pas (ou feignant de ne pas le comprendre), qu’à long terme, ces pratiques placent au même niveau dans l’esprit des moins initiés à l’épistémologie, des pratiques coûteuses et intellectuellement complexes mais enrichissantes avec des techniques de zozos. Quid des financements des recherches scientifiques ou médicales lorsque les décideurs croiront avoir été soignés par le don d’un magnétiseur ? Quid de l’enseignement de la théorie de l’évolution lorsque les politiciens ne comprendront plus la différence entre une théorie scientifique et un conte théologique ? Quid de la confiance envers les acteurs de la santé, lorsque des pharmaciens sans hygiène mentale (ou mercantiles) dévalueront les produits "chimiques" face à des alternatives homéopathiques soi-disant "naturelles" ? Il me semblerait tellement plus judicieux d’étudier l’effet placebo pour le maîtriser sans créer des schémas-réflexes de médication (alternative, systématique et hors prescription avisée, qui plus est). Il me semblerait tellement plus intéressant de comprendre les mécanismes de la douleur pour que nos enfants contrôlent ceux-ci plutôt que de ne laisser le choix qu’entre la subir, la médicaliser ou faire appel à une magie inexplicable… Bref, j’abhorre les superstitions…

Alors lorsque j’apprends qu’il existe un texte de Bertrand Russell, philosophe rationaliste fondateur de la logique contemporaine, qui s’attaque à la fumisterie intellectuelle de son époque, je ne peux que plonger avec délice. Si le texte n’a rien à voir avec la logorrhée qui sert d’introduction à cette critique, ne vous attendez pas non plus à une argumentation particulièrement bien structurée, développant consciencieusement des concepts philosophiques qui vous permettront de déconstruire les discours obscurantistes, il s’agit là plutôt d’une courte raillerie ! Comme si, admettant qu’il sera impossible de faire disparaître la superstition, Bertrand Russell, victime de censure religieuse comme le rappelle très bien Jean Bricmont dans sa préface, choisissait a minima, de profiter d’un texte pour se défouler. Un pamphlet amusant qui permet à un lecteur rationaliste de se sentir moins seul, de savourer quelques moqueries, de constater que de grands penseurs sont passés par les mêmes questionnements… En quelques pages, ça réconforte et donne le sourire.

Le Joueur d'échecs

CVT_Le-Joueur-dechecs_2085.jpeg : "Le Joueur d'échecs " de Stefan Zweig

Découvert via Pitche moi un classique :

C'est l'histoire d'un mec complètement accro à Candy Crush mais qui a réussi à se désintoxiquer. Il y a tellement joué qu'il n'arrive pas à se sortir les mouvements de la tête. Quand on lui propose de se refaire une petite partie, tout son monde va basculer.

Une description intrigante qui m’a directement tenté. Je ne regrette aucunement cette lecture.

J’ai aimé la tension lorsque monsieur B. décrit la torture psychologique que la Gestapo lui a infligé, le suspense fonctionne parfaitement, impossible de décrocher. J’aurai d’ailleurs apprécié que le récit soit aussi haletant pour décrire la fin de sa captivité, hélas, cette partie m’a semblé étrangement trop vite expédiée.

Un petit peu trop premier degré pour moi dans son éloge du livre comme source de liberté et de résistance à la torture psychologique, je préfère sur ce point la dérision sarcastique de Terry Pratchett.

Une nouvelle que j’aurais aimé lire plus longtemps.

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