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Le Joueur d'échecs

CVT_Le-Joueur-dechecs_2085.jpeg : "Le Joueur d'échecs " de Stefan Zweig

Découvert via Pitche moi un classique :

C'est l'histoire d'un mec complètement accro à Candy Crush mais qui a réussi à se désintoxiquer. Il y a tellement joué qu'il n'arrive pas à se sortir les mouvements de la tête. Quand on lui propose de se refaire une petite partie, tout son monde va basculer.

Une description intrigante qui m’a directement tenté. Je ne regrette aucunement cette lecture.

J’ai aimé la tension lorsque monsieur B. décrit la torture psychologique que la Gestapo lui a infligé, le suspense fonctionne parfaitement, impossible de décrocher. J’aurai d’ailleurs apprécié que le récit soit aussi haletant pour décrire la fin de sa captivité, hélas, cette partie m’a semblé étrangement trop vite expédiée.

Un petit peu trop premier degré pour moi dans son éloge du livre comme source de liberté et de résistance à la torture psychologique, je préfère sur ce point la dérision sarcastique de Terry Pratchett.

Une nouvelle que j’aurais aimé lire plus longtemps.

Bilbo le hobbit

Bilbo.jpg : "Bilbo le hobbit" de J. R. R. Tolkien

Installés confortablement dans le salon, je lis la moitié du premier chapitre de "Bilbo le Hobbit" à mes deux fils (7 et 11 ans), la lecture complète du livre prendra trois bonnes semaines. Cette première journée est un combat, jamais je n'ai aussi bien compris cette terrible pensée de Benjamin Malaussène ("Au bonheur des ogres" de Daniel Pennac) : « Les enfants me menacent de me remplacer par la télé si je flanche ». Je donne donc mon maximum pour rendre le texte vivant.

Deuxième jour, il faut finir le chapitre, je me résigne donc à utiliser mon adversaire LCD pour arriver à mes fins « Ok, vous aurez le droit à la télé mais après la lecture, si je vous estime suffisamment attentifs pendant le demi chapitre ». On est loin de l’enthousiasme que j’espérais susciter et que j’avais obtenu lors de la lecture de Charlie et la chocolaterie. Il faut dire que Tolkien détaille énormément les scènes, le vocabulaire est parfois un peu riche pour un enfant de 7 ans,… Je garde toutefois courage, il y a quelques années j’avais abandonné le Seigneur des anneaux (lecture solitaire) après le premier tome, il serait dommage de se laisser impressionner encore une fois par un tout petit bonhomme aux pieds poilus.

Troisième jour, je m’arrête en milieu de chapitre comme la veille : « "Et voici ce qu'il vit." La suite demain, on a lu un demi chapitre ». La réaction ne se fait pas attendre et me rassure quelque peu « La suite ! Il y a trop de suspens ! On finit le chapitre ! », cela fait plaisir et la suite s’y prête bien puisqu’on y rencontre des trolls dans une scène drôle et vivante. Je ne lâcherai rien, ma quête de lecture semble moins insurmontable que prévue initialement. Pendant plusieurs jours nous lirons d’ailleurs des chapitres complets plutôt que des moitiés.

Au cinquième jour, on serre les fesses devant les gobelins, au sixième la tension est insoutenable lorsque nous rencontrons Gollum : je lui donne une voix personnalisée mais forcément un peu influencée par la première trilogie (je n’ai pas vu la trilogie Bilbo). J'ai dû limiter les intonations, les enfants étaient terrorisés. Nous faisons une pause, la jambe du grand tremble, le petit commence à se lever pour partir ! J'étais concentré pour garder leur attention, certes, mais je ne m'attendais pas à ce qu'ils vivent autant la scène. Cette nuit là, le grand dormira avec la lumière, le petit la porte ouverte. On peut dire qu’il ne fait maintenant aucun doute qu’ils vivent le récit.

Gandalf, les nains, Beorn, les Wargs, araignées, aigles, elfes, Smaug, Barde,… aucun personnage n’aura laissé indifférent mes enfants et durant plusieurs jours leurs dessins seront en rapport avec la quête de Bilbo. Notre seul regret aura été la couverture particulièrement peu attrayante (par rapport à celles de bien d’autres éditions), le dessin d’Henri Galeron est décevant, ferait éventuellement l’affaire pour illustrer un chapitre mais n’a rien à faire en couverture !

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La République des censeurs

CVT_La-Republique-des-censeurs_3396.jpeg : "La République des censeurs" de Jean Bricmont

J’ai découvert Jean Bricmont dans la très longue interview « Impostures intellectuelles, 20 ans après – Entretien avec Alan Sokal et Jean Bricmont » de la chaîne YouTube Lumières :

Ce visionnage n’a pas instantanément développé en moi une envie irrépressible de lecture mais l’idée a tranquillement germé et lorsque j’ai dû cherché un livre à lire pour les vacances, « La république des censeurs  » c’est imposé à moi comme une évidence.

Dévoré en très peu de temps, l’ouvrage c’est avéré particulièrement intéressant. Il est aisé de défendre la liberté d’expression pour ceux qui partagent nos idées, cet essai explique pourquoi il est tout aussi important de défendre la liberté d’expression de ceux qui ont des propos qui nous dérangent, avec lesquels nous sommes en total désaccord. C’est beaucoup plus difficile et c’est ce que Jean Bricmont réussi ici particulièrement bien. Il m’a apporté des clarifications et réordonné dans mon esprit, certaines notions et constats (politique, sociétal,…) mais surtout, il contribue largement à une remise à plat importante de ma conception de la censure. Un essai très appréciable, que j’estime beaucoup !

Deux extraits :

quelques exemples de ce qu’on peut dire, sans être inquiété ni « dénoncé ». Tout d’abord, il y a tous les appels à la guerre et tous les propos sexistes ou homophobes (à nos yeux) que l’on trouve dans la Bible et le Coran, qui sont sans doute les deux livres les plus influents de l’histoire. Pourtant, presque personne n’est assez fou pour vouloir les censurer ; mais alors pourquoi censurer des propos bien plus anodins et ayant un impact bien moindre, simplement parce qu’ils sont contemporains ?

Est-il impossible de comprendre qu’à partir du moment où l’on s’empare de l’arme de la censure, on donne ipso facto l’arme de la subversion, de la transgression, de la dérision à ses adversaires ?

Pour une éducation humaniste

pouruneeducationhumaniste.jpg : "Pour une éducation humaniste" de Noam Chomsky

Un ensemble de réflexions intéressantes sur l'éducation (mais pas seulement). Chaque chapitre est différent : essai, retranscription de conférence, entretien et est le témoin d'une époque (1975-2010). Plus simple à aborder que je ne le redoutais a priori cet essai est une source de réflexions captivante.

La démocratie des crédules

yeK-LaDemocratieDesCredules.png : "La démocratie des crédules" de Gérald Bronner

Comprendre les biais cognitifs, décortiquer les croyances irrationnelles,… voilà qui me semble passionnant. Pour en apprendre toujours plus sur le sujet, je ne manque pas de sources : Spline LND, Hygiène mentale, Pharmachien, Tronche en biais, James Randi, Aude WTFake, Curiologie, Lanterne Cosmique, Observatoire Zététique, Un Monde Riant, toutes les vidéos disponibles sur Skeptikón… et pourtant j’avais très envie d’ajouter à cette longue liste un bon livre sur le sujet.

J’avais été très intéressé par le séminaire de Gérald Bronner « Les théories du complot » il y a quelque temps, mais je l’avais étrangement plus ou moins oublié jusqu’à ce que je le retrouve en regardant « Négociation intellectuelle avec le monde », extrait du documentaire « Les lois de l’attraction mentale »). En l’écoutant, j’ai pensé qu’il serait intéressant de lire un de ses livres, je n’ai pas été déçu ! « La démocratie des crédules » est un essai de sociologie passionnant. Je ne sais pas à partir de quel âge il peut être lu, mais il devrait, à mon avis, servir de support pour éduquer les gens à l’hygiène mentale, surtout à une époque où les partages sur les réseaux sociaux nous apportent si rapidement une quantité d’informations très importante que nous avons du mal parfois à analyser. J’ai plongé avec grand plaisir dans ce livre relativement copieux, j’ai apprécié la lecture et trouvé le propos très clair, même s’il a été nécessaire de bien m’accrocher parfois, en particulier pour ce passage que je trouve très alambiqué (et qui ne reflète pas le style du reste de l’ouvrage) :

Si par irrationalisme on entend la contestation organisée en discours de la capacité de la démonstration rationnelle, telle qu’elle s’est exprimée en théorie et en actes dans l’histoire des sciences, à générer et promouvoir des énoncés ayant une capacité descriptive et explicative supérieure à n’importe quel autre énoncé ayant les mêmes ambitions et constitué par n’importe quelle voie de l’esprit, alors le paysage de cet irrationalisme est effectivement très vaste

Pour que cette citation ne vous effraie pas trop, j’ajoute celle-ci, plus caractéristique :

Ce que paraissent ne pas voir les relativistes, c’est que les méthodes qui prévalent dans la science et qui ont mis des milliers d’années à se formaliser, à la suite de tâtonnements, d’erreurs, de sélection drastique, sont un héritage universel de la pensée humaine.

Les sujets abordés sont vastes : aspartam, voyance, OGM, ondes, vaccins, OVNI, les suicides chez France Télécom,… ils sont traités non pas de sortes à désigner ceux qui ont tort ou raison, chaque sujet sera traité de façon à détailler un biais cognitif, une notion statistique, sociologique ou autre piège mental.

Très enrichissant cet essai donne plusieurs clés de compréhension que j’aurais aimé avoir adolescent. Très intéressant !

(Je trouve la couverture du livre trop moche, j’illustre donc cet article avec un fanart perso, cette couverture n’est pas validée par l’auteur)

Tout le monde ment…

51kXb0YJh7L._SX195_.jpg : "Tout le monde ment…" de Seth Stephens-Davidowitz

En lisant « Tout le monde ment… », vous n’avez pas l’impression de suivre un enseignement, vous écoutez un ami sociologue spécialiste reconnu de l’analyse de données, qui papote tranquillement et prend le temps de vous expliquer en quoi consiste son travail.

Le big data permet de tester des théories jusqu’alors non réfutables, le big data permet d’accéder à nos pensées et désirs les plus intimes, le big data semble être à la sociologie ce que les interféromètres de dernière génération sont aux ondes gravitationnelles, un nouvel outil permettant de regarder le monde d’une nouvelle façon. En lisant Seth Stephens-Davidowitz, on a presque l’impression de voir émerger une nouvelle sociologie, un peu comme si le big data permettait à celle-ci de se renouveler. L’alchimie est devenue chimie, la sociologie en est-elle aux balbutiements de sa métamorphose vers la psychohistoire ? J’exagère, mais au fil de la lecture, la comparaison amusante avec ce que Hari Seldon aurait pu écrire à ses débuts revenait en effet assez régulièrement à mon esprit… Autre parallèle amusant, le chapitre « Le fléau de la dimension » m’a rappelé Terry Pratchett : « Ce qui a une chance sur un million d'arriver se produit 9 fois sur 10 ».

Le livre est bourré d’anecdotes, le ton relax, le style simple, le contenu riche d’enseignements,… pas de prise de tête, juste une introduction très intéressante sur ce que le big data semble modifier (et ce qu’il ne permet pas) dans notre compréhension du comportement humain.

Éloge de l'oisiveté

C_Eloge-de-loisivete_2240.jpeg : "Éloge de l'oisiveté", essai de Bertrand Russell

Essai très court, particulièrement clair, bien structuré, bien pensé. Vous trouvez que 35h de travail par semaine, ce n’est pas suffisant ? Russell propose 4h par jour pour tous et sa proposition est argumentée !

Si vous ne connaissez pas Bertrand Russell je vous conseille de commencer par Logicomix et cette vidéo :

Les quatre accords Toltèques

410wQ3hdkrL._SX210_.jpg : "Les quatre accords Toltèques" de Don Miguel Ruiz : Jésus chez les Toltèques

Quatre conseils simples détaillés à outrance avec une pensée simpliste. Ne lisez pas ce livre, vous valez mieux que cela !

Vous souhaitez une recette pour écrire vous-même un livre de développement personnel comme Don Miguel Ruiz, c’est facile : trouvez quelques conseils relevant du bon sens, saupoudrez de catéchisme, inventez quelques situations à titre d’exemple et enfin ingrédient le plus important : agrémentez d’un maximum de moisissures argumentatives. En particulier, pour le titre : Allez-y à fond, argumentum ad exoticum (appel à l’exotisme) et argumentum ad antiquitatem (appel à la tradition). Vous pouvez par exemple intituler votre livre : « Accédez au bonheur grâce aux 8 conseils simples de ma grand-mère celte », « Les 10 potions druidiques », « 3 traditions que nous enseigne Zanahary, la sagesse des Malgaches », etc. Quels conseils ? Mangez équilibré, respectez les gens même ceux dont vous ne respectez pas les idées, ne soyez jamais violent physiquement, verbalement ou insidieusement, n’abusez pas des bonnes choses surtout si elles peuvent être néfastes pour votre santé ou celle de vos proches,… peu importe ! Attention, n’oubliez pas que votre lectorat doit être le plus large possible donc rédigez votre texte avec des mots simples et surtout bourrez votre argumentation d’exemples (même stupides), n’hésitez pas à vous répéter (pour donner un peu de consistance et marteler vos idées), ne soyez surtout pas regardant sur le style littéraire !

« Les quatre accords toltèques » n’est pas un livre, c’est un agrégat de psychologie de comptoir. Ce texte ressemble plus à l’idée que je me fais d’un article parapsychologie d’un Closer ou d’un Femme Actuelle qui aurait été trop long et trop mal rédigé pour pouvoir se glisser entre l’article sur la détox du foie et la publicité Boiron.

Si vous avez aimé cet ouvrage, vous estimez très certainement que mon propos est infondé, qu’autant de lecteurs ne peuvent pas se tromper (argumentum ad populum), que je n’ai rien compris de son propos, je vous propose donc de poser une loupe sur quelques passages :

Dans le chapitre « Le processus de domestication et le rêve de la planète », après plusieurs paragraphes qui ne font que répéter encore et encore que notre système éducatif actuel est cruel et fondé sur des punitions et des mensonges, vous pouvez lire : Si l’on regarde la société humaine, on constate que la raison pour laquelle il est si difficile d’y vivre est qu’elle est régie par la peur. Aux quatre coins de la planète on voit de la souffrance humaine, de la colère, un esprit de revanche, des toxicomanies, de la violence dans la rue et une incroyable injustice […] Si l’on compare le rêve de la société humaine avec la description de l’enfer que les religions du monde entier ont promulguée, on constate que les deux sont identiques. Les religions disent que l’enfer est un lieu de punition, de peur, de douleur et de souffrance, un lieu où le feu vous brûle. Le feu résulte des émotions nées de la peur… et ça continue ainsi plusieurs pages. L’auteur matraque son idée de monde oppressant pour la mettre en opposition avec la société idéale qui serait celle qu’il propose. À aucun moment, on ne met de nuance, il n’y a que douleurs et peine dans le monde manichéen de l’auteur. Pas de rires d’enfants, pas de repas entre amis, pas de plaisir, pas de bonté, de gentillesse, de solidarité, pas de coucher de soleil, pas de littérature enrichissante, pas de professeur encourageant, pas de fraternité, pas de bain de soleil, pas de câlins sous la couette,… Tout est noir et morbide car les humains résistent à la vie. Être vivant est leur plus grande peur… (et encore et encore sur des pages et des pages…). Mais heureusement voici les 4 accords toltèques ! Une introduction aussi oppressante serait digne d’un journal du 20h !

Le premier accord toltèque […] Votre parole est votre pouvoir créateur. C’est un cadeau qui vous vient directement de Dieu. L’évangile selon saint Jean, dans la Bible, parlant de …  Ah, bien ! Maintenant vous êtes clairement au courant, s’il avait été honnête, Don Miguel Ruiz aurait intitulé son livre « Jésus chez les Toltèques ». Je ne suis pas croyant, j’ai donc décidé de faire abstraction des nombreuses références catholiques de l’ouvrage. Si vous êtes athée, notez donc qu’il s’agit bien plus d’un livre catholique que d’un livre de découverte de la culture toltèque (les Toltèques ne sont qu’un prétexte car si c’est vieux et exotique, c’est forcément mieux). Le dernier mot du livre est d’ailleurs Amen.

Toujours dans ce chapitre : La parole est si puissante qu’un seul mot peut changer une vie ou détruire l’existence de millions de personnes. Il y a quelques décennies, la parole d’un seul homme en Allemagne a manipulé toute une nation peuplée de gens intelligents. Il les a conduits à la guerre, par la seule puissance de sa parole. Il a réussi à convaincre certains de commettre les actes de violence les plus atroces qui soient. Sa parole a réveillé les peurs des gens et, comme une immense explosion, les tueries et la guerre ont ravagé le monde entier. Comment est-il possible de faire une si simpliste description de la seconde guerre mondiale ? Comment peut-on avoir une vision aussi manichéenne d’un événement aussi complexe ? Il s’agit là du pire exemple de pensée simpliste développée dans l’ouvrage mais si c’est le pire c’est surtout très loin d’être le seul. Vous êtes prévenus.

Page suivante, vous pourrez lire Je vois un ami et lui fais part d’une opinion : Tiens ! La couleur de ton visage est celle des gens qui vont avoir le cancer. S’il écoute cette parole et s’il est d’accord avec, il aura un cancer dans moins d’un an. Cet exemple est tellement génial ! D’abord, par la crédibilité du dialogue mais aussi pour le propos d’une précision incroyable : le fait qu’un cancer puisse se développé uniquement par effet nocebo semble peu probable, mais là on vous précise même le temps nécessaire ! C’est d’ailleurs bien connu, les hypocondriaques meurent tous d’un cancer moins d’un an après l’apparition de leur hypocondrie, non ?

N’ayant pas peur d’être insistant, suivent ensuite un long exemple avec une fille à qui on dit qu’elle est laide, puis une page complète pour quelqu’un à qui on dit qu’il est stupide. Quelques paragraphes répétitifs plus loin, on retrouve encore un autre exemple avec votre meilleure amie qui vous dit : « Qu’est-ce qui t’arrive ? Tu as une de ces têtes ! Et regarde comment tu es habillée : tu as l’air ridicule. » Peut-être que cette amie vous a-t-elle dit cela juste pour vous blesser. Vraiment ? C’est une description normale d’une discussion avec une meilleure amie ? À chaque exemple d’amitié dans le livre, le propos est ignoble, cela me semble étrange. S’ensuit alors encore plusieurs paragraphes d’une analogie parole/magie qui est répétée un nombre de fois incroyable…

Pour la suite, on décrit simplement les autres principes en long et en large, avec toujours autant d’exemples absurdes. Vous pouvez me dire que ce sont de bons conseils et vous auriez raison mais honnêtement, avez-vous vraiment besoin d’un chaman pour vous dire qu’il faut faire de son mieux (4e accord), qu’il ne faut pas se croire le centre du monde (2e accord), qu’il faut profiter de la vie, avoir des pensées positives, ne pas insulter vos enfants lorsque vous êtes fatigués, ne pas passer sa vie à attendre dans le canapé,… Les conseils prodigués sont juste du bon sens accompagnés d’arguments fallacieux et d’exemples caricaturaux. En lisant ce livre, je repense aux personnes qui me disait de voir les côtés positifs de la vie, d’avoir des pensées positives lorsque j’ai fait une dépression. Comme si cela n’allait pas de soi − Oh merci pour ce conseil d’une grande sagesse je n’y avais pas pensé !

Un dernier exemple, où on constate que l’auteur ne met aucune nuance dans son propos : si on regarde des enfants de deux ou trois ans, on constate qu’ils arborent la plupart du temps un grand sourire et qu’ils s’amusent […] Les très jeunes enfants n’ont pas peur d’exprimer ce qu’ils ressentent […] Ils n’ont aucune peur d’aimer. Voilà la description d’un être humain normal. Enfants, nous n’avons ni peur du futur ni honte du passé. Notre tendance humaine naturelle est de jouir de la vie, de jouer, d’explorer, d’être heureux, d’aimer. […] Regardez des enfants jouant aux adultes, leurs petites mines changent. Je vais faire semblant d’être un avocat dit l’un d’eux. À l’instant, son visage se transforme et l’expression d’un adulte prend le dessus Cette description idéalisée de l’enfance en opposition avec l’adulte triste qui est responsable, a des choses à faire, doit travailler, gagner sa vie ne vous semble-t-elle pas incroyablement simpliste ?

Et c’est ainsi encore et encore et encore… L’auteur use et abuse de la répétition à la limite du lavage de cerveau, comme le ferait un gourou. Il présente des généralités, très certainement pour que l’effet Barnum vous fasse adhérer au propos (vous savez, cet effet qui vous donne l’illusion que votre horoscope correspond vraiment à votre profil).

C’est très certainement le livre qui m’a le plus donné l’impression d’être manipulé par son auteur, avec de grosses ficelles, sans aucun talent littéraire. Je suis triste de constater que ce livre est un succès de librairie. Vous méritez tellement mieux. J’ai l’impression que mon développement personnel est bien mieux traité par « GTO » et « Assassination Classroom » (pour la pédagogie), les textes de Laurent Gaudé (pour la tolérance, la compréhension d’autrui), « 1984 », « Le meilleur des mondes » ou « Fahrenheit 451 » pour développer mon désir de liberté et de culture, les textes d’Hubert Reeves pour voir la poésie de notre monde, les textes de chansons, les séries, les comics, manga, BD, vulgarisations, les grands classiques, France Culture, les discussions entre amis… Préférez un enrichissement par la diversité plutôt que quatre dictons de grand-mère certes bien sympathiques mais évidents, perdus dans la litanie d’un gourou. Un long sermon qui place le lecteur dans la passivité intellectuelle, gavé par un cours magistral non documenté, je préfère lorsqu'un livre m'invite à réfléchir et analyser par moi-même.

Un peu de science ça ne peut pas faire de mal

un-peu-de-science-ca-ne-peut-pas-faire-de-mal.jpg : "Un peu de science ça ne peut pas faire de mal" de Jacques Treiner

Un recueil de chroniques scientifiques courtes et simples d’accès qui sont très éclairantes. Dès sa première chronique, Jacques Treiner nous explique qu’il faut se méfier des chiffres donnés par les gens qui veulent faire passer leurs idées, qu’il faut toujours être vigilant. C’est donc en écoutant ce conseil qu’on lit le reste des chroniques.

L’âge de la Terre, les ondes électromagnétiques, l’astronomie,… les sujets détaillés sont variés, mais c’est le réchauffement climatique et surtout la production d’énergie qui semblent intéresser l’auteur. En aidant à mieux appréhender les ordres de grandeurs de la consommation énergétique et de la "production", on comprend mieux les enjeux, les intérêts, on décortique les discours partisans. Mais là où il y a une erreur à mon avis de la part de Jacques Treiner, c’est qu’à force d’expliquer les défauts des discours pour les énergies renouvelables et prendre la défense du nucléaire, on finit par penser que son propre discours est juste pro-nucléaire. Je pense qu’il s’agit en réalité d’un certain pragmatisme, d’un constat froid d’une réalité peu agréable mais que l’on ne peut pas changer rapidement et simplement. Mais l’envie de défendre l’intérêt du nucléaire pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre, ne devrait pas éluder les arguments en sa défaveur (dangerosité potentielle, déchets nucléaires,…), une simple chronique sur le sujet manque pour nous rassurer sur l’impartialité de l’auteur, juste pour équilibré le discours.

C’est particulièrement flagrant dans le chapitre 13, que je n’ai pas du tout aimé (c’est le seul, sur 31 chroniques). Déjà, il commence très mal puisqu’il incite à se rendre sur google pour aller sur le site www.ined.fr. Ça me fait saigner les yeux puisqu’il est évidemment inutile de passer par un moteur de recherche si on connaît l’adresse du site (le moteur de recherche sert justement à trouver un site dont on ne connaît pas l’adresse à partir de mots clés) mais l’auteur n’est pas forcément un geek, on l’excusera pour cette fois. Ensuite pour des raisons de simplifications de calcul on fait une règle de 3 simpliste qui va permettre de calculer un ordre de grandeur de la future consommation énergétique, en mettant sous le tapis par exemple les arguments qui pourraient faire baisser les estimations (amélioration de l’efficacité énergétique des appareils par exemple). Il aurait suffit d’expliquer que ces baisses ne compenseront pas l’augmentation du volume ou n’importe quoi… mais le fait de l’éluder tout simplement laisse un sentiment étrange, surtout après avoir reproché à WWF et Greenpeace de ne prendre en compte que les paramètres qui vont dans le sens de leurs discours… C’est dommage, car il aurait suffit de pas grand chose pour moins donner le sentiment d’un discours partisan sur ce point.

En bref, un tout petit livre très intéressant qui nous invite à ne pas poser notre cerveau, qui donne du grain à moudre sans pourtant prendre la tête. Je le critique un peu mais c’est justement parce qu’il invite intelligemment à ne pas me laisser avoir par les discours simplistes, cela montre peut-être que le livre réussit fort bien à éveiller son lecteur.

Merci Hubert Krivine (de m’avoir donné envie de le lire), merci Aurélie et Samuel de me l’avoir offert.

Candide

candide.jpg : "Candide" de Voltaire

Si seulement j'avais pu comprendre ce texte lorsque j’étais censé le lire en 3e, si j'avais eu plus tôt la maturité nécessaire pour interpréter le propos de Candide... Mais je n'aimais pas lire. Pourtant, Candide — et en particulier cette édition (Hachette éducation) truffée d'analyses, renvois et commentaires — m'aurait aidé à structurer ma pensée, ma philosophie. C'est donc avec plus de 20 ans de retard que je me délecte des pensées et critiques de Voltaire. Un conte auquel je n'aurais rien entendu sans les explications de l'éditeur et que je n'aurais pas même lu sans la lecture préalable d'"Illusions dangereuses" dans laquelle j'ai été mis au fait de la théodicée de Leibniz. Un conte qui m'a fait rire, m'a fait réfléchir, m'a diverti.

Après avoir lu le terriblement stupide « Signes de vie », j’ai apprécié de ne point être pris pour un idiot à qui tout doit nécessairement expliqué. Dès la deuxième page, j’ai rit en lisant :

Un jour, Cunégonde, en se promenant auprès du château, dans le petit bois qu’on appelait parc, vit entre des broussailles le docteur Pangloss qui donnait une leçon de physique expérimentale à la femme de chambre de sa mère, petite brune très-jolie et très-docile. Comme Mlle Cunégonde avait beaucoup de disposition pour les sciences, elle observa, sans souffler, les expériences réitérées dont elle fut témoin ; elle vit clairement la raison suffisante du docteur, les effets et les causes, et s’en retourna tout agitée, toute pensive, toute remplie du désir d’être savante, songeant qu’elle pourrait bien être la raison suffisante du jeune Candide, qui pouvait aussi être la sienne.

Signe de vie

51oet-tS9QL._SX210_.jpg : « Signe de vie » de J.R. Dos Santos

Le livre le plus médiocre qu’il m’ait été donné de lire ! J’ai failli arrêter ma lecture de nombreuses fois car j’avais l’impression d’être pris pour un imbécile. Mais je me suis engagé à en faire une critique constructive :

Prendre pour prétexte une histoire fictive afin d’apprendre au lecteur un maximum de faits scientifiques, au début, cela me semblait intéressant (découverte des pulsars, Ockham, seti, âge de l’univers observable, etc) et puis… On se rend compte que cela pose plusieurs énormes problèmes au récit : Le premier, évident, il ne se passe rien ! Vraiment en 700 pages il ne se passe vraiment presque RIEN. Il s’agit seulement de dialogues entre scientifiques (et un historien) qui passent leurs temps à expliquer des concepts de physiques, biologie, mathématiques, théologie,… Mais ce n’est pas très grave comparé aux autres problèmes…

Comme les dialogues sont un prétexte pour expliquer des concepts au lecteur, les situations en deviennent complètement absurdes ! Par exemple : Une astrobiologiste qui demande à un mathématicien

« Les mathématiques peuvent fonctionner avec un système en base soixante ? »

c’est tellement con que ça ne peut pas être crédible une seule seconde, c’est d’un niveau CE1, bon sang ! On apprend en CE1 à lire l’heure, comment une astrobiologiste pourrait se poser une telle question ? Et ce n’est qu’un exemple, on pourrait en citer de nombreux autres du même genre. On sent tellement que le récit n’a aucune importance, toutes les situations ne sont que des prétextes, c’est tellement téléphoné ! Ça ne donne pas l’impression qu’il s’agit de discussions entre scientifiques, cela ressemble plus à des discussions scientifiques de comptoir.

L’humour de l’auteur ? Comment peut-on faire de l’humour aussi stupide en dehors d’une cours d’école primaire, franchement ? Le héros qui se demande comment seront les extraterrestres tente d’alléger la conversation (pour une raison X) :

« … Si ça se trouve, ils seront verts et auront des yeux au bout du zizi et des dents sur la queue. Comment savoir ?
Elle rit doucement.
— Il n’y a que vous pour me faire rire, observa-t-elle,… »

Vraiment ? Cela semble crédible une telle discussion hors d’une cours de récré ? Pire encore un peu plus tard quand un astronaute fait croire à ses collègues qu’il est en train de manger son caca, mais non… c’était une saucisse ! C’est une blague de Toto ? J’ai passé l’âge, merci ! L’humour est rare dans le roman mais chaque essai est complètement à côté de la plaque ! L’astronaute qui explique que son chien va chercher le magazine auquel il est abonné :

« — C’est Scientific American ?
— Non, Playboy.
Ils éclatèrent de rire. »

C’est pas possible d’être aussi nul ! C’est téléphoné, c’est facile, c’est mauvais ! Comment peut-on laissé passer une telle médiocrité dans un roman !

Les cliffhangers à la fin de chaque chapitre. C’est quelque chose que j’appréciais, je crois que je suis maintenant vacciné. Les chapitres sont très courts (il y a 108 chapitres). Chaque chapitre se termine par un cliffhanger ridicule : puisque le chapitre est trop court pour installer une vraie intrigue, il s’agit donc d’un mini moment de suspens téléphoné. On le voit venir, on se doute du retournement, c’est NUL ! Quand j’ai lu "Seul sur Mars", je me rappelle avoir été incapable d’arrêter sur certains cliffhangers de fin de chapitre vraiment bien pensés, dans "Signe de vie" à chaque fois j’ai eu l’impression que l’auteur me prenait pour un attardé.

D’un point de vue littéraire, rien à espérer, du coup ça se lit très facilement (si ce n’est qu’il faut rester motivé car il faut supporter de se sentir insulté). Si ce n’est les détails scientifiques ou certaines situations bien décrites (ce que peuvent ressentir les astronautes par exemple), le peu qu’il reste est compréhensible par un enfant, tout est détaillé à la manière d’un épisode des Télétubbies : tout est explicité en permanence. Si vous comprenez un sous-entendu évident dans un dialogue, vous constaterez quelques lignes plus tard, qu’il sera expliqué de toute façon, rien ne reste non explicite, posez votre cerveau, on s’occupe de tout…

Les personnages sont caricaturaux au possible : L’Américain est lourdaud avec la femme astronaute qui est incroyablement belle (le chapitre où celle-ci tente de séduire le héros à la limite du viol est d’un ridicule invraisemblable particulièrement pitoyable ! D’une médiocrité déconcertante, j’avais honte pour l’auteur en lisant une telle scène à peine digne d’apparaître dans la rédaction d’un collégien libidineux), les russes ne veulent pas s’associer à l’entreprise internationale car ils ont un plan de méchants (évidemment), la NASA ne donne que des hamburgers à manger aux astronautes,… PITIÉ arrêtez le massacre !!!

Je passerai sur les passages où le héros, décrit comme non-croyant, démontre à la Bogdanov, que le réglage des constantes cosmologiques prouve l’existence d’un dessein intelligent, donc d’un créateur. Démonstration qui ne trouve aucune opposition des scientifiques puisque c’est bien connu, les scientifiques ne savent pas démonter les tautologies et autres arguments fallacieux… On peut être gêné par le fait que cette démonstration soit présentée comme si elle était scientifique alors que le principe anthropique fort est clairement en dehors de cette discipline… honnêtement on n’est même plus à cela prêt, si seulement il n’y avait que cela à critiquer…

À lire si vous aimez être pris pour un imbécile et que vous ne voulez qu’effleurer un maximum de concepts scientifiques et religieux (présentés comme scientifiques). D’une médiocrité crasse ! Une bouse immonde !

Les Annales du Disque-Monde : Éric

eric.jpeg : "Faust Éric" de Terry Pratchett : Laissé passer A38

Incapable de lire un bouquin depuis plusieurs semaines… rien ne vaut un Pratchett pour retrouver le plaisir de lire. Ce tome est particulièrement court, il est simple à lire, pas le plus extraordinaire mais tout à fait sympathique tout de même. La description des enfers comme une administration est un régal.

Les fils de l’homme

9782213630564-T.jpg : « Les fils de l’homme » de P.D. James

Certainement le livre qui m’a le plus déçu. Tout commençait très bien. Une idée de départ assez géniale (une humanité qui devient stérile et les conséquence sur la société), une mise en place un peu longue mais qui permet de s’attacher au protagonistes, des réflexions pertinentes sur l’autocensure dans un régime dictatorial.

Et… des personnages stéréotypés à outrance dans des situations grotesques ! Les 2 premiers tiers du livre gâchés par le dernier. Théo le personnage principal fait des choix complètement cons (pourquoi voler une voiture alors qu’il pourrait prendre possession de la maison et ainsi être à l’abri, il suffit de mettre un couple dans la confidence, il préfère la solution qui donne sa position à la police…), et pourquoi avoir développé le personnage du gouverneur ainsi Il semble particulièrement intelligent et instruit au début du livre et fait finalement des conneries dignes d’un vilain de film d’action des années 90 (ou d’Avatar). Oh et la dernière scène, pitié, pourquoi finir ainsi ? C’est tellement nul comme fin… Sans parler de certaines morts de personnages qui ne servent qu’à faire avancer le scénario,…

Non ! Vraiment l’adaptation cinéma est particulièrement savoureuse, le livre est à éviter à tout prix.

Le magicien d’Oz

oz.jpeg : « Le magicien d’Oz » de Frank Lymana Baum

Il y a quelques mois j’ai vu la conférence TED de Colin Stokes : Comment les fims enseignent la virilité :

Ce qu’il raconte est aussi vrai pour Dorothée que pour Alice, la conférence m’a donné envie de lire le Magicien d’Oz, ne serait-ce que pour une simple raison : Je connaissais, comme tout le monde, les personnages principaux mais pas du tout Oz lui-même. Intrigué j’ai donc décidé de combler cette lacune. Le livre est simple à lire, sympathique, parfois amusant.

Fight Club

bm_CVT_Fight-Club_2322.jpg : « Fight Club » de Chuck Palahniuk

Fight Club m’avait scotché au cinéma il y a 18 ans. Depuis quelques jours, j’avais envie de revoir le film de David Fincher, étrangement il se trouve qu’il est ressorti au cinéma cet été, je l’ignorais lorsque j’ai décidé de le lire.

C’est intrigant, l’écriture et la narration sont bougrement efficaces, le propos laisse difficilement indifférent,… Génial !

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La première règle du Fight Club est : il est interdit de parler du Fight Club.

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La deuxième règle du Fight Club est : il est interdit de parler du Fight Club.

Pottsville, 1280 habitants

CVT_Pop-1280_1109.jpg : « Pottsville, 1280 habitants » de Jim Thompson

On croit suivre un imbécile de shérif mais on comprend très vite que l’imbécile ne l’est peut-être pas tant que cela, il dépense beaucoup d’énergie et use de bien complexes stratagèmes pour rester à son poste et ainsi continuer à ne pas faire son métier… C’est drôle, c’est addictif, la psychologie des personnages et leurs complexes interactions et manipulations sont très bien développées. Je ne m’attendais pas à ce que le texte soit vraiment prenant, pourtant une fois commencé, impossible d’arrêter ! Ce page turner est un petit délice…

Petit bémol, le résumé de l’éditeur (Rivages/noir) en quatrième de couverture est une pure connerie puisqu’il contient un spoil qui laisse songeur inutilement pendant toute la lecture, c’est complètement con ! Voici donc le même résumé sans aucun bout de texte absurde : « Shérif de Pottsville, 1280 habitants, au début du vingtième siècle, Nick Corey évite de trop se fatiguer à se mêler des affaires de ses administrés, débonnaire, apparemment pas très malin, il se laisse même contester et humilier en public. Comme si cela ne suffisait pas, il pourrait bien perdre son poste aux prochaines élections. Il décide donc de commencer à faire le ménage… ».

E=mc² : L’équation de tous les possibles

41kIYXMrVqL._SX195_.jpg : « E=mc² : L’équation de tous les possibles » de Christophe Galphard

Comprendre la plus célèbre des formules, son histoire et tout ce qu’elle implique pour la physique n’est pas aisé. Heureusement Christophe Galphard est un excellent vulgarisateur. Son livre est très court (un peu trop à mon goût mais plus long aurait été moins grand public) et se lit extrêmement vite et facilement. Une lecture qui devrait, à mon sens, être obligatoire à l’entrée au lycée, un livre qui donne envie d’aimer l’histoire des sciences, les scientifiques, la Science.

Modification du billet (15 octobre 2017) : Ajout de la vidéo de la conférence de Christophe Galfard à l’espace des sciences :

Écopsychologie : Retrouver notre lien avec la Terre

31kAt4p9wAL._SX195_.jpg : « Écopsychologie : Retrouver notre lien avec la Terre » de Michel Maxime Egger

Un sujet intéressant, un livre très documenté et particulièrement fourni en références. Toutefois, ne vous attendez pas à lire ce texte avec passion, on est là en présence plus d'un livre de cours que d'un ouvrage de découverte de l'écopsychologie. Aussi fun à lire qu'un article wikipédia de 130 pages, mais toutefois certainement très enrichissant. Plus qu'une porte d'entrée sur l'écopsychologie, ce livre est un guide invitant à approfondir le sujet.

Le guide du voyageur galactique

Le_Guide_du_Routard_Galactique_-_Douglas_Adams_resizedcover.jpg : « Le guide du voyageur galactique » de Douglas Adams : 42, merci pour le poisson,…

Le guide du voyageur galactique vous est recommandé à tout va dès que vous êtes catalogué geek. J’ai vu H2G2, l’adaptation cinématographique il y a quelques années, j’en ai gardé quelques vagues souvenirs pas franchement passionnés donc je n’avais pas vraiment envie de le lire. Et puis… un collègue me l’a conseillé. Et puis… Richard Dawkins dit tellement de bien de Douglas Adams dans une vidéo. Et puis… bon ok je vais le lire ce bouquin ! De toute façon, on m’a déjà fait le coup avec Pratchett, Game of Thrones et Mr Robot et je n’ai jamais regretté autre chose que d’avoir tant attendu pour les découvrir.

Je viens de finir Le guide du voyageur galactique, ça n’a pas raté, c’est très bon !

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Un bon bouquin de SF burlesque, efficace, prenant, absurde, drôle,…

Le grand roman des maths

51P5awWNO0L._SX195_.jpg : « Le grand roman des maths » de Mickaël Launay : De la préhistoire à nos jours

Comment et pourquoi on a inventé les nombres ? Comment on en est arrivé à les mettre en équations ? J’aime beaucoup l’histoire des sciences, je trouve toujours intéressant de comprendre comment ont été obtenus les résultats scientifiques, pour mieux les appréhender et éviter de tomber dans les dogmes… je suis donc une cible parfaite pour ce livre. Mais le grand roman des maths est loin de pouvoir être réduit uniquement à une simple histoire de maths, il s’agit d’une histoire des hommes, l’histoire d’une part de notre culture, notre histoire vu à travers le prisme des mathématiques. Le grand roman des maths devrait être étudié en classe au même titre que la mythologie grecque, l’évolution de l’Union Européenne, l’histoire de l’art, Voltaire ou Aldous Huxley !

Mickaël Launay est un passionné de mathématiques, vous pouvez le découvrir via ses vidéos MicMaths. Sur cette chaîne Youtube, vous trouverez un grand nombre de vidéos très intéressantes du genre de celle-ci :


Pour ce qui est du livre, voici quelques extraits, parmi de nombreux autres, qui m’ont particulièrement intéressé ou intrigué :

À sa fondation, la cité est nommée Madīnat as-Salām, la Cité de la Paix. On l’appellera également Madīnat al-Anwār, la cité des Lumières, ou encore Āsimat ad-Dunyā, la capitale du monde. C’est pourtant sous un autre nom que la ville d’Al-Mansûr va entrer dans l’histoire : Bagdad.

Le méridien de Paris fit référence jusqu’à la conférence internationale de Washington en 1884. Il fut alors remplacé par le méridien de Greenwich passant par l’Observatoire royal de Londres. En échange du méridien, les Britanniques s’engagèrent à adopter le système métrique. On attend toujours.

Cela fait longtemps que le hasard fascine. Dès la préhistoire, les humains ont observé la multitude de phénomènes inexpliqués, irréguliers, sans causes apparentes, que leur offrait la nature. Dans un premier temps, et faute de mieux, on accusa les dieux. Éclipses, arcs-en-ciel, tremblements de terre, épidémies, crues exceptionnelles des fleuves ou comètes sont autant de manifestations qui furent interprétées comme des messages divins adressés à qui saurait les déchiffrer. La tâche fut confiée au sorciers, oracles, prêtres ou autres chamanes qui, comme il faut bien gagner sa vie, développèrent dans la foulée toute une panoplie de rituels destinés à interroger les dieux sans attendre que ceux-ci daignent se manifester d’eux-mêmes. En d’autres termes, les hommes se mirent à imaginer des moyens de créer de l’aléatoire à la demande.

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