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Lectures

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Le profit avant l’homme

81jdpfsJQBL.jpg : « Le profit avant l’homme » de Noam Chomsky

Noam Chomsky dénonce les accords commerciaux négociés en sous-main qui profitent aux entreprises et plus particulièrement aux actionnaires au détriment de la démocratie. Ce recueil de conférences et textes de presse se désole des conséquences du néolibéralisme des années 90 (le livre est sorti au début des années 2000), il est étonnant de constater à quel point les choses ont peu changé, si ce n’est les sigles des accords (CETA dernièrement par exemple)

Il était une fois nos ancêtres

CVT_Il-etait-une-fois-nos-ancetres--Une-histoire-de-l_5804.jpg : « Il était une fois nos ancêtres » de Richard Dawkins : Une histoire de l’évolution

Vraiment passionnant, il m'aura toutefois fallu plus d'un an pour arriver au bout de ce pavé, que je n'ai réussi à dévorer que par petites bouchées. Un nombre très important d'explications sur l'évolution, la biologie, la datation, les gènes,... Un livre particulièrement enrichissant.

Des philosophes & des héros

51GVA4_fv1L._SX195_.jpg : « Des philosophes & des héros  » de Thibaut de Saint Maurice : Petite balade en philosophie à travers nos personnages favoris

Pour accéder facilement aux pensées des plus grands philosophes, rien de tel que les associer à des histoires que l’on connaît déjà bien. L’ idée de prendre les héros de la pop culture est donc ici parfaitement adaptée, peu de personnages abordés dans l’ouvrage me sont inconnus, c’est idéal. Les parallèles semblent rarement capillotractés, les chapitres suffisamment courts pour se lire très facilement.

Toutefois, en seulement 5 pages (en gros caractères qui plus est) il est impossible de détailler quoique ce soit et la lecture des chapitres se fait alors sans réel intérêt. Après quelques chapitres on à l’impression de perdre son temps, de ne rien apprendre, de ne faire que survoler tous les sujets.

Mais ce livre n’est pas à considérer comme un manuel de philosophie et son but n’est certainement pas de nous apprendre directement et en détail les pensées de Pascal, les opinions de Sartre ou Platon, les idées développées dans les ouvrages de Nietzsche ou Hegel… Si vous avez du mal à concevoir comment peuvent s’appliquer certains concepts philosophiques ou si vous souhaitez une porte d’entrée vers la philosophie, un amuse bouche pour vous ouvrir l’appétit, ce livre est fait pour vous.

Brocéliande, Contes et Légendes

broceliande.jpg : « Brocéliande, Contes et Légendes » de Tristan Pichard et Loïc Tréhin

Livre sympathique présentant plusieurs courtes histoires se déroulant au cœur de la forêt de Brocéliande. Les premières sont des légendes arthuriennes assez intéressantes que l’on aimerait parfois voir développées plus longuement. Dans la seconde partie de l’ouvrage, il s’agit de contes décorrélés de la table ronde, assez divertissant, ils n’ont pour défaut que ce que l’on peut reproché à tous les contes, être parfois répétitifs. L’édition est simple, on ne peut lui reproché que le fait d’avoir placé la carte de la forêt à la fin de l’ouvrage alors qu’il aurait été plus pertinent de la placer en début. Un livre agréable, que nous avons lu en famille, un chapitre par soir, le style littéraire est un parfois un petit peu complexe pour mon fils de 8 ans, mais rien de rédhibitoire.

Les furtifs

CVT_Les-Furtifs_7149.jpg : « Les furtifs » d’Alain Damasio

Incitation à se sortir les doigts du cloud, à lever les yeux du portable, sortir du techno-confort. Analyse chirurgicale de la société de surveillance, viscérale dans sa description de la parentalité (dans la première moitié surtout), ça vous prend les tripes à vous donner envie de chialer tant c'est juste.

Les furtifs est un roman un peu exigeant, la plume hallucinante semble parfois un peu trop dans la démonstration mais le livre reste prenant et difficile à lâcher.

Pulsions

41jc9_13SrL._SX195_.jpg : « Pulsions » de Kyan Khojandi, Bruno Muschio et Boulet

J’ai assisté au spectacle à Nantes avec ma femme, on en est sorti avec des étoiles dans les yeux et une furieuse envie de vivre, l’impression de marcher sur des nuages, l’incapacité de ne plus sourire. Un pur moment de bonheur. Kyan était resté à la fin du spectacle pour prendre des photos et signer des autographes avec un bon paquet de monde, en mode disponible et hyper gentil, à l’écoute, un vrai bon gens. Ma place pour le prochain spectacle est réservée, je sais déjà que je passerai une bonne soirée. Il est donc probable qu’il me soit impossible de faire une critique impartiale de ce livre…

Dès que le spectacle a été mis en ligne sur Youtube, je l’ai regardé, puis le lendemain je l’ai re-regardé, avec mon fils (en zappant 1 ou 2 passages parce qu’il a seulement 11 ans), il a beaucoup rit, c’était un moment de partage vraiment agréable. Enfin, je viens de lire la version roman graphique, qui me redonne une nouvelle dose de ce petit moment de bonheur (avec les dessins d’un auteur que j’adore en plus…).

Crédulité et rumeurs

CVT_La-petite-Bedetheque-des-Savoirs-tome-24-Credu_8903.jpg : « Crédulité et rumeurs » de Gérald Bronner et Jean-Paul Krassinsky

J'aime plutôt le dessin et la colorisation, j'aime énormément le propos mais je n'aime pourtant pas spécialement cette bd. Elle apporte énormément d'informations intéressantes mais pour cela néglige complètement histoire et actions, il s'agit juste d'une discussion entre deux ados, rien d'autre. Est-il possible d'apporter autrement autant de connaissances en si peu de pages, je ne le pense pas, mais on se retrouve alors hélas sans narration. Un livre un peu bâtard : suffisamment intéressant pour donner envie de le partager avec tout son entourage mais trop pauvre côté narration pour qu'il puisse intéresser les personnes qui ne sont pas déjà convaincues.

J'ai été un peu déçu par la non correspondance entre la couverture et le reste de la bd, je trouve le mouton anthropomorphe génial et j'aurais adoré lire une histoire mettant en scène de tels personnages (un peu comme "Black Sad" ou "Meet Buck"), je trouve que cela aurait été graphiquement plus intéressant que deux simples lycéens.

L’ironie de l’évolution

51MsP2qbtnL._SX195_.jpg : « L'ironie de l'évolution » de Thomas C. Durand

Un livre passionnant qui ne se contente pas d’expliquer que le fonctionnement de notre cerveau n’est pas adapté à la compréhension du processus évolutionnaire qui a permis son existence. Les différentes explications développées ici, permettent d’apprendre énormément sur le fonctionnement de nos apprentissages, nos erreurs, nos façon de réfléchir, nos biais. En les comprenant, nous pouvons, si ce n’est les éviter, au moins tenter de limiter au mieux les dégâts. Un livre de développement (non pas personnel), un livre qui élève son lecteur. Exaltant !

L’aspirateur de la sorcière

CVT_Laspirateur-de-la-sorciere-Et-autres-histoires_8822.jpg : « L’aspirateur de la sorcière » de Terry Pratchett

J'aime Terry Pratchett, j'ai donc voulu initier mes enfants à son univers via ces nouvelles. La mise en page est amusante (des mots plus ou moins gros, qui tombent, qui s’élargissent,...), l'humour caractéristique de l'auteur est là, certaines nouvelles sont bonnes, d'autres laissent un peu le lecteur sur sa faim. C'est agréable mais je dois admettre qu'on ne retrouve pas toute la magie (il est question de magie parfois, comme thème, mais ici j'entends magie au sens "plaisir littéraire") des annales du disque monde. Les enfants ont apprécié, surtout le plus jeune (7 ans).

Quand est-ce qu’on biaise

CVT_Quand-est-ce-quon-biaise-_9241.jpg : « Quand est-ce qu’on biaise » de Thomas C. Durand

Après avoir explicité l’ensemble des sources d’ambiguïtés pour les éviter, ne reste alors plus qu’à décortiquer les idées. C’est ce que propose ici Thomas C. Durand avec brio, profitant de plus, de l’occasion, pour expliquer les mécanismes qui nous induisent parfois en erreur, ce qui nous évitera alors peut-être de tomber à nouveau dans ces pièges que le cerveau semble vouloir nous jouer.

À peine le livre fini, j’ai déjà envie de le reprendre en main. J’aimerais pouvoir en assimiler complètement le contenu. Je sais que je le lirai à nouveau, j’espère pouvoir faire en sorte que ma façon de penser profite pleinement de l’ensemble des connaissances développées au fil des chapitres. J’ai vu les vidéos de La Tronche en biais, le livre ne m’a pas semblé une redite pour autant, étonnant puisqu’il s’agit des mêmes textes, compréhensible puisque j’ai vu les vidéos il y a déjà quelques temps. Les épisodes étant parfois très denses, il est intéressant d’avoir accès à un format papier qui permet, pour moi en tout cas, de mieux assimiler certains contenus.

Pour être complet, je dois tout de même admettre que le livre n’est pas sans défaut, je les estime pour ma part aux nombre de deux (que j’admets très subjectifs):

  1. Puisqu’il s’agit en partie d’une réutilisation des scripts de l’émission « La tronche en biais », j’aurais aimé une illustration présentant les deux personnages, en préface ou en quatrième de couverture.
  2. Certains passages sont assez complexes, il m’a fallut quelques relectures pour saisir certains paragraphes. En particulier, le très intéressant chapitre 16, dont la page 191 (avec la citation de Carl Gustav Jung) m’a semblé incroyablement obscure. Lue encore, relue et lue, rien à faire, son sens m’est resté inaccessible.

Le chapitre 7, démontant en quelques pages le célèbre paradoxe de l’œuf et de la poule, donnant une réponse qui devient alors une évidence est délicieux. La plupart des chapitres, sont l’occasion de décortiquer des questions de façon non manichéenne, apportant un recul bienvenu, des explications parfaitement explicites, documentées et référencées. Certes, cela n’est pas toujours facile à digérer mais c’est incroyablement enrichissant. Le chapitre 23 « Le sexe, le genre et les biais cognitifs » est un parfait exemple de cette qualité. Incroyablement riche, il permet non seulement de comprendre à la fois ceux qui défendent et ceux qui abhorrent la "théorie du genre" mais surtout permet de prendre énormément de recul sur un sujet complexe et clivant, comme sur des sujets annexes (l’essentialisme en particulier).

Le dernier chapitre est un appel à la bienveillance et à l’humilité, car nous ne devons jamais oublier que nous sommes tous victimes de biais, sur un sujet ou un autre. Un chapitre intelligent que j’ai écorné (j’ai écorné plusieurs pages mais sur la fin, j’ai écorné les chapitres, c’était plus pertinent). Dommage que mon marque-page précédait cet ultime chapitre de quelques pages lorsque ma belle-sœur m’a défié de démontrer que les citrons momifiés par un magnétiseur, qu’elle me montrait en photo, ne sont pas une preuve indiscutable que les magnétiseurs ont un pouvoir que la Science est incapable d’expliquer. J’ai beau savoir depuis quelque temps déjà qu’il est inutile et contre productif de s’emporter, je n’ai pourtant pas réussi à faire preuve d’humilité (du tout). Ma lecture est alors devenue un chouette boomerang, le retour de bâton bien mérité. C’est une façon d’apprendre et de progresser.

Un livre passionnant. À lire, relire et offrir.

Si l’on prend le titre au premier degré, je connais parfaitement la réponse : dès la lecture de la couverture. Du moins, c’est la réponse que m’inspire la tête de ma voisine dans le car, il semble qu’elle ait été biaisée dès la lecture du titre.

Pourquoi je ne suis pas chrétien

893162627.jpg : « Pourquoi je ne suis pas chrétien » de Bertrand RUSSELL

Une pensée logique et clairement développée, très intéressante. Particulièrement passionnant.

Trois textes à la fois relativement simples d'accès, de part la grande qualité de leurs constructions narratives, mais tout de même un petit peu exigeants.

Envie décorner quasiment chaque page, surligner un grand nombre de chapitres...

L'ouvrage est clos par une très complète description des problèmes rencontrés par Bertrand Russell à l'Université de New-York, très simple à lire, très intéressant également.

La vie, l'univers et le reste

51KQEAA6N0L._SX210_.jpg : « La vie, l'univers et le reste  » de Douglas Adams : Le guide galactique tome 3

Pendant une bonne partie du roman, Douglas Adams place ces pièces de puzzle absurdes, c’est drôle mais vous vous demandez s’il y a vraiment un sens à tout cela. Puis, les pièces commencent à s’emboîter et le puzzle devient parfaitement clair : Have fun!

Le dernier restaurant avant la fin du monde

41YAM0DMY7L._SX210_.jpg : « Le dernier restaurant avant la fin du monde » de Douglas Adams : Le guide galactique tome 2

Au début du chapitre, « pourquoi il commence à parler de ça ? ».
Au milieu, « C'est n'importe quoi ! Non ? ».
À la fin, « Il faut que j'ajoute tout ce chapitre à mes citations favorites ! »
Répétez l'opération pour chaque chapitre. C'est absurde mais c'est tellement drôle, c'est tellement intelligent…

De la fumisterie intellectuelle

De_la_fumisterie_intellectuelle.jpeg : "De la fumisterie intellectuelle " de Bertrand Russell

J’abhorre les superstitions : passeur de feu, homéopathie, religion, théories complot,… si je ne déteste pas les gens qui continuent à croire, par manque d’information ou incapacité à une trop importante remise en cause, je n’arrive pas à supporter l’idée que l’humanité se complaise dans ses absurdités. J’estime pire encore, qu’on laisse parfois se propager ses idées, pour des raisons pratiques court-termistes, ne voyant pas (ou feignant de ne pas le comprendre), qu’à long terme, ces pratiques placent au même niveau dans l’esprit des moins initiés à l’épistémologie, des pratiques coûteuses et intellectuellement complexes mais enrichissantes avec des techniques de zozos. Quid des financements des recherches scientifiques ou médicales lorsque les décideurs croiront avoir été soignés par le don d’un magnétiseur ? Quid de l’enseignement de la théorie de l’évolution lorsque les politiciens ne comprendront plus la différence entre une théorie scientifique et un conte théologique ? Quid de la confiance envers les acteurs de la santé, lorsque des pharmaciens sans hygiène mentale (ou mercantiles) dévalueront les produits "chimiques" face à des alternatives homéopathiques soi-disant "naturelles" ? Il me semblerait tellement plus judicieux d’étudier l’effet placebo pour le maîtriser sans créer des schémas-réflexes de médication (alternative, systématique et hors prescription avisée, qui plus est). Il me semblerait tellement plus intéressant de comprendre les mécanismes de la douleur pour que nos enfants contrôlent ceux-ci plutôt que de ne laisser le choix qu’entre la subir, la médicaliser ou faire appel à une magie inexplicable… Bref, j’abhorre les superstitions…

Alors lorsque j’apprends qu’il existe un texte de Bertrand Russell, philosophe rationaliste fondateur de la logique contemporaine, qui s’attaque à la fumisterie intellectuelle de son époque, je ne peux que plonger avec délice. Si le texte n’a rien à voir avec la logorrhée qui sert d’introduction à cette critique, ne vous attendez pas non plus à une argumentation particulièrement bien structurée, développant consciencieusement des concepts philosophiques qui vous permettront de déconstruire les discours obscurantistes, il s’agit là plutôt d’une courte raillerie ! Comme si, admettant qu’il sera impossible de faire disparaître la superstition, Bertrand Russell, victime de censure religieuse comme le rappelle très bien Jean Bricmont dans sa préface, choisissait a minima, de profiter d’un texte pour se défouler. Un pamphlet amusant qui permet à un lecteur rationaliste de se sentir moins seul, de savourer quelques moqueries, de constater que de grands penseurs sont passés par les mêmes questionnements… En quelques pages, ça réconforte et donne le sourire.

Le Joueur d'échecs

CVT_Le-Joueur-dechecs_2085.jpeg : "Le Joueur d'échecs " de Stefan Zweig

Découvert via Pitche moi un classique :

C'est l'histoire d'un mec complètement accro à Candy Crush mais qui a réussi à se désintoxiquer. Il y a tellement joué qu'il n'arrive pas à se sortir les mouvements de la tête. Quand on lui propose de se refaire une petite partie, tout son monde va basculer.

Une description intrigante qui m’a directement tenté. Je ne regrette aucunement cette lecture.

J’ai aimé la tension lorsque monsieur B. décrit la torture psychologique que la Gestapo lui a infligé, le suspense fonctionne parfaitement, impossible de décrocher. J’aurai d’ailleurs apprécié que le récit soit aussi haletant pour décrire la fin de sa captivité, hélas, cette partie m’a semblé étrangement trop vite expédiée.

Un petit peu trop premier degré pour moi dans son éloge du livre comme source de liberté et de résistance à la torture psychologique, je préfère sur ce point la dérision sarcastique de Terry Pratchett.

Une nouvelle que j’aurais aimé lire plus longtemps.

Bilbo le hobbit

Bilbo.jpg : "Bilbo le hobbit" de J. R. R. Tolkien

Installés confortablement dans le salon, je lis la moitié du premier chapitre de "Bilbo le Hobbit" à mes deux fils (7 et 11 ans), la lecture complète du livre prendra trois bonnes semaines. Cette première journée est un combat, jamais je n'ai aussi bien compris cette terrible pensée de Benjamin Malaussène ("Au bonheur des ogres" de Daniel Pennac) : « Les enfants me menacent de me remplacer par la télé si je flanche ». Je donne donc mon maximum pour rendre le texte vivant.

Deuxième jour, il faut finir le chapitre, je me résigne donc à utiliser mon adversaire LCD pour arriver à mes fins « Ok, vous aurez le droit à la télé mais après la lecture, si je vous estime suffisamment attentifs pendant le demi chapitre ». On est loin de l’enthousiasme que j’espérais susciter et que j’avais obtenu lors de la lecture de Charlie et la chocolaterie. Il faut dire que Tolkien détaille énormément les scènes, le vocabulaire est parfois un peu riche pour un enfant de 7 ans,… Je garde toutefois courage, il y a quelques années j’avais abandonné le Seigneur des anneaux (lecture solitaire) après le premier tome, il serait dommage de se laisser impressionner encore une fois par un tout petit bonhomme aux pieds poilus.

Troisième jour, je m’arrête en milieu de chapitre comme la veille : « "Et voici ce qu'il vit." La suite demain, on a lu un demi chapitre ». La réaction ne se fait pas attendre et me rassure quelque peu « La suite ! Il y a trop de suspens ! On finit le chapitre ! », cela fait plaisir et la suite s’y prête bien puisqu’on y rencontre des trolls dans une scène drôle et vivante. Je ne lâcherai rien, ma quête de lecture semble moins insurmontable que prévue initialement. Pendant plusieurs jours nous lirons d’ailleurs des chapitres complets plutôt que des moitiés.

Au cinquième jour, on serre les fesses devant les gobelins, au sixième la tension est insoutenable lorsque nous rencontrons Gollum : je lui donne une voix personnalisée mais forcément un peu influencée par la première trilogie (je n’ai pas vu la trilogie Bilbo). J'ai dû limiter les intonations, les enfants étaient terrorisés. Nous faisons une pause, la jambe du grand tremble, le petit commence à se lever pour partir ! J'étais concentré pour garder leur attention, certes, mais je ne m'attendais pas à ce qu'ils vivent autant la scène. Cette nuit là, le grand dormira avec la lumière, le petit la porte ouverte. On peut dire qu’il ne fait maintenant aucun doute qu’ils vivent le récit.

Gandalf, les nains, Beorn, les Wargs, araignées, aigles, elfes, Smaug, Barde,… aucun personnage n’aura laissé indifférent mes enfants et durant plusieurs jours leurs dessins seront en rapport avec la quête de Bilbo. Notre seul regret aura été la couverture particulièrement peu attrayante (par rapport à celles de bien d’autres éditions), le dessin d’Henri Galeron est décevant, ferait éventuellement l’affaire pour illustrer un chapitre mais n’a rien à faire en couverture !

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La République des censeurs

CVT_La-Republique-des-censeurs_3396.jpeg : "La République des censeurs" de Jean Bricmont

J’ai découvert Jean Bricmont dans la très longue interview « Impostures intellectuelles, 20 ans après – Entretien avec Alan Sokal et Jean Bricmont » de la chaîne YouTube Lumières :

Ce visionnage n’a pas instantanément développé en moi une envie irrépressible de lecture mais l’idée a tranquillement germé et lorsque j’ai dû cherché un livre à lire pour les vacances, « La république des censeurs  » c’est imposé à moi comme une évidence.

Dévoré en très peu de temps, l’ouvrage c’est avéré particulièrement intéressant. Il est aisé de défendre la liberté d’expression pour ceux qui partagent nos idées, cet essai explique pourquoi il est tout aussi important de défendre la liberté d’expression de ceux qui ont des propos qui nous dérangent, avec lesquels nous sommes en total désaccord. C’est beaucoup plus difficile et c’est ce que Jean Bricmont réussi ici particulièrement bien. Il m’a apporté des clarifications et réordonné dans mon esprit, certaines notions et constats (politique, sociétal,…) mais surtout, il contribue largement à une remise à plat importante de ma conception de la censure. Un essai très appréciable, que j’estime beaucoup !

Deux extraits :

quelques exemples de ce qu’on peut dire, sans être inquiété ni « dénoncé ». Tout d’abord, il y a tous les appels à la guerre et tous les propos sexistes ou homophobes (à nos yeux) que l’on trouve dans la Bible et le Coran, qui sont sans doute les deux livres les plus influents de l’histoire. Pourtant, presque personne n’est assez fou pour vouloir les censurer ; mais alors pourquoi censurer des propos bien plus anodins et ayant un impact bien moindre, simplement parce qu’ils sont contemporains ?

Est-il impossible de comprendre qu’à partir du moment où l’on s’empare de l’arme de la censure, on donne ipso facto l’arme de la subversion, de la transgression, de la dérision à ses adversaires ?

Pour une éducation humaniste

pouruneeducationhumaniste.jpg : "Pour une éducation humaniste" de Noam Chomsky

Un ensemble de réflexions intéressantes sur l'éducation (mais pas seulement). Chaque chapitre est différent : essai, retranscription de conférence, entretien et est le témoin d'une époque (1975-2010). Plus simple à aborder que je ne le redoutais a priori cet essai est une source de réflexions captivante.

La démocratie des crédules

yeK-LaDemocratieDesCredules.png : "La démocratie des crédules" de Gérald Bronner

Comprendre les biais cognitifs, décortiquer les croyances irrationnelles,… voilà qui me semble passionnant. Pour en apprendre toujours plus sur le sujet, je ne manque pas de sources : Spline LND, Hygiène mentale, Pharmachien, Tronche en biais, James Randi, Aude WTFake, Curiologie, Lanterne Cosmique, Observatoire Zététique, Un Monde Riant, toutes les vidéos disponibles sur Skeptikón… et pourtant j’avais très envie d’ajouter à cette longue liste un bon livre sur le sujet.

J’avais été très intéressé par le séminaire de Gérald Bronner « Les théories du complot » il y a quelque temps, mais je l’avais étrangement plus ou moins oublié jusqu’à ce que je le retrouve en regardant « Négociation intellectuelle avec le monde », extrait du documentaire « Les lois de l’attraction mentale »). En l’écoutant, j’ai pensé qu’il serait intéressant de lire un de ses livres, je n’ai pas été déçu ! « La démocratie des crédules » est un essai de sociologie passionnant. Je ne sais pas à partir de quel âge il peut être lu, mais il devrait, à mon avis, servir de support pour éduquer les gens à l’hygiène mentale, surtout à une époque où les partages sur les réseaux sociaux nous apportent si rapidement une quantité d’informations très importante que nous avons du mal parfois à analyser. J’ai plongé avec grand plaisir dans ce livre relativement copieux, j’ai apprécié la lecture et trouvé le propos très clair, même s’il a été nécessaire de bien m’accrocher parfois, en particulier pour ce passage que je trouve très alambiqué (et qui ne reflète pas le style du reste de l’ouvrage) :

Si par irrationalisme on entend la contestation organisée en discours de la capacité de la démonstration rationnelle, telle qu’elle s’est exprimée en théorie et en actes dans l’histoire des sciences, à générer et promouvoir des énoncés ayant une capacité descriptive et explicative supérieure à n’importe quel autre énoncé ayant les mêmes ambitions et constitué par n’importe quelle voie de l’esprit, alors le paysage de cet irrationalisme est effectivement très vaste

Pour que cette citation ne vous effraie pas trop, j’ajoute celle-ci, plus caractéristique :

Ce que paraissent ne pas voir les relativistes, c’est que les méthodes qui prévalent dans la science et qui ont mis des milliers d’années à se formaliser, à la suite de tâtonnements, d’erreurs, de sélection drastique, sont un héritage universel de la pensée humaine.

Les sujets abordés sont vastes : aspartam, voyance, OGM, ondes, vaccins, OVNI, les suicides chez France Télécom,… ils sont traités non pas de sortes à désigner ceux qui ont tort ou raison, chaque sujet sera traité de façon à détailler un biais cognitif, une notion statistique, sociologique ou autre piège mental.

Très enrichissant cet essai donne plusieurs clés de compréhension que j’aurais aimé avoir adolescent. Très intéressant !

(Je trouve la couverture du livre trop moche, j’illustre donc cet article avec un fanart perso, cette couverture n’est pas validée par l’auteur)

Tout le monde ment…

51kXb0YJh7L._SX195_.jpg : "Tout le monde ment…" de Seth Stephens-Davidowitz

En lisant « Tout le monde ment… », vous n’avez pas l’impression de suivre un enseignement, vous écoutez un ami sociologue spécialiste reconnu de l’analyse de données, qui papote tranquillement et prend le temps de vous expliquer en quoi consiste son travail.

Le big data permet de tester des théories jusqu’alors non réfutables, le big data permet d’accéder à nos pensées et désirs les plus intimes, le big data semble être à la sociologie ce que les interféromètres de dernière génération sont aux ondes gravitationnelles, un nouvel outil permettant de regarder le monde d’une nouvelle façon. En lisant Seth Stephens-Davidowitz, on a presque l’impression de voir émerger une nouvelle sociologie, un peu comme si le big data permettait à celle-ci de se renouveler. L’alchimie est devenue chimie, la sociologie en est-elle aux balbutiements de sa métamorphose vers la psychohistoire ? J’exagère, mais au fil de la lecture, la comparaison amusante avec ce que Hari Seldon aurait pu écrire à ses débuts revenait en effet assez régulièrement à mon esprit… Autre parallèle amusant, le chapitre « Le fléau de la dimension » m’a rappelé Terry Pratchett : « Ce qui a une chance sur un million d'arriver se produit 9 fois sur 10 ».

Le livre est bourré d’anecdotes, le ton relax, le style simple, le contenu riche d’enseignements,… pas de prise de tête, juste une introduction très intéressante sur ce que le big data semble modifier (et ce qu’il ne permet pas) dans notre compréhension du comportement humain.

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