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Le guide du voyageur galactique

Le_Guide_du_Routard_Galactique_-_Douglas_Adams_resizedcover.jpg : « Le guide du voyageur galactique » de Douglas Adams : 42, merci pour le poisson,…

Le guide du voyageur galactique vous est recommandé à tout va dès que vous êtes catalogué geek. J’ai vu H2G2, l’adaptation cinématographique il y a quelques années, j’en ai gardé quelques vagues souvenirs pas franchement passionnés donc je n’avais pas vraiment envie de le lire. Et puis… un collègue me l’a conseillé. Et puis… Richard Dawkins dit tellement de bien de Douglas Adams dans une vidéo. Et puis… bon ok je vais le lire ce bouquin ! De toute façon, on m’a déjà fait le coup avec Pratchett, Game of Thrones et Mr Robot et je n’ai jamais regretté autre chose que d’avoir tant attendu pour les découvrir.

Je viens de finir Le guide du voyageur galactique, ça n’a pas raté, c’est très bon !

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Un bon bouquin de SF burlesque, efficace, prenant, absurde, drôle,…

Le grand roman des maths

51P5awWNO0L._SX195_.jpg : « Le grand roman des maths » de Mickaël Launay : De la préhistoire à nos jours

Comment et pourquoi on a inventé les nombres ? Comment on en est arrivé à les mettre en équations ? J’aime beaucoup l’histoire des sciences, je trouve toujours intéressant de comprendre comment ont été obtenus les résultats scientifiques, pour mieux les appréhender et éviter de tomber dans les dogmes… je suis donc une cible parfaite pour ce livre. Mais le grand roman des maths est loin de pouvoir être réduit uniquement à une simple histoire de maths, il s’agit d’une histoire des hommes, l’histoire d’une part de notre culture, notre histoire vu à travers le prisme des mathématiques. Le grand roman des maths devrait être étudié en classe au même titre que la mythologie grecque, l’évolution de l’Union Européenne, l’histoire de l’art, Voltaire ou Aldous Huxley !

Mickaël Launay est un passionné de mathématiques, vous pouvez le découvrir via ses vidéos MicMaths. Sur cette chaîne Youtube, vous trouverez un grand nombre de vidéos très intéressantes du genre de celle-ci :


Pour ce qui est du livre, voici quelques extraits, parmi de nombreux autres, qui m’ont particulièrement intéressé ou intrigué :

À sa fondation, la cité est nommée Madīnat as-Salām, la Cité de la Paix. On l’appellera également Madīnat al-Anwār, la cité des Lumières, ou encore Āsimat ad-Dunyā, la capitale du monde. C’est pourtant sous un autre nom que la ville d’Al-Mansûr va entrer dans l’histoire : Bagdad.

Le méridien de Paris fit référence jusqu’à la conférence internationale de Washington en 1884. Il fut alors remplacé par le méridien de Greenwich passant par l’Observatoire royal de Londres. En échange du méridien, les Britanniques s’engagèrent à adopter le système métrique. On attend toujours.

Cela fait longtemps que le hasard fascine. Dès la préhistoire, les humains ont observé la multitude de phénomènes inexpliqués, irréguliers, sans causes apparentes, que leur offrait la nature. Dans un premier temps, et faute de mieux, on accusa les dieux. Éclipses, arcs-en-ciel, tremblements de terre, épidémies, crues exceptionnelles des fleuves ou comètes sont autant de manifestations qui furent interprétées comme des messages divins adressés à qui saurait les déchiffrer. La tâche fut confiée au sorciers, oracles, prêtres ou autres chamanes qui, comme il faut bien gagner sa vie, développèrent dans la foulée toute une panoplie de rituels destinés à interroger les dieux sans attendre que ceux-ci daignent se manifester d’eux-mêmes. En d’autres termes, les hommes se mirent à imaginer des moyens de créer de l’aléatoire à la demande.

L’histoire du loser devenu gourou

bm_CVT_Lhistoire-du-loser-devenu-gourou_8368.jpg : « L’histoire du loser devenu gourou » de Romain Ternaux

Quand j’ai vu ce livre j’ai pensé à La conjuration des imbéciles, quand je l’ai lu, j’ai pensé à La fascination du pire, c’est dire si j’ai été déçu !

Première page, une faute (il manque un « que » dans une phrase), ça commence mal, je ne m’arrête évidemment pas pour si peu mais ça ne laisse pas une bonne première impression.

Le style littéraire est très très simple, écrit comme on parle (ou plutôt comme un loser alcoolique parle), je ne suis pas très habitué mais ça passe bien et c’est cohérent avec le récit.

Du trash, du cul pour du cul,… rien qui pourrait choquer à outrance, principalement car ces scènes semblent arriver dans la narration avec de gros sabots : l’exemple le plus absurde étant le héros qui recherche une carte de crédit dans le cul d’un cadavre plutôt que de regarder en premier lieu sur son bureau. Ce n’est hélas pas la seule fois où l’auteur semble choisir la facilité : le héros est un écrivain raté (un écrivain qui parle d’un écrivain, génial !), il rejoint une secte dont le gourou porte un masque et les adeptes mâles des cagoules (c’est tellement pratique pour les quiproquos…), la voisine, les femmes adeptes de la secte ou la petite amie du pote ne pensent qu’à baiser (on se croirait dans un scénario de porno…),…

À la dernière page, je pense « Tout ça pour ça ? », désabusé. Ce qui est le plus intriguant c’est peut-être que l’auteur ait réussi à rendre son texte suffisamment intriguant pour me donner envie de continuer à tourner les pages.

Devenez sorciers, devenez savants

9782738110930.jpg : « Devenez sorciers, devenez savants » de Georges Charpak et Henri Broch : Un peu de bon sens dans un monde rempli de mystificateurs

La zététique est un thème qui m’intéresse. Sur le sujet, j’ai trouvé dernièrement diverses sources d’informations, entre autres sur le web : Hygiène mentale, Le DeBunKer des Etoiles, Laboratoire de Zététique,…

Ce dernier site, que j’avais un petit peu parcouru avant ma lecture, est en grande partie le même contenu que le livre Devenez sorciers, devenez savants sorti en 2002 (mêmes auteurs, même sujet,…). C’est d’ailleurs en lisant la page consacrée au défi zététique international « Vous prétendez avoir des pouvoirs : … prouvez-le ! » que j’ai découvert ce livre. En bref, je ne suis pas complètement néophyte et j’ai lu l’ouvrage 15 ans après sa sortie, il était donc assez logique que le premier tiers du livre ne m’ait pas transcendé : marcher sur les braises ou s’asseoir sur une planche à clou n’impressionne plus grand monde de nos jours… les démystifier ne me semblait donc plus vraiment nécessaire. Mais à partir du chapitre 3, j’ai commencé à écorner les pages qui m’intéressaient. Plus j’ai avancé dans ma lecture, plus les coins de pages droits se sont faits rares.

C’est un livre intéressant, c’est indéniable. Il n’est pas parfait : les auteurs semblent parfois régler leurs comptes entre les lignes, le livre est également un peu lié à son époque, il faut des fois réussir à se replacer dans le contexte,… Toutefois, certains passages me semblent particulièrement intéressants : l’explication par les probabilités d’un phénomène de prémonition (page 107), l’expérience du pendule (page 128) − l’extrait du texte d’Eugène Chevreul (page 130) est hallucinant de bon sens, et écrit en 1812. Mille-huit-cent-douze, bordel !!! −, la radiesthésie et les sourciers (page 136), démystification de la débilisante émission Mystères (page 143), l’ensemble du chapitre 5 « Droit au rêves et à la lucidité » (page 183),… La conclusion manque de clarté, je pense, mais l’idée qui est développée est intéressante.

J’aimerais trouver un livre presque structuré sous forme de fiches (plus où moins longues selon le sujet) claires n’abordant vraiment qu’un sujet à la fois (sans digression difficile à saisir) mais les démystifiant pleinement. Comme je l’ai dit, certaines sections me font penser à cet ouvrage qui me semblerait idéal. Je pourrais ainsi m’appuyer sur un support pour tenter d’éclairer mes proches.

La science n’explique pas tout : des phénomènes ne sont pas encore expliqués, toutefois les phénomènes paranormaux inexplicables ne le sont que pour ceux qui refusent d’écouter ce qu’en dit la Science. C’est mon avis, il semble qu’il ne soit pas partagé par tout le monde (après quelques secondes de recherche on tombe facilement sur une discussion comme celle-ci qui me semble tellement pleine d’absurdités !). Je suis horrifié chaque fois que quelqu’un me demande mon signe astrologique ou que je trouve un horoscope dans un magazine, je suis mortifié de voir qu’en 2017 des chaînes de télévision diffusent des chasses aux fantômes, je suis abasourdi lorsque j’entends des gens déterminer le sexe d’un fœtus avec un pendule ou en observant de quelle main la future mère ramasse un objet tombé,… Je suis une personne éclairée pour une partie de mes contemporains, un connard de sceptique pédant pour les autres. Deux mondes difficilement réconciliables.

Gargantua (Extraits)

51rdx55y6NL._SX349_BO1_204_203_200_.jpg : « Gargantua » de François Rabelais : Deux ans dans un lycée à votre nom et je ne vous lis que 20 ans plus tard…

C’est à quatre ou cinq pages de la fin que j’ai remarqué le mot "Extraits" sur la couverture de cette édition "Étonnants classiques" (Flammarion). Mon cerveau occultant complètement les "[…]" pourtant bien visibles − intriguant ! Cet extrait d’une centaine de pages sera toutefois suffisant. J’ai trouvé cette lecture complexe, principalement par la très grande différence de culture et de contexte historique. Et pourtant l’édition est bourrée de notes afin d’appréhender au mieux ce texte de 1535.

J’ai été frustré par cette lecture car je peux comprendre les critiques de l’humaniste Rabelais envers certaines méthodes d’éducation de son époque, sans vraiment saisir l’importance de sa démarche. Écrire ce texte à l’époque était-il perçu comme audacieux ? Impossible pour moi de vraiment saisir la portée de ses mots. De même pour l’humour : je comprends que certains passages sont satiriques ou amusants, sans vraiment les trouver drôles, l’était-ce pour ses contemporains ?

Gargantua est disponible librement sur Wikisource (entre autre) : édition Juste, 1535 ou édition Marty-Laveaux, 1868, il est intéressant de tenter de déchiffrer ne serait-ce que quelques lignes, la langue française ayant bien changée !

Quand je lis Rabelais, je me rends compte qu’il est difficile d’interpréter convenablement un texte écrit 5 siècles plus tôt. Je comprends alors encore plus difficilement que des gens souhaitent baser leur vie sur l’interprétation d’un texte qui en a 10 ou 20 de plus.

Harry Potter et l'enfant maudit

513O4pkDgjL._SX195_.jpg : « Harry Potter et l'enfant maudit » de J.K. Rowling, John Tiffany et Jack Thorne : Le texte intégral de la pièce de théâtre

Lire une pièce de théâtre n’est certainement pas la meilleure façon de l’apprécier, assister à une représentation est très certainement bien plus pertinent… Toutefois, avec un peu d’imagination, c’est une solution de repli correcte pour tous ceux qui ne verront pas la pièce. Ce qui fait de celle-ci une pièce différente des autres, c’est évidemment l’univers, dans lequel les lecteurs de la saga ont envie de replonger.

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Il n’y a aucun intérêt littéraire à lire L’enfant maudit, mais il y a le plaisir de retrouver des personnages auxquels on s’était attaché. L’intrigue n’est pas particulièrement originale mais l’histoire reste une très bonne suite. On suit les aventures de deux amis, un des enfants de Harry et le fils de Drago, sans pour autant laisser complètement de côté les protagonistes des sept tomes, aujourd’hui adultes.

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Une pièce que j’aurais aimé voir, juste pour le plaisir de retrouver un copain perdu de vue depuis longtemps. Je n’ai pas été transporté outre mesure mais je suis tout à fait satisfait de cette lecture.

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La part du colibri

la-part-du-colibri-337927_1024.jpg : « La part du colibri » de Pierre Rabhi : En matière d’écologie, hélas, un homme averti continue ses conneries… voici un petit remède.

Un essai très court, un bilan écologique écrit de manière poétique, un constat accablé et qui semble éclairé. Intéressant mais trop court, on aimerait y trouver quelques solutions, même seulement sous forme de référence. C’est beau, fixe des idées auxquelles j’adhère complètement, c’est agréable, un livre que j’aurais bien envie d’offrir…

Pourquoi j’ai mangé mon père

5123M5JGF1L._SX296_BO1_204_203_200_.jpg : « Pourquoi j’ai mangé mon père » de Roy Lewis : Un pithécanthrope averti en vaut deux

Un livre qui se dévore très rapidement. Décrivant les premières grandes évolutions de l’homme ou plus précisément du pithécanthrope de façon décalée, avec en miroir, une critique de la société contemporaine, le livre est bourré d’anachronismes très amusants et de personnages attachants : mention particulière pour le père scientifique qui fait passer l’évolution de l’espèce avant tout, l’oncle ultra réac qui critique mais profite toujours pleinement des découvertes,…

Étant donné que j’ai lu Pourquoi j’ai mangé mon père après avoir lu quelques tomes et vu une bonne centaine d’épisodes de Silex and the city, j’étais sûrement moins sensible à l’humour des anachronismes préhistoriques que si ma découverte littéraire s’était faite dans l’autre sens. Cela ne m’a pas toutefois pas du tout empêché d’apprécier…

Seul point noir du livre, la préface qui comme très souvent, dévoile une partie de l’histoire. À lire comme s’il s’agissait d’une postface, comme presque toujours. Plus jamais je ne lirai de préface, les éditeurs semblent presque tous avoir oublié de passer par la sélection naturelle…

Pour en finir avec Dieu

41YTHspVpzL._SX299_BO1_204_203_200_.jpg : « Pour en finir avec Dieu » de Richard Dawkins : J’ai trouvé ma bible

Quand je lis les trames principales des 3 ou 4 derniers « Notes » de Boulet, j’ai la sensation de lire ce que mon esprit tentait de mettre au propre… Il est appréciable de constater qu’on est pas le seul à faire certaines observations (et assez agaçant, j’en conviens, de constater que l’auteur le fait de façon bien mieux construite et qu’il l’illustre avec des dessins travaillés et un humour à vous taper le cul par terre…). Quand je lis « Pour en finir avec Dieu » j’ai la même sensation à ceci prêt que la réflexion est bien plus aboutie, détaillée, documentée que tout ce que j’aurais pu imaginé.

Le titre accrocheur de la traduction française empêche très certainement de prêter son exemplaire à un ami croyant alors qu’il n’est à mon avis pas pertinent de le considérer comme un simple livre contre la religion. Il est, à mon sens, pour la réflexion et contre l’obscurantisme. Il permet certes d’ouvrir les yeux sur certains aspects négatifs des religions, mais c’est également un ouvrage sur le comportement humain, le sens moral (citant Kant, Hauser…), l’anarchisme (citant Pinker), les évolutions de mœurs, le Zeitgest moral, le racisme, le machisme,… Le chapitre sur la maltraitance de l'enfant est juste démentiel et particulièrement stupéfiant.

Le texte est truffé de références, il est relativement copieux mais pas du tout indigeste, il se termine sur une magnifique métaphore de la burqa qui est une ode passionnante à la science et la recherche de connaissance. C’est un livre à lire, à relire, à dévorer.

J’ai eu envie de lire ce livre suite au visionnage de la conférence TED de Richard Dawkins. Il s’agit d’une très bonne introduction au livre, je vous la conseille vivement :

Prenez le temps d’e-penser − Tome 2

1540-1.jpg : « Prenez le temps d’e-penser − Tome 2 » de Bruce Benamran : Remplit la tête sans la prendre

Ce tome 2 est clairement la continuité du premier tome, le lire directement est faisable si vous avez des connaissances en physique mais je pense qu’il est plus intéressant de considérer l’ensemble comme un livre unique. Les sujets abordés vont du big bang à la mécanique quantique avec moult détails et digressions qui rendent le récit très vivant. J’ai trouvé la deuxième moitié de ce second tome, un poil plus complexe que le reste (il arrive qu’il faille relire quelques passages deux fois), pas à cause d’explications obscures mais bon, la mécanique quantique c’est un poil plus velu que la recette des crêpes…

Lorsque je lis e-penser, je vocalise avec la voix et les intonations de l’auteur, je considère donc le livre comme une discussion ou disons plutôt qu’il me donne l’impression d’écouter un monologue d’un pote éclairé. Hier, Bruce Benamran était à Rennes pour une rencontre et séance de dédicaces, j’ai pu lui poser quelques questions… en bafouillant comme une groupie impressionnée alors qu’il est très abordable, sympathique, éloquent (parfois mon cerveau est une garce).

Je travaille dans un Institut de Physique, j’assiste régulièrement à des conférences scientifiques,… ce livre m’a permis de reconsolider certaines bases et de mieux appréhender certaines notions. Des lycéens trouveront dans ce livre une très bonne introduction à leurs cours de physique.

Si vous ne connaissez pas Bruce Benamran, regardez une vidéo de sa page Youtube e-penser, puis une deuxième et ainsi de suite jusqu’à ce que vous soyez devenu suffisamment éclairé pour avoir envie de les regarder toutes sans suivre cette directive.

Ubik

Ubik.jpg : "Ubik" de Philip K. Dick : Mc Fly dans la matrice sous amphétamine

Lire un livre de science-fiction 50 ans après son écriture peut être particulièrement déroutant… Les premières dizaines de pages sont relativement étranges à lire, en particulier parce que Philip K. Dick y intègre énormément d’objets futuristes qui semblent aujourd’hui très rétro. Petite liste non exhaustive, dans les 30 premières pages nous trouvons : aspirateur avec batterie à hélium, vid-phone, table en néo-teck, homéojournal, robot encaisseur de loyer, répondeur homéostatique, conapt (pour appartement), un téléphone miniaturisé... Ajoutez à cela certaines remarques qui peuvent faire penser à un sexisme années 60 et quelques objets qu’il semble absurde de citer dans un livre de science fiction (tabac à priser par exemple), vous comprenez vite que l’auteur et vous n’êtes pas exactement de la même génération. Dans Dracula, j’avais trouvé amusant de voir le Brandi régulièrement cité comme remède, 70 ans plus tard ce sont les amphétamines qui tiennent le même rôle dans Ubik. Pour ceux qui l’ignoreraient, l’auteur en consomme très régulièrement, à cette époque elle n’était d’ailleurs pas classée comme stupéfiant. Pour en finir avec les réflexions sur les différences générationnelles, on notera que l’auteur dénonce le racisme ordinaire des années 30-40.

Philip K Dick est un très très bon écrivain et une fois le décor posé, il vous plonge dans son univers, vous oubliez complètement le décalage temporel entre son écriture et votre lecture, pour vous plonger dans son récit. Vous ne comprenez pas où il vous emmène, vous comprenez juste que vous voulez le suivre, vous immerger dans son roman, comprendre et analyser ce qui arrive à Joe Chip, le protagoniste principal du roman, piégé dans une régression temporelle suite à une explosion lors d’une mission visant à neutraliser précogs et télépathes.

J’avais vraiment adoré Substance Mort et Minority Report, cela fait donc un nouveau roman de Philip K Dick que j’apprécie pleinement.

Dans le futur décrit dans le roman, toutes les machines, mêmes personnelles (de la cafetière à la porte d’entrée), nécessitent une pièce de monnaie pour fonctionner. Ceci amène parfois à des situations grotesques très amusantes. Joe étant toujours à court de monnaie, tentant de négocier avec sa porte d’entrée me semble être à la fois très drôle et critique de notre société de consommation.

Détail anecdotique qui m’a amusé, je pense que c’est la première fois que je trouve dans une même page des références à Platon et à Winnie l'ourson.

Écoutez nos défaites

CVT_Ecoutez-nos-defaites_3325.jpg : "Écoutez nos défaites" de Laurent Gaudé : Au cœur de la bataille

Comme dans Eldorado et Le soleil des Scorta, Lauront Gaudé fait s’entrecroiser les récits, son histoire au cœur de l’Histoire. Si un livre comme Écoutez nos défaites est utilisé en complément d’un manuel scolaire, je pense que l’apprentissage de l’Histoire pourrait être très attrayant. Certes, c’est fictif, ne relate pas les événements tels qu’ils se sont déroulés mais un tel roman ajoute de l’humain, de l’empathie, là où l’encyclopédie est froide et détachée. Après lecture, j’ai envie de me plonger dans des livres d’Histoire pour en apprendre plus sur Grant, Hannibal, Hailé Sélassié, j’ai envie de les découvrir.

J’aimerais vraiment comprendre les techniques qu’utilise Laurent Gaudé pour rendre ses personnages si touchants, pour les rendre si vrais, c’est la troisième fois que je suis bluffé par cette caractéristique de ses livres (et j’en ai lu trois).

J’aurais peut-être aimé que l’histoire de Assem Graïeb (le "héros") et Mariam (son "amour") soit plus longue, croiser un peu plus Job (le "méchant"), que la narration soit plus développée, sans forcément en faire un roman d’amour, d’espionnage ou d’action, sans forcément rendre le roman caricatural (comme le font mes parenthèses ici) mais me faire vivre une aventure avec ces personnages. J’ai l’impression d’avoir eu en main un jeu de figurine avec les plus beaux personnages du monde mais de ne pas avoir eu le temps de jouer.

Éloge du polythéisme

22510100165830L.jpg : "Éloge du polythéisme" de Maurizio Bettini : Ce que peuvent nous apprendre les religions antiques

J’ai fait un an de catéchisme lorsque j’étais enfant, à ma demande. Mais cela ne correspondait pas à mes attentes puisque sans le comprendre à l’époque, j’avais une démarche scientifique : Je croyais que le catéchisme consistait à chercher dans des textes anciens et des fouilles archéologiques les preuves de l’existence de Dieu. Contrairement à ce que je pensais, il s’agissait d’un axiome. Mes camarades m’expliquaient qu’il fallait continuer car des cadeaux sont offerts pour la communion donc il ne me restait plus qu’un an à faire. Aujourd’hui, encore je reste surpris par l’attitude d’enfants censés apprendre la religion catholique et ses principes, qui restent seulement par appât du gain.

Je suis athée. J’ai, de manière générale, une démarche de sceptique. À mon sens, une vidéo comme « Comment Tester le Paranormal avec la Science ? » d’« Hygiène Mentale » est une source d’inspiration.

Je tente d’être tolérant envers les croyances d’autrui mais j’ai souvent du mal a rester curieux tant les arguments me semblent parfois aberrants ou mal construits, quel que soit le domaine : l’astrologie, la voyance, les extraterrestres, le vaudou, la télépathie, les chemtrails, la téléportation (non quantique), les voyages dans le temps, les fantômes ou la religion. J’ai un réel besoin d’arguments pas d’un stupide « La science n’explique pas tout ». Je découvre, après rédaction de cet article, au moment d’ajouter les liens, l’épisode L’ouverture d'esprit et ses limites qui résume très bien ce que je pense :

Mais la religion est certainement plus complexe à analyser et discuter car il ne s’agit pas seulement de croyance, elle est liée à une façon de se comporter, à une vie en communauté, même à des habitudes alimentaires ou sexuelles, après deux millénaires la religion influence également la vie des non-croyants car elle est imbriquée dans la sphère publique. Quant à la sphère privée des croyants, elle est tellement imprégnée qu’il est quasi impossible d’argumenter sur le bien fondé ou non ne serait-ce que d’un élément de cette croyance.

Il me semble parfois aberrant que certaines images/métaphores soient prises au premier degré mais ceux qui font ce genre d’erreurs sont peut enclines à en discuter. Parfois toutefois j’aimerais opposer certains arguments aux plus fanatiques des monothéistes. Par exemple, lorsque des témoins de Jéhovah frappe à ma porte, je la referme rapidement mais parfois j’aimerais leur dire que je ne crois pas en leur dieu unique mais en Rê, Zeus ou les matrones, que ces dieux ne me paraissent pas moins stupides que le leur, qu’il s’agit dans les deux cas de mythologie, pas de faits. Qu’il n’y a pas de raison de croire plus en l’un de ses systèmes de penser que l’autre. Que l’on souhaite vivre selon les principes chrétiens (ou autre) je peux le comprendre, confondre symboles et faits me semble par contre très étrange.

Suis-je vraiment le public visé par Maurizio Bettini, je l’ignore, toujours est-il que j’ai été réceptif à son message. Quand on m’a proposé de lire l’« Éloge du polythéisme », je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre mais je pensais qu’elle m’apporterait au moins des connaissances sur le polythéisme. J’ai été agréablement surpris dès les premières pages, l’argumentation est construite, bourrée de références. Le livre ressemble beaucoup à une démarche scientifique, si ce n’est que l’auteur ne s’appuie pas sur des formules ou des expériences mais sur d’autres textes. La clarté de la structure rend le contenu beaucoup plus simple à assimiler.

J’ai l’impression d’avoir appris beaucoup sur les religions polythéistes mais également sur les religions monothéistes, certaines explications de sémantique sont éclairantes (en particulier le mot « polythéisme » lui-même)… C’est un livre qui appelle à une plus grande ouverture, une vraie ouverture. Même si aucune solution n’est vraiment apportée par le texte du moins pas à court terme et sans réelle volonté des instances religieuses, il explique bien en détail ce que la construction même des religions monothéistes implique en terme de tolérance, ce qui serait bon de prendre des religions antiques pour aider au vivre ensemble. C’est un texte que j’ai trouvé très intéressant. Le chapitre « conférer la citoyenneté aux Dieux » est un éloge au civisme et à la citoyenneté, très inspirant.

En somme, on « apprend à connaître » les divinités d’autrui au fil du temps. Une fois que l’on est conscient de leur existence […] il est possible de procéder à leur intégration parmi ses dieux à soi. Il s’agit toutefois d’un processus qui implique de l’intérêt, de la curiosité pour les autres dieux, ainsi qu’une volonté de « savoir ». En pays monothéiste, au contraire − hormis l’attitude des esprits ouverts et éclairés −, non seulement les autres dieux ne soulèvent ni curiosité, ni désir de savoir, mais au contraire, ils suscitent généralement un sentiment d’indifférence ou de supériorité, quand ils ne sont pas condamnés. […] ma femme, qui est chinoise, a pu expérimenter, pendant un demi-siècle, comment ses convictions religieuses étaient attaquées ou même dévalorisées par des missionnaires chrétiens, des politiciens américains, voire des occidentaux lambda… et elle était consciente du fait que cette situation durait déjà depuis cinq siècles.

Petite digression : Certains passages à propos des statuettes représentants les dieux antiques, dans des panthéons ouverts aux dieux des autres, m’ont vraiment fait penser à l’influence des mangas et comics de nos jours. Chaque culture apporte sa pierre à l’édifice et chacun est libre de choisir ou non d’être diverti par les histoires des autres cultures.

Si je devais apporter un bémol toutefois, je regrette une chose dans la construction : une impression de répétition. Plusieurs chapitres amènent à des conclusions, plutôt qu’en faire un résumé en fin de texte, l’auteur choisi de les répéter à chaque nouvel ajout : « Donc A. Nous avons vu que A mais nous constatons également B. Nous avons vu que A et B, nous pouvons aussi C. Certes A, B et C mais… ». La répétition aide à mémoriser certes, c’est aussi relativement pénible. J’aurais préféré une conclusion plus fournie en fin de texte que cette solution. Surtout cela donne l’impression que le chapitre « Crépuscule de l’écriture » est moins développé puisqu’il ne sera aucunement repris. La conclusion de ce chapitre est intéressante mais l’argumentation semble de ce fait moins appuyée que le reste.

L’édition « Les belles lettres » est très correcte. À 14 € pour un format poche, une édition se doit de l’être.

Les Annales du Disque-Monde : Au guet !

 : "Au guet !" de Terry Pratchett : 22, v’la le dragon

Cela faisait un moment que je n’avais pas lu un Terry Pratchet, cela me manquait. C’est toujours agréable de se balader à Ankh Morpork.

Un très rapide résumé : Quand on joue avec le feu on se brûle, alors quand on joue à invoquer des dragons… Carotte un grand bonhomme qui se prend pour un nain rejoint le guet. Un dragon c’est chaud. Quand on tente de faire appliquer la loi à Ankh Morpork rien n’est simple. Un déménagement de bibliothèque implique certainement l’émission d’ondes gravitationnelles à cause du poids des mots…

Petites citations :

La connaissance, c’est le pouvoir… Le pouvoir, c’est l’énergie… L’énergie, c’est la matière… La matière, c’est la masse. Et la masse déforme l’espace. Elle le déforme en un espace B polyfractal.

Les derniers rats de l’assurance du frère Tourduguet fuirent le navire en perdition de son courage.

Quand on en a vraiment besoin, dit-il, les chances sur un million se produisent tout l’temps. C’est bien connu.

Sinon l’existence ressemblerait à un horrible martyre et le seul espoir serait qu’il n’existe pas de vie après la mort.

Prenez le temps d’e-penser − Tome 1

15112107520416575613768048.jpg : « Prenez le temps d’e-penser − Tome 1 » de Bruce Benamran : Tout tout tout vous saurez tout sur la science

Bruce Benamran, pour ceux qui sont prêts du radiateur, c’est le génialissime vulgarisateur de e-penser. Si vous n’avez jamais vu ses vidéos, vous allez tout en bas de la page Youtube, vous regardez la première, puis la deuxième et ainsi de suite jusqu’à ce que vous soyez devenu suffisamment éclairé pour avoir envie de regarder les suivantes sans suivre cette directive. Il a sorti, il y a quelques temps, un livre reprenant un peu le principe de sa chaîne.

Dire que ce bouquin est bourré de digressions serait clairement minimiser les faits. Tome 1 (appelons-le ainsi pour simplifier) est un ensemble de digressions qui une fois rangées dans votre caboche, vous offre un aperçu de l’évolution/l’histoire/les principes des sciences (en particulier la physique et l’astronomie) intéressant et sympathique. Le ton est familier, on est entre nous, on a l’impression d’avoir une discussion avec un pote scientifique touche à tout et passionné.

Certains passages reprennent des sujets déjà développés dans ses vidéos mais ce n'est pas vraiment dérangeant : je crois que j’ai lu 4 fois le chapitre sur Guillaume Joseph Hyacinthe Jean-Baptiste Le Gentil de la Galaisière (à voix haute pour en faire profiter des proches) alors que j’avais déjà vu la vidéo correspondante (au moins 2 fois)…

Lire Tome 1, c’est un peu comme regarder un épisode de Cosmos: A Spacetime Odyssey de plusieurs heures avec quelques coupures pub (l’auteur à un gimmick, certains pourront trouver cela pénible mais la répétition c’est justement le principe… il y a aussi régulièrement des incitations à se référer au tome 2 à venir). Le plan global n’est pas toujours très clair mais la simplicité de ton et le fait de resituer le contexte historique et humain des découvertes me laisse de Tome 1 une impression agréable. Le style littéraire "discussion entre amis" pas désagréable contraste avec la typographie travaillée forte de ligatures, pas désagréable non plus. Un livre de vulgarisation scientifique, demandant parfois un peu de concentration (tout de même) qui remplit la tête sans la prendre.

Le dragon de glace

51H900hDn4L._SX195_.jpg : « Le dragon de glace » de George R. R. Martin : S’il vous plaît… dessine-moi un dragon

Si George R. R. Martin est aujourd’hui particulièrement célèbre, c’est certainement pour Game Of Thrones. Je regarde la série − j’aimerais lire les livres mais les premiers tomes ne sont disponibles que traduits réécrits par Jean Sola − mais George R. R. Martin a également écrit beaucoup d’autres textes, en particulier des nouvelles de fantasy et de science fiction. « Dragon de Glace » est l’une de ses nouvelles. Un texte pouvant être lu dès 8 ou 9 ans narrant l’histoire d’une petite fille qui, en période de guerre, rencontre un dragon… La nouvelle décrit, entre autres choses, certaines conséquences des guerres rarement abordées ainsi dans la littérature pour enfant,…

Mon fils passe son temps à lire et relire DB, Naruto, Ranma ½, Fairy Tail, Fly, One punch man, etc (le moi-de-1990 est envieux… avoir accès à autant de mangas à la maison, quelle chance il a ce gosse !). J’ai voulu lui montrer qu’il existe des histoires intéressantes dans d’autre formats. Quand mon pote m’a demandé une idée de cadeau pour les 9 ans de mon fils, j’ai sauté sur l’occasion, Dragon de glace est un cadeau idéal : l’édition est somptueuse, les dessins sont magnifiques avec des dragons majestueux, le texte n’est pas trop long, le style littéraire relativement simple, le papier, la police, les interlignes, tout est parfait… pour un premier contact avec la Fantasy c’était idéal. Ça n’a pas raté, mon fils est conquit.

C’est accessible pour un enfant mais ce n’est pas inintéressant pour un adulte, j’ai donc profité du cadeau à mon tour avec grand plaisir.

La métamorphose

Metamorphosis.jpg : « La métamorphose » de Franz Kafka : La petite bête qui monte, qui monte... et me trotte dans la tête.

J’ai lu cette nouvelle il y a six mois. Six mois, c’est le temps qu’il m’a fallu pour déterminer si j’ai aimé « La Métamorphose ». Elle se lit vite et simplement, l’histoire vous trotte dans la tête un moment. Sur le coup je n’ai pas particulièrement aimé, c’est en y repensant ensuite que j’ai trouvé le texte puissant. J’ai un peu la même réaction avec ce texte qu’avec le film THX 1138 (je déteste sur le coup et j’aime par la suite) : il me faut parfois du temps pour digérer.

Gregor se réveille un matin sous une apparence monstrueuse (métamorphose rapide et non décrite), la nouvelle suit sa réaction et celle de ses proches, les changements de comportement de chacun (en quelque sorte une métamorphose lente). Je ne sais pas à quelle métamorphose Kafka pensait en choisissant ce titre, toujours est-il que la deuxième est particulièrement bien écrite et cette description de l’humanité fait froid dans le dos et semble hélas parfaitement réaliste…

C’est le deuxième texte de Kafka que je lis (le procès il y a quelques temps), j’ai été bien plus déconcerté par ce texte court. Vous pouvez trouver le texte gratuitement sur ebooks libres et gratuits (je ne sais pas par qui la traduction est faite), si vous souhaitez vous faire votre propre opinion.

Petite histoire de l'univers : Du Big Bang à la fin du monde

81k2eU_deyL.jpg : « Petite histoire de l'univers » de Stephen Hawking : Du Big Bang à la fin du monde

Encore une fois, c’est un film qui me fait lire… J’ai vu, il y a quelques semaines, The Theory of Everything : ce n’est pas un film particulièrement époustouflant mais le jeu d’acteur est dément et les décors et costumes immersifs. C’est un film émouvant sur la vie de Hawking, s’attardant très peu sur la science, c’est un choix que certains peuvent regretter, pour ma part, je pense que le film a surtout le mérite de redonner un peu d’empathie pour un chercheur hors norme, déshumanisé par sa condition physique, souvent présenté par les médias, plus comme un cyborg qu’un humain.

Dans la pile de bouquins qui s’entassent sur ma table de nuit, trône « Petite histoire de l'univers » depuis quelques années déjà. Il y a peu de Science dans le film de James Marsh, c’est donc une parfaite invitation à la lecture des ouvrages de Hawking…

Le style littéraire est très loin de la poésie de Hubert Reeves, très certainement conditionné par la paralysie de l’auteur et l’outil qui est donc à sa disposition pour écrire, c’est très direct. La narration suit le fil historique des découvertes scientifiques et de ses travaux en particulier, les explications sont claires même si j’admets que j’ai été plus ou moins largué pendant une vingtaine de pages (sur 180). Dans le dernier quart du livre, le mot « Dieu » apparaît beaucoup, vraiment  beaucoup… toujours ramener ainsi à la religion me semblait assez peu utile. J’ai l’impression d’avoir compris de nouvelles choses sur les trous noirs et l’univers, j’ai dévoré et aimé les 80 premières pages, puis j’ai lu le reste, le livre me laisse finalement un sentiment mitigé.

L’attentat

lattentat.jpg : « L’attentat » de Yasmina Khadra : Descente aux enfers

Un médecin à Tel Aviv qui soigne les victimes d’un attentat avant d’apprendre que la kamikaze était sa femme. Avec un pitch pareil, vous savez que vous n’allez pas lire un livre qui est fait pour vous faire rire et rêver… Et en effet, ce n’est pas le but !

Si d’un point de vue littéraire L’attentat n’est pas particulièrement époustouflant, il est immersif, fait réfléchir sur le conflit israélo-palestinien autant que sur la connaissance de l’autre et de soi…

Une descente aux enfers et introspection qui se lit très bien, qui laisse difficilement indifférent.

La Horde du Contrevent

La_Horde_du_Contrevent.jpg : « La Horde du Contrevent » de Alain Damasio : Une cosmogonie complète basée sur le vif.

Tout au début, je me posais pas mal de questions, trouvais absurde la quête même de la Horde (une vingtaine de personnes qui marchent, depuis l’enfance et l’extrême aval, vent dans la gueule, pour tenter de voir ce qu’il y a en extrême amont…), ne comprenais pas très bien le premier chrone croisé… Et pourtant, les pièces du puzzle trouvent chacune leur place et l’ensemble devient très vite parfaitement clair, fluide, limpide et… génial. L’ensemble de l’univers imaginé par l’auteur tiens la route, mieux, plusieurs de ses personnages émettent différentes hypothèses sur l’origine du vent (j’ai adoré « vent dû au déplacement d’un vaisseau ») et toutes ces cosmogonies ainsi créées sont viables.

Les cinquante premières pages m’ont semblées complexes à lire puis je me suis sûrement fait aux styles littéraires (oui, au pluriel) : les narrateurs sont vraiment très nombreux et chacun à son propre style !

La Horde du contre Vent est un livre particulièrement travaillé (7 ans de boulot apparemment !) Les personnages sont très développés, le monde complet est détaillé (sans pour autant en faire des caisses à la Tolkien), l’action est époustouflante ! Je suppose que ça a été un travail titanesque mais un véritable plaisir d’écrire une telle œuvre. L’un des passages les plus bluffants, d’un point de vue littéraire, est très certainement la joute verbale en trois manches du personnage Caracole dans la tour d’Ær ! Un véritable délice (dialogue palindromique, une page avec quasiment que des o pour voyelles,…) Je ne sais pas si Alain Damasio a voulu montrer ici qu’il est un auteur exceptionnel ou prendre son pied à écrire un truc aussi dingue (façon Perec), toujours est-il que si c’est l’un ou l’autre, c’est réussi.

À la lecture de ce roman, j’ai pensé que Alain Damasio est un très bon auteur. J’ai ensuite pensé qu’il est également un bon orateur et penseur lorsque je suis tombé sur cette vidéo :

Merci Julien de m’avoir fait lire un auteur aussi génial.

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