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Poussières d’étoiles

poussieres_p.jpg : « Poussières d’étoiles » de Hubert Reeves : Du silence éternel des espaces infinis à l’homme, l’histoire d’un agglomérat de poussières d’étoiles.

Après avoir passé plus de quinze ans dans la section « Livres à lire » de ma bibliothèque, il était vraiment temps d’ouvrir « Poussières d’étoiles ». Je suppose qu’adolescent je n’aurais pas tellement apprécié la lecture de cet excellent ouvrage, j’aurais certainement estimé le contenu trop complexe et capitulé. Aujourd’hui, avec un peu plus de connaissances, de patience et un soupçon de maturité supplémentaire, j’ai l’impression d’être tombé sur le Graal de la vulgarisation astronomique et bien plus encore. Après plusieurs conférences et après avoir regardé à multiples reprises chaque épisode de Cosmos: A Spacetime Odyssey, je replonge avec plaisir, cette fois dans une version littéraire et tout aussi passionnante, dans notre histoire et notre compréhension de l’univers.

J’ai parsemé le livre d’Hubert Reeves de morceaux de marque-page, chaque fois qu’un passage me semblait plus passionnant que le reste, j’en ai même laissé plus que lors de mes lectures de Terry Pratchett. Je n’en ai pas mis dans le chapitre « Une intention de la Nature ? » car l’ultime chapitre de « Poussières d’étoiles » m’a semblé entièrement remarquable.

Pendant ma lecture, des interrogations venaient parfois me titiller l’esprit. Deux fois, j’ai pensé que ce dont il était question amenait des points qui auraient mérités d’être abordés. Les deux fois, il s’agissait du titre du chapitre suivant. Hubert Reeves vous prend par la main et vous fait voyager dans sa narration, il vous ballade dans sa poésie scientifique. C’est un Big Boss.

J’estime avoir été pendant longtemps une personne trop intolérante envers les croyances mystiques, religieuses,… tentant de convaincre mes interlocuteurs de l’absurdité de leurs positions dogmatiques. Depuis quelques temps, j’ai compris l’inefficacité de cette posture et son manque cruel d’intérêt. J’ai compris surtout que cela faisait de moi un imbécile. Fort de ce constat, j’ai depuis peu quelques temps (on aimerait toujours avoir été moins con depuis plus longtemps…), je tente d’être beaucoup plus tolérant envers des discours que je considère a priori comme irrationnels (mais ne me parlez pas trop longtemps d’astrologie, j’ai parfois du mal à me contenir). Il m’aura fallu des années pour ne serait-ce que comprendre l’intérêt de cette tolérance, les textes d’Hubert Reeves "respirent" celle-ci. Hubert Reeves n’est pas seulement un vulgarisateur de génie ou un astrophysicien génial… c’est un Big Boss vous dis-je.


Hubert Reeves / Sciences et religions par zindabad7

Note : Il y a plus de quinze ans, un pervers narcissique, alcoolique, raciste, menteur, manipulateur, voyeur, m’expliquait que pour certaines personnes, certaines races de gens, il regrettait que les chambres à gaz n’existent plus. Cette personne est très certainement celle que je détestais le plus parmi l’ensemble de mes connaissances, la considérant comme un digne représentant de la lie de l’humanité, estimant que sa non existence n’aurait pu qu’être bénéfique à tout point de vue. Pour m’impressionner en étalant sa grande culture, il a un jour sorti un livre de sa bibliothèque et me l’a donné (vu l’état du livre je pense qu’il n’avait jamais été ouvert mais là n’est pas le propos). Cette personne m’aura permis de lire « Poussières d’étoiles », il semble que l’on peut finalement trouver du positif dans chaque chose…. Je ne pensais jamais dire cela un jour, merci Jean-Paul B.

PS : J’ai lu ce livre d’Hubert Reeves (qui ne peut pas être décrit uniquement comme un livre d’astro, soyons bien clair sur ce point), j’ai assisté à la pièce de théâtre l’Exoconférence à Nantes (revu dans mon salon dernièrement), assisté à la conférence « Origine des lunes dans les systèmes planétaires » de Sébastien CHARNOZ :

regardé Cosmos: A Spacetime Odyssey (comme je le disais ci-dessus), regardé « Voyage vers le Big Bang » de Christophe Galfard :

assisté à la conférence « SPHERE: chasseur de planètes extrasolaires » de Jean-Luc Beuzit et à « Modélisation et caractérisation des atmosphères d’exoplanètes » de Franck Selsis,… toutes ses contributions sont d’une grande richesse, chacune participe à ma compréhension du monde, c’est particulièrement enrichissant. Si vous ne souhaitez pas devenir un Jean-Paul, profitez des nombreux ponts qui sont disponibles entre connaissances et grand public (l’astrophysique n’est qu’un exemple).

Le soleil des Scorta

9782290349106fs.gif : « Le soleil des Scorta » de Laurent Gaudé : Un livre qui rend plus humain

J’ai lu Eldorado en 2011, il m’avait bouleversé. Je viens de finir « Le soleil des Scorta », je me suis pris encore une énorme claque.

Pour moi, Laurent Gaudé est vraiment un génie de l’empathie.

Un livre qui n’est pas bourré d’action mais qui n’ennuie jamais, un livre qui n’est pas un page-turner rempli de suspens mais que l’on ne peut toutefois pas lâcher car bourré d’humanité, de sentiments, de moments de vie. Un livre qui rend plus humain, moins imbécile, plus tolérant, il apporte un autre regard sur le monde, un regard qui donne l’impression d’ouvrir l’esprit, de mieux comprendre.

L’histoire des Scorta s’étale sur plus d’un siècle, se lit en un clin d’œil et bouleverse à jamais.

La vérité sur l'affaire Harry Quebert

140531livre.jpg : « La vérité sur l'affaire Harry Quebert » de Joël Dicker : Un puzzle addictif

Dans mon imaginaire, ma mère ne lit que des Guy des Cars et des Danielle Steel. Apparemment je me trompais puisque qu’elle m’invite à lire un livre de Joël Dicker. Que d’appréhension lorsqu’elle m’a proposé de lire un pavé de 850 pages ! 850 pages ! Surtout que la dernière fois qu’un de mes parents m’a conseillé un livre, c’était mon père qui insistait pour que je lise Ben-Hur (livre que j’avais trouvé sans intérêt). Mais rassuré par la couverture indiquant les prix littéraires reçus par le roman, je m’engouffre dans l’affaire Harry Quebert sans trop de difficultés.

Premier constat, c’est très simple à lire : le style littéraire est particulièrement simple, les 850 pages seront plus simples à analyser que 50 pages d’un Ray Bradbury ou un Philip K. Dick. Je ne le vois donc plus comme un pavé, c’est déjà un bon point.

Deuxième constat, je ne vais pas pouvoir refermer ce livre avant la fin, l’histoire est particulièrement prenante. D’un point de vue littéraire, rien à signaler certes, mais la grande force de Joël Dicker avec ce roman, est d’avoir mis en place une narration captivante, un pur régal.

Note : Assez peu d’humour dans le roman, toutefois : la mère du narrateur est caricaturale à souhait, ses dialogues sont particulièrement amusants.

Je ne connais pas Philip Roth, l’auteur qui a apparemment inspiré Joël Dicker, je suppose que si j’avais eu la référence j’aurai mieux compris certains aspects du livre, tant pis je me suis contenter d’en apprécier la lecture.

Contes de Grimm

x-default : « Contes » de Grimm : Il était une fois…

L’initiative des frères Grimm est louable, il semble qu’ils aient choisi de retranscrire le plus fidèlement possible, les contes oraux de leur époque. Le souci avec une telle initiative, c’est que l’on obtient une archive et non une suite de nouvelles. Quelle différence ? Et bien, en lisant ces contes sélectionnés par Marthe Robert, j’ai eu une impression permanente de répétition. Une fois que vous avez lu trois ou quatre contes de Grimm, vous avez l’impression de tous les avoir lus car la construction est presque systématiquement la même. Cette sensation est de surcroît amplifiée par la structure, elle-même horriblement répétitive !

Un exemple caricatural pour être clair, voici l’histoire (que j'invente) des « 158 chevaliers » : Il était une fois, 158 chevaliers qui souhaitaient délivrer la princesse du donjon où son horrible marâtre l’avait enfermée. Le donjon était situé au cœur d’une forêt maléfique. Le premier chevalier entra dans la forêt, la sorcière le repéra et le tua. Le deuxième chevalier entra dans la forêt, la sorcière le repéra et le tua. Le troisième…

Une fois que vous avez enfin lu le passage où le 158ème chevalier sauve la princesse et l’épouse, vous commencez à lire le texte suivant, « Les 18 frères » ou « La fontaine aux 8000 têtards ».

On prend tout de même du plaisir en lisant quelques contes mais c’est assez peu récréatif… Sauf bien sûr les contes « Blancheneige », « Cendrillon », « Le vaillant petit tailleur », « La Belle au Bois Dormant »,… car il est intéressant de lire la version originale d’un conte que l’on a connu enfant et de chercher les similitudes/différences avec les versions de Disney. J’aurais cru que Mickey avait exagéré le manichéisme des personnages mais il n’en est rien. Je note surtout qu’il a lié le caractère des personnages à leur physique (hélas) et énormément édulcoré les supplices subis, in fine, par ceux qui ont eu un mauvais comportement. En effet, je ne me rappelle pas avoir vu un dessin animé où l’horrible belle-mère finie enfermée dans un tonneau d’huile bouillante parsemé de clou et dévalant une colline en flamme après avoir été éborgnée et éviscérée (j’exagère à peine).

J’ai tenté de lire certains contes à mes enfants, je ne vous cache pas que « j’ai rien compris » est venu très vite. Il faut dire que pour des enfants de 4 et 8 ans abreuvés de Pokémons, Avengers, Kaeloo,… il y a plus captivant que « Il était une fois, un roi qui perdit son épouse en couche de sa cinquième fille. Après plusieurs années de désolation, il épousa une nouvelle femme qui était belle mais noire de cœur. La première fille épousa le fils d’un pêcheur qui était en fait le neveu de sa marâtre. La deuxième fille aimait ébarber les plumes et trier les lentilles, elle y mettait tout son cœur et s’y consacrait jour et nuit jusqu’à ce qu’une vieille dame qui passait par là, lui propose d’arrêter son ouvrage pour devenir gaveuse d’oie. La troisième fille tomba sous le charme d’un enchanteur qui avait eu lui-même une fille du même âge mais qu’il avait transformé en dé à coudre, après avoir, un cycle de lune durant, joué au beer pong… »

L’abus de contes de Grimm est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.

Cosmopolis

61nUtAKTqVL.jpg : « Cosmopolis » de Don DeLillo : Un jour j’irai à New York avec toi. Toutes les nuits déconner…

J’ai commencé Cosmopolis il y a un an et demi et j’en ai lu laborieusement deux tiers très très lentement sur quelques semaines ou mois, je ne sais plus. Impossible de me faire au style littéraire, aux dialogues cash/trash/étranges. Impossible de vraiment entrer dans la narration.

Il y a quelques jours, j’ai décidé d’en finir (avec le livre) mais je ne pouvais me résoudre à reprendre là où j’étais rendu, je me souvenais de ce que j’avais précédemment lu mais je me souvenais surtout que j’avais complètement survoler le livre en terme de compréhension. J’ai pris une décision que je ne pensais jamais prendre, j’ai recommencé le roman depuis le début, chose que je déteste en temps normal. En temps normal, certes, mais Cosmopolis n’est pas normal. Il est dérangeant, il questionne sur le comportement humain, l’excès de pouvoir, l’excès d’argent,…

Nous suivons un golden boy décidé à traverser New York pour aller se faire couper les cheveux, malgré de grosses menaces sur sa vie, des embouteillages monstres, en somme, des emmerdes en perspectives à la pelle… Et au fur et à mesure de ses arrêts, de ses rencontres,… sa vie évolue grandement.

Je n’avais pas du tout aimé ma première lecture inachevée, mais il fallait que je recommence, que j’y retourne. Cosmopolis m’intriguait, m’attirait. J’ai fini ma lecture, je ne suis pas un grand fan de ce roman, certaines situations me semblaient parfois partir un peu dans tous les sens… pourtant j’aime certaines idées suggérées, à peine développées mais bien présentes. Je reste très surpris par le sentiment que je ressent à propos de ce texte. Un peu comme la fascination que j’ai ressenti en regardant « Ex Machina », un film qui m’a plu mais surtout qui me laissait complètement scotché. Pour Cosmopolis, la sensation est légèrement différente mais je reste tout de même intrigué par ce livre OVNI.

Folio m’avait déçu avec une préface dévoilant la fin de La guerre des mondes et avec un message abruti sur la couverture de Substance Mort. Flammarion est également adepte de la préface spoil pour Peter Pan. Cette fois c’est « J’ai lu » qui souhaite démontrer qu’il est loin d’être aussi respectueux des œuvres que la reine Zabo ou Zones sensibles dont j’ai acheté deux exemplaires de leur magnifique édition de Flatland. Que peut-on reprocher à « J’ai lu » pour Cosmopolis ? Un quatrième de couverture contenant des informations sur la fin du livre… que c’est con, mais que c’est con ! Cette fois, c’est sous la forme d’un extrait de critique :

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« Profondément subversif, brillant et captivant (…), Cosmopolis est un voyage initiatique dans New York qui s’achève par la mort annoncée et rédemptrice d’un homme et d’un système. » L’Express

Parfois, j’ai l’impression que certains éditeurs haïssent leurs lecteurs… Je ne vois pas d’autre explication.

Note : Ce n’est pas la première fois que je remarque cela dans un livre, l’auteur (ou la traductrice ?) comme beaucoup d’autres donc, pense que l’année-lumière est une unité de temps, c’est gênant (c’est une unité de distance évidemment). Ce n’est pas aussi con que démontrer que 1+1=3 en développant une équation contenant une division par zéro mais tout de même, c’est dommage…

#Smartarded [NoéNautes Livre I]

smartarded1_premCouv.png : « #Smartarded » de Pouhiou : Un livre gratuit qui peut s’acheter.

Enguerrand est un ingêneur, un consultant en connardise, un mec qui est payé pour concevoir les ouvertures faciles qui s’ouvrent pas, les ralentisseurs qui sont très chiants à prendre ou tout autre système qui pourrit la vie de tous les jours. Suite à un accident, il développe un pouvoir de suggestion très développé, il peut modifier la mémoire et ce que ressentent les gens dans la noétie, la sphère des idées. S’en suivent alors des bastons entre personnes qui, comme lui, sont NoéNautes…

Pouhiou met dans ce livre, plus de références que Tarantino dans ses films, c’est pas peu dire ! C’est amusant et en tant que geek j’apprécie de constater que j’ai approximativement toutes les références, ça change de Vian. Par contre, la façon dont le roman s’est construit (le format original était une page publiée par jour sur un blog pendant quelques mois) implique une lecture assez désagréable sous forme de livre (ebook en l’occurrence). Ainsi, le roman devient assez indigeste, l’impression de répétition est assez constante et même envahissante, légitime ou non pour la narration, trop c’est trop.

Le style littéraire est simple, un peu trop peut-être. J’ai aimé certaines idées, ne serait-ce que les ingêneurs, j’ai à peu près adhéré à l’idée de la noétie également, par contre les maisons qui s’affrontent et quelques autres trucs ne m’ont pas du tout convaincu. C’est surtout l’overdose de rebondissements genre "ah ah, vous ne l’aviez pas vu venir, tout était prévu dans mon plan depuis le début" qui a fini par me lasser… Dans l’ensemble, je ne suis pas convaincu, mais j’en suis déçu…

La petite marchande de prose

la-petite-marchande-de-prose-303.jpg : « La petite marchande de prose » de Daniel Pennac : Monsieur Pennac je vous aime !

J’aime son style d’écriture, j’aime sa façon de me balader dans ses intrigues, j’aime ses personnages… j’aime Daniel Pennac ! C’est poétique, c’est intrigant, c’est bourré de suspens, de fausses pistes, de dénouements inattendus… c’est le troisième livre de Pennac que je lis. J’ai dévoré « La petite marchande de prose », une fois commencé, impossible de m’arrêter !

Benjamin Malaussène se retrouve encore une fois au cœur d’un gros tas d’emmerdes et on ne peut plus au centre d’une enquête de police. Tous les personnages que Pennac a développé dans les précédents volumes de la saga sont là et il est très agréable de les retrouver. Pendant une bonne partie du livre, je me disais régulièrement (en parlant de l’auteur pas d’un personnage) : « Il n’a pas pu lui faire ça ? Il ne peut pas lui faire faire ça ! Comment il va le sortir de là ? Comment il va la sortir de là ?» du coup impossible d’arrêter tant que je ne comprenais pas. Et finalement tout s’imbrique tellement bien, tout semble logique (dans l’univers Malaussène en tout cas).

Imaginez un joli mécanisme parfaitement huilé digne d’une montre suisse (début du roman), vous ajoutez un grain de sable (le mariage de Clara, jusqu’ici pas de surprise, je vous suis Monsieur Pennac), puis deux, puis trois (George R. R. Martin qu’est-ce que vous faites dans à ce roman ?), puis vous déversez l’intégralité de la plage de votre choix dans votre mécanisme (moitié du roman, Monsieur Pennac, je ne vois pas comment vous allez vous en sortir…). Petit à petit, secouez le mécanisme pour que tous les grains disparaissent et vous retrouverez le système initial en parfait état. Profitez du sable pour édifier une statue en l’honneur de Julie et son extrême beauté (toujours aussi belle et volontaire, j’aime Julie…).

Au début du roman, mon inculture m’a obligé à chercher des informations sur deux personnes : Alexander Sutherland Neill et Henri Désiré Landru.

Le meilleur des mondes possibles

5162niZJvpL._SX298_BO1_204_203_200_.jpg : « Le meilleur des mondes possibles » de Ray Bradbury : nouvelles extraites du recueil Les machines à bonheur.

Cinq nouvelles d’un auteur que j’ai adoré lire, cinq nouvelles qui se lisent très rapidement mais que j’ai trouvées sans intérêt.

Le Petit Prince

58981905.gif : « Le Petit Prince » de Antoine de Saint-Exupéry : Dessine-moi une fable poétique.

J’ai lu « Le Petit Prince » trois ou quatre fois, enfin j’ai lu le premier tiers, trois ou quatre fois. Le livre était dans ma table de nuit (parmi une bonne dizaine de bouquins que je dois lire) avec un marque-page pas loin d’un allumeur de réverbère. Avant de partir en vacances, j’ai cherché un livre que je pourrais lire à mes enfants dans la tente. Je suis tombé sur celui-ci et ai alors pensé qu’il serait intéressant de le leur lire avant de les emmener voir le film.

J’ai été surpris car il se lit très facilement, rien n’explique que je me sois arrêté tant de fois avant la fin, je n’avais jamais apprivoisé de renard par exemple…

C’est un livre très poétique, je me rends bien compte que je ne comprends pas toute la philosophie qui y est développée, je comprends bien qu’il s’agit d’un boa mais je le vois bien souvent fermé, une bonne partie des allégories ne peuvent être comprises que par les personnes sachant voir les boas ouverts. Ce n’est pas grave, je le relirai à mon deuxième fils quand il sera en âge de mieux l’apprécier, j’essayerai alors d’être un peu moins une grande personne.

Seul sur Mars

91ez0TgepRL.jpg : « Seul sur Mars » de Andy Weir : Maman, j’ai raté la navette.

Comme pour Au bonheur des ogres et Je suis une légende, c’est une bande annonce de film qui m’a donné envie de lire un livre. En l’occurrence, la bande annonce du prochain film de Ridley Scott m’a donné envie de lire « Seul sur Mars ». J’ai regardé le trailer du film deux fois : une pour moi et une pour montrer à ma femme un extrait qui me semblait intéressant.

Sauf que, contrairement aux fois précédentes, Google est entré en jeu : J’ai acheté, il y a peu, un nouveau téléphone et j’ai lancé un bon nombre d’applications qui étaient pré-installées lors de ma phase de personnalisation/nettoyage. Parmi les applications : Play Livres. Je ne sais pas si c’était une coïncidence ou si Google s’est inspiré de mon surf sur Allociné mais dès le lancement de l’application, Google me propose de lire un extrait de… « Seul sur Mars ». Oui, merci Google de regarder tout ce que je fais, je vais suivre tes recommandations et retourner voir ce que devient Duck Duck Go car ton omniprésence me fait un peu peur… Je lis donc les trente premières pages sur mon téléphone. J’ai couru ensuite dans la librairie la plus proche (je ne voulais pas acheter un livre numérique très certainement avec DRM) pour acheter la version papier.

Dire que ce livre est prenant est un doux euphémisme. Ma femme a commencé à le lire, profitant d’un moment où je faisais autre chose. Nous avions tellement envie de continuer nos lectures que nous avons lu une partie du livre en simultané, la centaine de pages qui nous séparaient étaient à la verticale pendant que nous lisions allongés l’un à côté de l’autre : Impossible d’attendre que l’autre finisse ou ne fasse une pause pour continuer.

L’histoire est très bien résumée dans l’extrait vidéo du film : En gros, un astronaute est laissé pour mort sur Mars, il va devoir faire preuve d’ingéniosité pour survivre et tenter de rentrer sur Terre.

Si les éditeurs pouvaient faire des résumés de tous leurs livres sous forme de courts-métrages aussi alléchants que cet extrait de film, cela aiderait très certainement les gens à acheter plus de bouquins…

Le livre est vraiment très sympa, il se dévore. Bourré de calculs et de technique, parsemé d’humour très sympa, « Seul sur Mars » est avant tout un compte à rebours haletant. Le livre est souvent comparé à « Seul au monde », « Robinson Crusoé », pourquoi pas… Personnellement, j’ai ressenti le même plaisir que celui que j’avais éprouvé en regardant la première saison de Prison Break, pour ce qui est du suspens, mais avec un côté geek en bonus, génial !

Manuel de typographie française élémentaire

IMG_20150712_113949.jpg « Manuel de TYPOGRAPHIE FRANÇAISE élémentaire » de Yves Perrousseaux − Huitième édition

Depuis que j’utilise un clavier Bépo, je suis beaucoup plus respectueux de la typographie française. Les apostrophes, quand vous n’avez pas la touche sur votre clavier, vous ignorez jusqu’à leur existence et vous pensez que ’ et ' sont équivalents… c’est très dommage pour la langue française. De nombreux collègues me prennent pour un fou lorsque je signale qu’il y a une faute dans un poster ou une publication lorsque, par exemple, je vois un horrible 2x9 au lieu de 2 × 9 (la lettre x n’est pas le signe de multiplication !). Je suis donc devenu, un relecteur de nos productions. Je suis pris pour un fou par certains mais d’autres me poussent même à entretenir cette folie. Julien a eu l’extrême gentillesse de me prêter son exemplaire de « Manuel de TYPOGRAPHIE FRANÇAISE élémentaire » un ouvrage particulièrement intéressant. Je pense qu’il s’agit là d’une petite bible de la typographie auquel nous devrions tous avoir accès en primaire, au collège, au lycée… Je vais rendre à contre cœur cet ouvrage à mon collègue donc je vais m’empresser d’en acquérir un exemplaire.

La première partie du livre, un historique de notre écriture, est passionnante ! Ensuite, les règles typographiques élémentaires sont ni plus ni moins qu’un ensemble de règles auxquelles il est toujours intéressant de pouvoir se référer (encore et encore) dès que l’on a un trou de mémoire sur le bon usage. Un livre que je vous recommande chaudement !

Les Montagnes hallucinées

1374.jpg : "Les Montagnes hallucinées" de Howard Phillips Lovecraft : Un terrible secret au pays des manchots.

Ce terrible secret, je vais vous l’avouer directement, c’est que l’œuvre de Lovecraft est d’un ennui mortel, n’a pas vraiment d’intérêt, est chiante à mourir. Voilà, cet avis n’engage que moi, vous savez maintenant ce que je pense des Montagnes hallucinées.

Pendant la première moitié du livre, j’ai eu l’impression de lire une description interminable. Cette sensation était qui plus est exagérée par le fait que toutes les distances et tailles sont dans une unité de mesure qui devrait être interdite par la loi (système impérial) ! Une ou deux mesures en pouces ou en miles dans un livre, ça m’agace mais je fais avec, mais Lovecraft donne les mesures de tout, en permanence, c’est une vraie torture.

L’histoire est celle d’un scientifique revenu d’une expédition en Antarctique qui a fini façon "Le huitième passager", il souhaite donc dissuader toute autre expédition. Mais avant de décrire les ignobles monstres tueurs, le scientifique décrit l’ensemble de son périple et de ce qu’il avait découvert. Il décrit l’histoire complète des êtres en question ainsi que de leur évolution,… il a appris cela en regardant leurs sculptures. Honnêtement, arrêtez de lire ou produire des manuels d’Histoire, étant donné l’immense quantité d’informations recueillies sur quelques sculptures, faites par une race extraterrestre qui plus est, la méthode des manuels est clairement inefficace ! Plusieurs fois, en lisant le texte, je me disais : « Il a appris tout ça en regardant quelques sculptures ??? »

Certains artistes, lorsqu’ils lisent Lovecraft, sont très inspirés et imaginent des entités cauchemardesques :

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Pour ma part, la juxtaposition d’éléments au fur et à mesure de la lecture (« Ah bon, ça a des tentacules en plus ? Ah, et des ailes ! Ah, et… mais bordel c’est quoi cette bestiole !! »), me donnait plus l’impression d’un fourre-tout ridicule  :

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Bref, je pense très sincèrement que c’est la première et dernière fois que je lis un livre de Lovecraft.

La planète des singes

9782266138604FS.gif : "La planète des singes" de Pierre Boulle : Ce n’est pas au vieux singe qu’on apprend la relativité générale

Je me suis surpris, au début du roman, à me demander si un mot était un choix de l’auteur ou du traducteur (des personnages parlent « français » par exemple), tellement j’ai l’habitude de lire des romans de science fiction traduits de l’anglais. Pour une fois que l’auteur et les protagonistes sont français, ne boudons pas notre plaisir.

L’histoire globale est assez connue. Il y a eu de très nombreuses adaptations ciné depuis la sortie du livre en 1963, même si aucune d’entre elle ne reprend complètement le récit original, le principe reste le même : des humains se retrouvent sur une planète où les singes sont l’espèce dominante et les hommes des animaux.

Ce qui m’a amener à lire ce roman est assez peu commun. J’ai vu la version de Tim Burton en 2001, je ne l’ai pas détestée mais je ne l’ai pas tellement aimée non plus, surtout sur le coup. La fin m’avait laissé particulièrement perplexe et l’ensemble du film était assez plat à mon sens, surtout pour un fan de « Batman le défi », « Beetlejuice » et « L’étrange Noël de Mister Jack ». Pourtant avec le recul, je comprends mieux toute la virulence du message. Il y a peu j’ai vu « La Planète des singes : Les Origines » que j’ai oublié très vite, le film est sympa mais sans âme, comme beaucoup de productions hollywoodiennes, trop formatée peut-être, tout est tellement convenu, l’impression que toute réflexion est pré-mâchée… Dans un coin de ma tête, je continuais à être hanté (oui vraiment, je crois que c’est le bon mot, hanté !) par la fin du film de Burton.

Afficher « Spoil film de burton »Masquer « Spoil film de burton »

À la fin de ce film, le héros retourne sur Terre et se retrouve face à une civilisation exactement similaire à la notre mais où les singes remplacent les humains. Certains commentaires sur internet expliqunt que Burton montre ainsi que le protagoniste principal à changé de regard sur le genre humain suite à ses aventures et qu’il ne fait alors que constater que sur Terre (non plus dans le film mais dans le monde réel), les humains ont des comportements qui pourraient être qualifié de primates. Une façon de critiquer l’animalité de l’homme, en somme…

Un jour, j’entends sur France Cu, une personne expliquant que la fin de Burton est celle qui se rapproche le plus du livre. Je pense alors que la solution pour mieux comprendre cet univers et pour me débarrasser de cette obsession qui me revient en tête régulièrement, est peut-être de passer par le livre. J’avais peur d’avoir trop les images d’un des films en tête pendant ma lecture mais finalement, non. Tant mieux car c’est très pénible comme sensation, ça vous le fait vous aussi ? Chaque film s’inscrit et critique sa propre époque (le film de 67 le nucléaire ; celui de Burton, les armes à feu ; Les Origines, bah euh c’est un chouette divertissement, bon j’exagère mais vous avez compris l’idée), le livre critique également à tout va la société humaine. Tout le monde en prend pour son grade et c’est finalement le livre qui m’a le plus touché. Non pas parce que je travaille dans un milieu scientifique et que les scientifiques en prennent pour leur grade (et pas seulement ceux qui pratiquent des expériences sur des singes, ce qui est assez évident) mais tout ceux qui ont des comportements dogmatiques, entre autre d’ailleurs. En fait,…

Afficher « Spoil Livre »Masquer « Spoil Livre »

la raison pour laquelle les singes dominent la planète Soror est révélée assez tardivement dans le livre mais c’est une très belle critique de notre société, j’ai particulièrement apprécié cette idée, cette façon d’amener cette réflexion. La domination de la société par une espèce imitatrice suite à la résignation de l’humain et sa paresse intellectuelle. Quel message pourrait mieux donner envie de poser sa télécommande, ouvrir un livre ou un cahier ?

Certes les films apportent chacun leur propre regard mais je me sens moins touché par le message de Tim Burton (celui qui m’a le plus touché pourtant), peut-être parce que son message était peut-être plus adressé aux américains, que par le message du livre de Pierre Boulle, le regard qu’il nous apporte ici, me semble plus universel.

J’ai commencé ce livre dans le but de mieux comprendre un univers, j’en ai finalement grandement apprécié la lecture.

La fée carabine

1193481796.jpg : "La fée carabine" de Daniel Pennac : Pennac est une drogue !

Après avoir lu Au bonheur des ogres, il était assez logique de continuer la saga Malaussène… J’aime vraiment le style de Daniel Pennac, il est certainement l’auteur dont j’apprécie le plus l’écriture, avec Terry Pratchett.

Comme dans le précédent volume de la saga, il est question ici d’une enquête policière dont les différentes pièces s’assemblent au fil des pages de façon originale. Une histoire avec des vieux, des meurtres, une disparition, de la drogue, tout est là et tout s’assemble parfaitement. La famille Malaussène est toujours aussi spéciale, leurs aventures rocambolesques. La veuve Ho et l’inspecteur qui "l’héberge" ont une relation particulière qui m’a énormément plu, la façon dont cela est décrit est un véritable délice.

Dracula

Dracula1st.jpeg : "Dracula" de Bram Stoker : Twilight avec des qualités littéraires

La construction narrative de ce classique de la littérature m’a fait pensé aux Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos que j’ai lu il y a bien longtemps et que j’avais adoré. Le roman est un ensemble de lettres, notes et journaux permettant aux lecteurs de suivre les aventures de l’ensemble des protagonistes et qui est un élément important dans l’histoire pour ces mêmes protagonistes. Comme pour Frankenstein ou le Prométhée moderne ou « L’étrange cas du Docteur Jeckyll et Mister Hide », la lecture de ce classique m’a semblée très intéressante.

Le combat contre le comte Dracula est bien différent de ce à quoi nos films et séries contemporains nous ont habitués. Van Helsing ne ferait pas le malin s’il se trouvait en concurrence avec Buffy ou Abraham Lincoln lors d’un entretien d’embauche pour tueur de vampires, mais les personnages sont ainsi bien plus crédibles.

Les groupes sanguins ayant été découverts par Karl Landsteiner en 1900 (soit 3 ans après la sortie du livre), il est assez amusant de lire, aujourd’hui et avec nos connaissances, les passages du livre où une femme subit successivement trois transfusions sanguines de trois hommes différents, et qu’elle se porte bien mieux car il s’agit du sang de trois hommes vigoureux et plein de vie. L’usage de Brandy ou autre alcool pour tout remède est assez remarquable également pour notre génération. Sans parler de certaines remarques qui seraient aujourd’hui considérée comme de la misogynie ordinaire. Un décalage qui m’a amusé et qui montre bien les évolutions de mentalités et progrès qui ont été accomplis en un siècle.

Les Annales du Disque-Monde : Trois sœurcières

Trois-soeurcieres.jpg : "Trois sœurcières" de Terry Pratchett : Shakespeare à Ankh Morpork

Dernièrement, j’ai commencé plusieurs livres et n’ai pas réussi à être captivé suffisamment pour les finir. Comme je souhaitais sortir de ce cycle infernal, j’ai ouvert un Terry Pratchett, du moins un de ses livres… Avec les Annales du Disque-monde je sais que je ne pourrais pas m’arrêter avant la fin, je sais que mon marque-page sera déchiqueté pour laisser plein de mini marque-pages là où des phrases croustillantes ou des réflexions intéressantes m’auront particulièrement plu (je me restreins car un marque-page par page n’est pas très utile).

Un livre parodiant Shakespeare, réflexion sur l’influence de l’histoire sur l’Histoire, bourré de délires hilarants, dialogues improbables et savoureux, du grand Pratchett…

Un rapide résumé : Le duc tue le roi, un héritier est confié à des sorcières qui le confie à une troupe de théâtre, Nounou ogg devrait penser à faire stériliser son chat si on veut éviter des problèmes de consanguinité chez les matous de Lancre, le fantôme du roi n’aime pas sa situation, le duc devrait consulter, le fou du roi l’est de Magrat, ce résumé est incompréhensible parce que.

Flatland

455px-Flatland_cover.jpg "Flatland" de Edwin A. Abbot : Bienvenue dans un monde en 2 dimensions.

Flatland est un livre très original écrit en 1884. Le narrateur est A. Carré (ce qui est assez amusant pour moi, qui m’appelle Anthony Carré), un carré qui vit dans un monde en deux dimensions, il décrit son univers et la rencontre qu’il fera avec une sphère. À Flatland, plus vous avez de côtés, plus vous êtes de haut rang dans la société. Les dirigeants sont des cercles, les triangles des soldats ou des ouvriers, les femmes sont… des segments. L’univers de Flatland est tellement particulier qu’une énorme partie du roman est consacré à la description de celui-ci. Le ratio histoire/description est assez faible et j’aurais aimé que la fin soit légèrement plus développée. Toutefois, le roman reste très bien, tellement original… Disons qu’on aimerait en avoir plus encore. D’ailleurs pour en avoir plus, je me demande si je ne vais pas faire l’acquisition d’un court métrage inspiré du film.

Flatland: The Movie trailer from Collection Agency Films on Vimeo.

Pour en revenir au roman, j’ai lu la version téléchargeable gratuitement sur ebooksgratuits.org (le livre est libre de droit, la traduction par contre, j’ai quelques doutes… mais bon). J’achèterais bien le roman édité par Zones sensibles tant celui-ci semble beau.

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Pour l’anecdote, notez que Sheldon se rend régulièrement à Flatland :

Le visiteur du futur – La meute – 1 – Après l’heure, c’est plus l’heure

9782820515766.main.png"Le visiteur du futur – La meute – 1 – Après l’heure, c’est plus l’heure" de Slimane-Baptiste Berhoun : Un titre plus long est considéré comme un roman.

J’aime beaucoup l’univers du visiteur du futur, tout simplement parce que c’est fun. Après la saison 4, si on veut en connaître plus sur le plus casse burnes des Marty McFly, changement de media, on passe au roman. Changement de réa également puisque c’est Slimane qui est aux manettes (avec François Descraques bien sûr). J’ai plutôt aimé les autres projets de Slimane donc j’ai voulu lire la prose du docteur Castafolte.

Mon avis en quelques mots : Un défaut, c’est court ; une qualité, c’est bon !

Outre l’histoire qui semble bien ficelée (mais jugée avec le premier volume seulement n’est pas facile), l’écriture est particulièrement drôle. Énormément de méta-humour très bien pensé, un régal. Si j’aime Pennac ou Pratchett, c’est pour leurs écritures particulières, pas seulement pour leurs histoires. Pour quelqu’un comme moi, cette première partie est donc une véritable dose de cocaïne offerte à la sortie de l’école. Oui, parce que la première partie est gratuite, téléchargeable sur le site du visiteur, mais pour la suite il faudra payer. Bah, maintenant que je suis accro… Pour être honnête, je pense qu’offrir cette première partie est une très bonne idée car cela permet d’apprécier la qualité d’écriture de Slimane. J’aimerais qu’une version papier sorte, pour satisfaire mon côté collectionneur, au pire je me ferai à l’idée d’acheter du dématérialisé, je ferai l’effort…

Une pépite !

Au bonheur des ogres

bonheur_ogres.jpg : "Au bonheur des ogres" de Daniel Pennac : Et que ça saute !

En tombant par hasard sur la bande annonce de l'adaptation de Nicolas Bary, j'ai commencé par être intrigué par la photographie qui me semblait vraiment sympa, j'ai ensuite été intéressé par les dialogues,… bref, le film semblait plaisant. En constatant qu'il s'agissait d'une adaptation, j'ai préféré emprunté le livre à la bibliothèque et apprécier l'histoire originale avant de voir éventuellement le film.

L'histoire de Ben Malaussène, bouc émissaire d'un grand magasin où les bombes explosent un peu trop souvent est particulièrement originale. Les personnages sont haut en couleurs, ses relations avec ses frères et sœurs assez géniales.

J'apprécie beaucoup l'écriture de Daniel Pennac, de nombreux passages sont vraiment plaisants, le roman se dévore plutôt rapidement. Petits extraits que j'aime particulièrement :

« Beaucoup trop payé pour ce que je fais, mais pas assez pour ce que je m'emmerde. »

« Paumés dans l'imagination qui se vide, Jib la Hyène et Pat les Pattes commencent à tirés la langue. Les enfants me menacent de me remplacer par la télé si je flanche. »

Frankenstein ou le Prométhée moderne

1472.jpg : "Frankenstein ou le Prométhée moderne" de Mary Shelley : Connaître ses classiques…

Après ma lecture du Procès de Kafka, j'ai voulu télécharger quelques livres numériques pour les emporter avec moi dans le car. Parmi la liste des livres libres de droit qui étaient disponibles directement dans FBReader, il y en a un qui m'attirait particulièrement : "Frankenstein ou le Prométhée moderne". Je ne pourrais pas expliquer pourquoi ce texte m'attirait inextricablement mais il fallait que je le lise. C'est d'ailleurs ce que j'ai fait et très rapidement d'ailleurs, étant donné mon aptitude très limitée à lire vite, je peux dire que j'ai dévoré cet ouvrage.

J'ai lu "L'étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde" il y a quelques années pour connaître l'histoire à l'origine du mythe. Avec toutes les versions et dérivés que l'on connaît tous plus ou moins, on a une image parfois faussée de l'œuvre originale. Je me souviens que j'avais apprécié cette lecture même si j'avais eu la regrettable impression d'avoir été victime d'un horrible spoil avant ma lecture. Je me demande quelle force aurait eu la découverte de la véritable identité de Hyde si j'avais vécu dans une caverne les années précédant ma lecture.

Frankenstein, je connaissais évidemment l'image du savant fou dans son manoir qui donne vie, un soir d'orage, à un monstre peu loquasse avec un gros boulon dans la tête. J'avais vu également (il y a pas loin de 20 ans, déjà !?) la version de Kenneth Branagh avec Robert De Niro,… bref, je connaissais quelques versions du mythe. Toutefois, lors de ma lecture, je n'ai jamais eu l'impression d'avoir été victime préalablement d'un spoil. J'ai été même très agréablement surpris de constater que les personnages sont très loin d'être aussi manichéens que je ne le pensais a priori. Plus agréable encore, j'ai apprécié de constater que le récit ne se focalise pas sur le fantastique, le surnaturel ou les techniques employées par Frankenstein pour donner vie à la créature. Au contraire, le récit s'attarde beaucoup sur les sentiments, sur la psychologie des protagonistes, leurs vécus,… c'est réellement passionnant et rend le récit crédible et surtout intemporel, ce qui est intéressant lorsque la lecture se fait 195 ans après l'écriture.

Autre point qui m'a quelque peu surpris, la construction narrative : Robert Walton raconte dans un ensemble de lettres, sa rencontre avec Victor Frankenstein, puis il rapporte l'histoire de Victor Frankenstein, puis Victor Frankenstein rapporte les propos du monstre qu'il a créé, puis on revient au narrateur initial en repassant préalablement par Victor, un peu comme si la narration était construite sous la forme d'une poupée russe. Cette construction m'a intriguée.

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