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Médiumnité

Un proche m’a demandé, il y a peu, ce que je pense des livres qui fleurissent à propos de discussions possibles avec les morts. Un autre m’a fait bondir en m’expliquant que « certes, il y a des charlatans mais il y a également de vrais voyants qui peuvent voir l’avenir, c’est indéniable ». J’avais donc pensé rédiger un billet sur la médiumnité dans la catégorie « S’enquérir » de ce site, listant l’ensemble des informations fiables que l’on a sur le sujet. Mais Clément FREZE a tellement bien fait le boulot que sa vidéo plie le game :

Tout est dit…

Compléments :

Acupuncture

Jusqu’alors, l’acupuncture était pour moi à ranger dans la catégorie pseudo-science. Pour cela, je m’appuyais entre autre sur :

(lisez ces articles ils sont très intéressants !)

Mais il y a peu je tombe sur une interview de Caroline Barry, chercheuse et méthodologiste à l’Inserm, pour « Les idées claires » de Nicolas Martin :

Cette personne est plus compétente que moi pour juger de l’efficacité de cette technique, Nicolas Martin est quelqu’un que j’estime beaucoup, la façon dont l’acupuncture est présentée semble vraiment positive, que dois-je conclure ?

Il y a certains points soulevés ici que je suis incapable de contredire ou confirmer, je laisse donc passer, mais certains points me semblent toutefois bien étranges :

Tentative de compréhension

L’acupuncture est-elle efficace ?
Oui, il y a de très belles études scientifiques qui montrent une efficacité de l’acupuncture. Elle amène un soulagement à certains patients qui ont mal au dos, qui ont mal à la tête de façon extrêmement régulière, ou pour les nausées et les vomissements chez les patients en chimiothérapie par exemple.

Efficace, personne n’en doute. La façon dont la réponse est formulée ne permet pas de savoir si ce "efficace" correspond à "aussi efficace" ou "plus efficace" que les effets contextuels". On apprend donc rien ici. Mais cela laisse dans tous les cas une impression positive.

Est-elle plus efficace que la médecine pour certaines maladies ?
Il y en a très peu pour lesquelles l’acupuncture fait mieux que la médecine conventionnelle, mais il y a les lombalgies chroniques par exemple.

Et pourtant… la meta étude The effectiveness of acupuncture in treatingchronic non-specific low back pain: a systematicreview of the literature (doi:10.1186/1749-799X-7-36) conclut : « This review provides some evidence to support acupuncture as more effective than no treatment, but no conclusions can be drawn about its effectiveness over other treatment modalities as the evidence is conflicting » ce qui se traduit à la hâche « plus efficace que rien mais impossible de dire si c’est mieux qu’un placebo »

L’acupuncture est-elle efficace dans beaucoup de maladies ?
En général, dans la quasi-totalité des pathologies, il n’y a pas de données ou alors des données de très mauvaise qualité. Donc, sur la quasi-totalité des pathologies, on ne peut ni conclure que l’acupuncture est efficace, ni conclure que l'acupuncture est inefficace, il n’y a pas de données, on ne sait pas.

Pas de données ? Dans « Évaluation de l’efficacité et de la sécurité de l’acupuncture » de l’Inserm (et dont elle est auteur), on peut pourtant lire dès l’introduction page 2 : « L’évaluation des thérapeutiques dites "non conventionnelles" est en général rendue difficile voire impossible du fait d’un manque de données. Ça n’est définitivement pas le cas en ce qui concerne l’acupuncture. Plusieurs milliers d’essais sont disponibles dans un grand nombre d’indications. Les revues synthétiques de la littérature et autres méta-analyses réalisées sur le sujet se comptent également par centaines ». On ne peut donc pas vraiment dire qu’on manque de données. On peut conclure que toutes ses données sont de mauvaise qualité, certes, mais cela indique peut-être que les acupuncteurs ne souhaitent pas vraiment savoir…

Pourquoi n’y a-t-il pas plus d’essais cliniques ?
Le moteur principal, c’est l’argent. L’industrie pharmaceutique peut se permettre d’évaluer des médicaments, parce qu’elle a déjà des médicaments qui lui rapportent de l’argent et parce qu’elle sait qu’elle va rentabiliser. Les acupuncteurs n’ont pas la force monétaire suffisante pour faire de nombreux essais thérapeutiques. L’État non plus ne peut pas se permettre d’évaluer toutes les pathologies en acupuncture. Après, il y a des difficultés méthodologiques qui sont importantes comme le fait de devoir mesurer l’effet placebo ou le fait que le traitement soit individualisé. Ce sont des difficultés méthodologiques mais elles sont surmontables et on peut mesurer l’efficacité de l'acupuncture par un essai clinique.

Dès que l’on fait appel à l’argument "big pharma", j’ai tendance à me méfier. Quand je vois tout l’argent que dépense Boiron et consorts en communication pour ne pas perdre le remboursement par la sécurité social, j’ai tendance à croire que les acupuncteurs auraient tout intérêt à établir les preuves d’une efficacité supérieure aux effets contextuels pour avoir droit au précieux remboursement. Page 26 de l’évaluation de l’Inserm citée précédemment on lira tout de même « Les publications médicales et scientifiques en acupuncture sont très nombreuses ; le volume annuel des publications ayant suivi une très forte progression sur les quarante dernières années » ce qui entre un peu en contradiction avec le message… D’ailleurs on peut également lire « Fin 2013, Medline, base de référence pour les travaux de recherche d’audience internationale dans le domaine biomédical, référence 16609 articles avec le Terme Mesh "Acupuncture" dont plus de la moitié (9505/16609) ont été publiés depuis 2000 ». On semble quand même très loin de "force monétaire insuffisante"…

Quels sont les effets indésirables ?
Les effets indésirables dans le contexte français, il y en a très peu parce que l’acupuncture est bien intégrée au système de soins donc elle est effectuée par des médecins dans des conditions de stérilité qui sont correctes. En France aussi, il y a peu d’échappement aux soins en acupuncture. Le danger maximum d’échappement aux soins c’est dans le cas de cancers. Comme il y a beaucoup de centres de cancérologie qui offrent des traitements complémentaires, les patients ne vont pas sortir du centre pour faire de l’acupuncture, ils vont le faire à l’intérieur donc ça les aide à subir les effets indésirables sans échappement aux soins.

La formulation laisse penser que l’acupuncture est très sûre et présente très peu d’effets indésirables… Pourtant, dans Quand l’aiguille d’acupuncture atteint le poumon on peut lire un tout autre constat, qui est assez effrayant d’ailleurs ! Je ne peux pas dire si le nombre de cas est très important mais ceux-ci ne sont pas négligeables et sont assez graves ! Éluder ces problèmes est une façon très discutable de laisser une impression très positive qui me semble assez partiale ici…

Conclusion

Comme Caroline Barry connaît bien mieux que moi son propre rapport, je peux supposer que je suis victime d’un cherry-picking lié à un biais de confirmation. Je veux donc bien augmenter mon curseur de plausibilité pour cette pratique mais je n’y aurai pas recours pour l’instant car l’acupuncture a tellement de prétentions, revendique tellement de capacités, sans s’appuyer sur des faits ou continuant malgré les contre-preuves, qu’il m’est impossible de savoir quels cas sont vrais et ont un ratio bénéfices/risques positif. Disons, que je ne considère plus l’acupuncture comme une pseudo-science, elle passe au statut de   potentielle technique de soin alternative ayant du mal à démontrer une efficacité supérieure à l’effet placebo mais tentant parfois d’y travailler selon des normes scientifiques convenables, s’appuyant sur de vieilles croyances ésotériques dont elle aurait tout intérêt à se débarrasser et nécessitant un gros nettoyage de prétentions. C’est déjà ça…


Mise à jour 30 juin 2019 : Suite à ma lecture de https://twitter.com/CitronAlcalin/status/1133734112198615041, je ne sais plus trop quoi penser, je suspends mon jugement.

Météo et pollution, comparaison Rennes / Saint-Brieuc

Je dis régulièrement qu’à Saint-Brieuc (chez ma belle-famille) j’ai froid alors que chez moi il fait meilleur (Rennes). On m’explique alors que c’est un climat plus tempéré car plus près de la côte, que si l’été est plus doux donc plus froid, l’hiver est également plus doux donc plus chaud… Pourtant, je n’ai moi-même pas du tout cette sensation de douceur de l’hiver Briochin mais puisqu’on ne parle que d’impression personnelle, de sensation de froid on reste dans le subjectif… Comme j’en ai marre de me fier à des sensations, j’ai voulu me confronter aux faits (source) :

meteofrance.com-climat-comparateur.png

Pour la pluviométrie les deux villes sont plus ou moins équivalentes, pour l’ensoleillement Rennes est toujours un tout petit peu au dessus. L’adoucissement des températures est léger et seulement vrai pour les minimales en hiver mais il existe tout de même, il faut l’admettre. La différence entre les maximales en hiver n’est pas plus forte que les minimales mais cette fois c’est Rennes qui est un tout petit peu plus chaud. Le reste du temps, il fait plus chaud à Rennes.

Mais on m’oppose régulièrement également que si Rennes est plus chaud, c’est juste parce que c’est une ville polluée… Et alors, je ne sais pas quoi répondre… C’est vrai qu’il y a régulièrement des alertes à la pollution, Saint-Brieuc étant près de la mer il y a peut-être un bon air marin qui souffle sa pollution, j’en sais rien, c’est tout à fait possible, je suppose que c’est vrai… Hier, je tombe par hasard sur le site airbreizh qui fourni une carte de la Bretagne avec son bulletin de l’air quotidien et un historique des relevés de pollution. Le bulletin ne semble étrangement pas très différents pour les deux villes, certains jours, la ville de Saint-Brieuc semble même plus polluée que Rennes, ce qui serait contraire à l’idée d’un air marin purificateur. Je ne pouvais pas rester dans flou, j’ai donc récupéré les datas et tracé :

pollution_rennes-saint-brieuc.png

Pour l’ozone (O₃) et les particules fines en suspension (PM10), Saint-Brieuc est plus polluée que Rennes. Pour la pollution au dioxyde d'azote (NO₂) c’est Rennes qui est plus polluée. La différence de température ne semble pas franchement corrélée à la différence de NO₂. Il me semble donc, que les données ne permettent ni de conclure simplement que Rennes est sans équivoque plus polluée que Saint-Brieuc, ni que la différence de température est due à la pollution.

Je trouve intéressant de constater que les faits sont parfois contraires à nos intuitions mais que l’accès aux données permet de tester assez facilement celles-ci.

Rhume et froid

Un collègue, il y a peu, m’indiquait qu’il estimerait responsable s’il attrappe un rhume, puisque je l’invite à vapoter dehors. Je lui ai dit que le rhume ne s’attrape pas à cause du froid mais à cause de virus, mais celui-ci ne semblait pas convaincu. J’ai donc fait une mini biblio :

Il y a quelques temps, je croyais moi aussi que le froid filait le rhume, comme beaucoup de gens d’ailleurs il faut l’admettre. On m’a dit que c’était une idée reçue et il m’a fallut me faire violence et quelques jours pour que l’information soit acceptée par mon cerveau, pourtant, il ne faut pas chercher longtemps pour se convaincre :

  • Vidéo courte mais assez amusante de Max Bird sur le sujet : IDÉE REÇUE #27 : Attraper froid qui a la gentillesse de fournir ses sources où l’on a même des expériences avec des gens qui font exprès des tests pour "chopper froid".

L’AFIS (💖) en parle un peu via une note de lecture du livre « Petite philosophie du rhume » de Maël Lemoine :

Dans ce petit ouvrage, Maël Lemoine, philosophe de la médecine1, fait preuve d’une patiente pédagogie vis-à-vis de sa sœur, « esprit agile et curieux mais sans formation scientifique ou médicale », qui croit qu’on peut attraper un rhume après une exposition au froid.
[…]
Avec l’hiver qui vient, il est temps d’abandonner ce genre de superstitions en vous plongeant dans cet ouvrage didactique qui promeut l’approche rationnelle : une lecture que je recommande… chaudement !

On peut également lire ce qu’en disent les canadiens :

Est-ce que les refroidissements ou l'exposition au froid causent le rhume?
En un mot, non. Certaines personnes peuvent éternuer si leur peau refroidit. Les gens attrapent plus de rhumes par temps froids que par temps chaud, parce qu'ils tendent à demeurer à l'intérieur plus souvent et plus longtemps. Ils ont tendance à blâmer la température fraîche lorsqu'ils ont le rhume, sans penser que c'est parce qu'ils sont restés longtemps à proximité d'une personne enrhumée.
Certaines personnes pensent que l'exposition à l'air frais des climatiseurs est la cause des rhumes. Encore une fois, la température n'est pas la coupable.

Et c’est pareil pour la pneumonie d’ailleurs :

La pneumonie s'attrape le plus souvent comme une grippe ou un rhume, en inhalant des particules contaminées. Dans certains cas, elle survient après une autre infection respiratoire, comme une grippe ou une bronchite, qui « dégénère » et s'installe dans les alvéoles des poumons.

Citrons séchés et magnétiseur

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Du vécu, ce week-end, j’exagère à peine…

Pourtant, j’essaye de suivre les conseils Hygiène mentale, de La tronche en biais, de Florent Martin, de Richard Monvoisin… Je vous promets, j’essaye d’avoir autant de bienveillance qu’eux !

Le test du Centre d’Analyse Zététique : http://www.unice.fr/zetetique/CAZette/CAZette3.pdf

Énorme bisou à ma belle-sœur, que j’adore !

Aromathérapie

Les huiles essentielles… J’ai du mal à savoir quoi en penser. Alors j’ai tenté de trouver des informations fiables…

Je suis tombé sur un document intéressant (il me semble) : Bon usage des huiles essentielles, effets indésirables et toxicologie C’est une thèse de pharmacie (90 pages à lire en diagonal). C’est assez intéressant et invite à bien penser l’usage des HE. Il y a hélas aujourd’hui une vague new-age qui laisse croire que les médicaments sont dangereux et qu’il faut leur préférer des remèdes naturels, en oubliant complètement les notions de bénéfices-risques et la dangerosité des HE. Il y a des précautions énormes à prendre avec les huiles essentielles, beaucoup plus que ce que laissent croire certains gourous de l’HE

On peut lire dans ce document :

« Prenons le cas de l’HE de sauge qui sans autre précision peut désigner celle de Salvia officinalis ou Salvia sclarea. La première est principalement constituée de thuyone neurotoxique et est à l’origine de plusieurs cas de convulsions (Halicioglu et al., 2011), alors que la seconde en est dépourvue et ne présente pas un tel danger. »

« Un fermier indien de 21 ans chargé de nettoyer une citerne ayant contenu de l’huile essentielle de menthe poivrée, a ainsi été retrouvé inconscient au fond de celle-ci. A l’hôpital le jeune homme demeure dans le coma, et souffre de convulsions ainsi que d’une macro-hématurie intermittente Le patient décédera finalement 10 jours après son admission (Kumar et al., 2016) »

« Les réactions cutanées sont les plus répandues compte tenu de l’emploi majoritaire de la voie cutanée en aromathérapie. Ces réactions de plusieurs types sont souvent difficiles à prévenir »

« Les molécules aromatiques peuvent être directement toxiques pour le foie ou alors indirectement via les métabolites produits. Ainsi le menthofurane, composé hépatotoxique, qui est initialement contenu dans l’HE de Mentha aquatica, sera retrouvé à la suite du métabolisme hépatique de la pulégone contenue dans Mentha pulegium. Les coumarines elles aussi peuvent présenter une hépatotoxicité à dose élevée, associé à un effet carcinogène (Lake, 1999). »

« Certaines molécules ont tendance à s’accumuler au niveau cérébral, c’est le cas des cétones comme le camphre, la thuyone (Thuya, Absinthe, Sauge officinale) et la pinocamphone (Hysope) car elles possèdent une forte affinité pour les lipides cérébraux. Ces molécules sont responsables de troubles neurologiques telles que convulsions, agitations, somnolences, crises épileptiformes. »

« On évitera autant que possible d’employer des HEs pures par voie cutanée. Il est préférable de les diluer avec une huile végétale L’utilisation d’HEs pures pourra être envisagée pour certaines d’entre elles, considérées comme étant sans danger connu. Un test cutané est toutefois préférable pour prévenir toute réaction »

« Enfin, les HEs étant considérées par le consommateur comme bénéfiques par nature, l’effort devrait être fait sur l’information aux patients. Il doit être affiché des mentions de sécurité sur le conditionnement des HEs, et aussi sur les sites de ventes en ligne, où l’on trouve une plus grande variété d’HEs dont certaines soumises à la restriction de délivrance évoquée en première partie, et où elles y sont vendues sans conseil associé. »

« Au-delà du bénéfice procuré par les huiles essentielles, on peut toutefois se rendre compte qu’au fil des rapports mentionnés et des études analysées, il existait des risques qui, dans certains cas, pouvaient conduire à une issue tragique. »

« Dans la perspective d’une évolution des pratiques et des mentalités, il serait d’ailleurs nécessaire de multiplier les recherches sur le sujet. Celles-ci se révèlent, aujourd’hui encore, bien trop insuffisantes sur des points pourtant essentiels comme l’usage en thérapeutique, les posologies et la toxicologie. »

Il y a plein de descriptions, pleins de conseils d’usages dans cette thèse.

D’autres sites vont plus beaucoup plus loin dans la critique de l’aromathérapie : sceptiques.qc.ca/dictionnaire/aroma et charlatans.info/L-aromatherapie par exemple où l’on peut lire :

« son profil risque sur bénéfices n’est ainsi pas positif, ce qui veut dire qu’elle n’est pas recommandée en tant que traitement pour quiconque de malade. »

C’est assez péremptoire…

Un peu en complément sur le sujet, la note bd du pharmachien sur les produits naturels est très intéressante. Celle sur le rhume également.

J’ai l’impression qu’en fait, l’aromathérapie n’a pour l’instant été que très peu testée de façon fiable, c’est du moins ce que laisse entendre pleins de passages du rapport d’avril 2018, Aromathérapie scientifique en milieux de soins (177 pages) :

« Cependant, les durées de diffusion et les temps de contact couramment préconisés restent empiriques, du fait notamment des biais multifactoriels associés dans les études. Il conviendrait aujourd’hui de pouvoir définir, viades travaux d’analyses scientifiques rigoureuses, les temps de diffusion atmosphérique sécuritaires et restant thérapeutiquement efficaces, pour chaque HE à diffuser ou pour chaque type d’HE considéré (HE à phénols, HE à aldéhydes,…), tenant compte des profils biochimiques connus des HE et en fonction du volume de la pièce.  »

« Dans l’état actuel des connaissances, si ces concentrations dites douces455semblent souvent nécessaires, elles restent suffisantes cliniquement pour obtenir le bénéfice escompté. Prouver cette réalité constatée sur le terrain par les résultats cliniques favoriserait le bon usage et limiterait les coûts. »

« La valorisation de l’introduction de l’aromathérapie scientifique passe en partie par une évaluation médico-économique permettant l’identification objectivée d’une balance positive au profit de cette innovation thérapeutique. La littérature scientifique comporte à ce jour peu de travaux dans ce sens. »

« Ces résultats invitent à une grande prudence vis-à-vis de la diffusion des molécules volatiles. Dans le cadre d’un emploi raisonné, il conviendrait de reconsidérer à la baisse les temps de diffusion jusque-là empiriquement admis en attendant la mise en œuvre d’études scientifiques confirmant ces hypothèses. Il est fondamental aujourd’hui d’être capable de vérifier que la concentration de certaines molécules diffusées particulièrement ciblées (cétones, phénols, aldéhydes, monoterpènes parmi les plus courantes,…), se situe bien dans des fourchettes toxicologiquement acceptables et compatibles avec la thérapeutique »

Les retours d’expériences confirment ce que la revue de la littérature laisse transparaître en matière d’absence de réflexion consensuelle sur ce que recouvre l’aromathérapie scientifique,tant sur son fond que dans sa forme. Les facteurs d’influence identifiés ci-après objectivent en grande partie le défi croissant constaté en matière d’offres et de demandes ainsi que la nécessité de formaliser des garanties identifiables pour sécuriser l’usage scientifique des HE: essor de l’automédication au sein de la population française et du recours à des produits d’origine naturelle (en particulier des HE)dans l’objectif de rechercher une amélioration du bien-être, un soulagement des maux et/ou une guérison mais exposant, selon le niveau d’information reçue et le degré de vulnérabilité sous-jacent, à d’autres risques pour la santé…

En lisant ce rapport, qui semble à première vue, être un consensus d’experts, les preuves de bénéfices-risques de l’usage des huiles essentielles hors protocole hospitalier me semblent loin d’être aussi évidentes que ce que le suggèrent les livres que l’on trouve à Nature & Découvertes, les "bibles des huiles essentielles" ou le bouche à oreille… Si vous avez des informations complémentaires fiables, je suis preneur.

En tout cas, les gens ont tendance à faire un dangereux amalgame naturel=bon, je sais qu’il faut se méfier de cette idée.

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Complément juin et septembre 2019 :

On peut lire dans la conclusion du mémoire de M2 Master Ingénierie de la Santé de Justine MONVOISIN « L’aromathérapie dans les études cliniques − Quelles sont les preuves de l’efficacité de l’aromathérapie ? » soutenu en octobre 2017 :

Même si les HE font l’objet de plusieurs études in vivo, in vitro et cliniques, l’efficacité de l’aromathérapie n’est pas encore convaincante et reste à confirmer.

L’article de FuturaSciences L’aromathérapie : ce que dit la science arrive à la même conclusion :

Plébiscitée par les naturopathes, l'aromathérapie consiste à se soigner à l'aide d'huiles essentielles. Pourtant, l’aromathérapie n'a rien de naturel. De plus, ce n'est pas très efficace et cela peut s'avérer dangereux

Le pharmachien a produit une page assez complète sur le sujet, où il tente de répondre à 3 questions : Mécanisme d’action plausible ? Efficace ? Sécuritaire ? On peut y lire :

Certaines huiles sont irritantes ou peuvent même brûler la peau, par exemple : cannelle, laurier, pin, menthe poivrée, origan, basilic, girofle, sarriette. Pour cette raison, elles doivent presque toujours être diluées avant leur utilisation.
Certaines formes d’huile de menthe sont toxiques pour le foie.
L’huile de sauge, de camphre et d’eucalyptus peuvent causer des convulsions chez les enfants.
L’huile de lavande et d’arbre à thé sont suspestées d’être des perturbateurs endocriniens.
L’huile de muscade peut causer des hallucinations.

Détox

L’ostéopathe de mon beauf, lui a conseillé une détox du foie. Il y a peu j’ai tenté de réunir quelques informations sur l’ostéopathie et j’avais été assez chamboulé par cette détox de foi 😅

Il est temps pour moi de réunir ici les informations à propos des détox :



  • Sur France Culture, Nicolas Martin a des arguments complémentaires, assez clairs :


Je crois que j’ai maintenant suffisamment d’informations à propos de la détox, pour pouvoir estimer que c’est du charlatanisme.

Pourquoi je n’irai plus consulter d’ostéopathe

J’ai indiqué à mon médecin ma volonté de ne plus consulter d’ostéopathe, voici mes raisons.

La vidéo qui a été le déclencheur d’un refus complet de retourner voir un ostéopathe a été pour moi Ostéopathie - Enquête de santé - sur France5  :

Une vidéo aussi complète qu'intéressante. 1h40 c'est relativement long mais il est parfois nécessaire de prendre du temps pour comprendre complètement un phénomène. Elle m’a ouvert les yeux sur la pratique et m’a incité à me renseigner auprès de d’autres sources :

Dans la revue « Sciences… et pseudo-sciences » de l’AFIS (Association Française pour l’Information Scientifique) n°272 (juillet-août 2006), l’article « Ostéopathie - Chiropraxie, l’Académie de Médecine s’exprime sans ambiguïté » par Jean Brissonnet me semble particulièrement intéressant. Si sa lecture complète me semble important, nous pouvons tout de même isoler quelques informations cruciales :

Il existe une grande hétérogénéité dans les conditions d’accès des étudiants et dans la formation des ostéopathes non médecins et des chiropracteurs. Il existe de plus en plus d’écoles privées qui délivrent un enseignement (fantaisiste) mais calqué sur l’enseignement médical et conduisant à des pratiques considérées jusqu’à la Loi de 2002 comme illégales et favorisées par une publicité permanente.

L’ostéopathie et la chiropraxie sont des méthodes manuelles de diagnostic et de thérapeutique. Sur le plan diagnostique elles permettraient d’identifier par une palpation attentive des « lésions » qui sont à l’origine des maladies ou des malaises ressentis par le consultant ». ... Une première difficulté apparaît : là où les lésions invoquées par les fondateurs de ces disciplines n’étaient pas démontrées à l’origine dans la seconde moitié du 19e siècle. Elles ne le sont toujours pas malgré les progrès de nos connaissances et des moyens d’imagerie mis en œuvre en Europe et en Amérique du Nord .... Comment envisager un enseignement n’ayant pas de base scientifique ou même une preuve anatomique ?

Une étude publiée dans l’édition d’avril 2006 du Journal of the Royal Society of Medicin soulève de sérieuses questions quant à l’efficacité des traitements par manipulation vertébrale. L’étude du professeur Ernst a examiné toutes les publications portant sur les manipulations vertébrales entre 2000 et mai 2005. Seize articles en relation avec les troubles suivants ont été inclus dans cette recherche : douleurs dorsales, douleur cervicale, dysménorrhée primaire et secondaires, colique infantile, asthme, allergie et vertige d’origine cervicale. Sa conclusion est que : « collectivement, les données n’ont pas apporté de preuves que les manipulations vertébrales sont un traitement efficace dans un quelconque de ces cas, excepté pour les douleurs dorsales où elles sont supérieures aux manipulations factices mais où elle ne font pas mieux que les traitements conventionnels ».

Les recherches doivent se poursuivre sur un plan théorique à savoir la micro-traumatologie rachidienne, et les lésions correspondantes si elles existent, et les mécanismes de la douleur rachidienne.... Il est important de noter que les études critiques et contrôlées les plus récentes sont moins en faveur de l’efficacité des manipulations depuis que leur qualité méthodologique s’améliore, comme l’ont montré de récentes publications. ....

Pour conclure, on doit donc noter que beaucoup, sinon toutes, de ces techniques manuelles non manipulatives sont celles utilisées par les kinésithérapeutes dans notre pays et qu’il paraît raisonnable de les leur confier à partir d’un diagnostic médical sérieux fait par un généraliste et/ou un spécialiste et sur prescription de celui-ci.

Parmi les connaissances scientifiques exposées, certaines (par exemple, la mobilité des os du crâne chez l’adulte) sont totalement fantaisistes. Beaucoup d’autres, qui se rattachent à des notions plus classiques, sont teintées d’imaginaire. ... Comment peut-on, sur de telles bases, fonder une approche diagnostique ? ... Ériger en dogme qu’un système d’équilibre complexe tend à l’auto-régulation et à l’auto-guérison, sans préciser que, malheureusement et dans bien des cas, ce « système » reste inopérant, c’est mettre en péril la santé d’autrui. ...

L’ostéopathie a gardé le caractère d’antimédecine de ses débuts, et s’est seulement adaptée.

Le rapport indique ensuite que cet engouement « s’explique facilement » : elle utilise « un langage simple » et les patients « lui trouvent même un charme apaisant, qui contraste avec la sécheresse scientifique du langage médical dont l’assimilation demande un réel effort ».

La conclusion du rapport mérite d’être citée dans son intégralité tant elle traduit bien les aspirations de tous ceux que désespère l’existence des pseudo-médecines de toutes origines : « Peut-être vaudrait-il mieux enseigner la médecine en tenant un plus grand compte de sa composante « humaniste », essentielle mais insuffisamment donnée en exemple, plutôt que d’officialiser des pratiques qui cherchent à s’en éloigner en s’appuyant sur des a priori d’inspiration, en grande partie, purement philosophique. »

Quelques années plus tard, l’encart « Attention au piège des manipulations vertébrales » dans l’article « Que penser de la chiropractie ? » publié dans la même revue n’est guère plus rassurant à propos de la chiropraxie…

On peut également suivre la présentation « L’ostéopathie en question » de Albin Guillaud (qui est aussi intéressante que la qualité de la prise de vue/son est mauvaise) :

Intervenant que l’on retrouve également dans une émission de radio suisse : https://cortecs.org/mediatex/le-cortecs-sur-les-ondes-albin-guillaud-sur-losteopathie/

On peut également lire sur pseudo-medecines.org (site dont le but est de « Lutter contre la désinformation en matière de science et présenter la réalité des principales médecines non conventionnelles ») une page consacrée à l’ostéopathie

Si une douleur dorsale ne passe pas, je préfère donc être dirigé vers un kinésithérapeute que vers une personne dont la pratique ne s’appuie pas sur la médecine fondée sur les faits.

Merci.

Complément (suite à un commentaire IRL) :

ce n'est pas parce que certains ostéos mystifient leurs actions que ce sont tous des charlatans.

Oh, le beau sophisme de l’épouvantail ! Non, ce n’est pas le cas en effet et ce n’est surtout en aucun cas ce que j’ai écrit, d’ailleurs si c’était aussi simple je n’aurais pas besoin de me torturer à lire, voir et réunir autant de sources d’informations. En aucun cas je ne pense que les ostéos sont des charlatans, certains connaissent même des manipulations qui peuvent avoir des effets bénéfiques (des gestes qui étaient souvent faits par des rebouteux avant l’avènement de l’ostéopathie). Mais si l’ostéopathie était assujettie aux mêmes critères bénéfice-risque que les médicaments, il semble que la pratique serait interdite.

Le dernier ostéo que j’ai vu estime que tout ne peut pas s’expliquer par la science car un de ses profs d’ostéopathie lui a montré lors d’un TP qu’il est possible de "voir" l’arriver d’une personne dans la pièce à travers les réactions d’un intermédiaire que l’on manipule. S’il avait eu quelques cours de mentalisme, il aurait compris que la technique utilisée était "simplement" du cold-reading, mais cela lui a été présenté par son formateur comme la démonstration de faits inexplicables par la science, ce qui a validé pour lui ensuite les principes de l’ostéopathie contre les faits scientifiquement établis. La lecture froide permet d’ailleurs bien souvent (consciemment ou non) aux ostéo de bluffer leurs patients en trouvant des informations à leur propos, ce qui laisse une impression d’efficacité (ce qui entraîne alors une conclusion trop rapide que s’il a raison sur ce qu’il me dit là, sa méthode est efficace).

Je refuse de cautionner une médecine alternative qui dénigre les faits. Quand bien même certains gestes seraient efficaces, si cela se fait avec un discours anti-science je ne cautionnerai pas son utilisation ou sa promotion. On pourra m’opposer que la science fait des erreurs, qu’elle n’est pas pleinement efficace, que les études sont parfois bidonnées (on tomberait facilement dans un hypercriticisme stérile mais soit…) mais il me semble indéniable que la médecine basée sur les faits (double aveugle, bénéfice/risque,…) est l’un des rouage majeur de l’évolution de la santé, l’augmentation de l’espérance de vie, la diminution de la mortalité infantile, etc. Et ce n’est d’ailleurs pas parce qu’une méthode n’est pas parfaite que cela valide les méthodes de ses opposants. Le relativisme actuel me fait chialer.

Pour compléter encore, j’ajouterais à titre d’exemple que si je soigne un mal de dos par n’importe quelle pensée magique (ostéopathie, homéopathie, imposition des mains, magnétiseur,…), je vais profiter de l’effet placebo, ce qui peut être fortement bénéfique à court terme, mais je ne vais en aucun cas comprendre le fonctionnement du dos, les raisons qui ont contribué à l’apparition des douleurs. En suivant les conseils de Dikkiné, de Major Mouvement, de la brochure Je souffre de lombalgie : de quoi s’agit-il et que faire ? ou enfin la page dédiée à la lombalgie de amelie.fr, j’ai toutes les chances de prendre les bonnes décisions, de comprendre le fonctionnement de mon corps, progresser,… C’est un processus plus complexe, plus long, mais surtout tellement plus intéressant et moins court-termiste (et encore, je n’aborde pas le problème des risques) ! Ne vous bercez pas d’illusions, la magie n’existe pas, seule la vie est magique alors ne la gâchez pas avec des croyances obscurantistes.

Complément juillet 2019 :

  • Rapport CORTECS CNOMK : l’ostéopathie crânienne à l’épreuve des faits : « À l’issue de notre revue systématique de littérature sur les procédures d’évaluation issues de l’ostéopathie crânienne, nous n’avons trouvé aucune preuve en faveur des reproductibilités intra et inter-observateurs de ces procédures. La majorité des études existantes et disponibles échouent à mettre en évidence ces reproductibilités pour tous les paramètres considérés et ce malgré des risques de biais souvent favorables à l’émergence de résultats positifs De fait, alors que nous pensions qu’il n’y avait pas a priori de raison scientifique de défendre cette discipline, désormais nous le savons. N’étant pas prescripteurs de recommandations, nous nous sommes limités à une analyse impartiale, et c’est cette analyse qui mène à l’énoncé suivant : rien n’encourage aujourd’hui à la mise en place de ces thérapies dans le cadre d’une prise en charge raisonnée de patients »
  • Rapport CORTECS CNOMK : l’ostéopathie viscérale à l’épreuve des faits : « La conclusion de notre rapport est claire : aucun des concepts spécifiques à l’ostéopathie viscérale n’est fondé  Nos résultats permettent d’affirmer qu’il n’existe aucune donnée soutenant les reproductibilités intra et inter-observateurs des techniques diagnostiques de l’ostéopathie viscérale. La majorité des études existantes et disponibles échoue à mettre en évidence ces reproductibilités pour tous les paramètres considérés. Enfin, la revue de littérature réalisée n’a pas permis d’identifier de preuve méthodologiquement valable et favorable à une efficacité thérapeutique spécifique des techniques de l’ostéopathie viscérale »
  • Asthme : « Currently, there is insufficient evidence to support or refute the use of manual therapy for patients with asthma » (À l'heure actuelle, les données probantes sont insuffisantes pour appuyer ou réfuter l'utilisation de la thérapie manuelle chez les patients asthmatiques)
  • Colique infantile : « The studies involved too few participants and were of insufficient quality to draw confident conclusions about the usefulness and safety of manipulative therapies. Although five of the six trials suggested crying is reduced by treatment with manipulative therapies, there was no evidence of manipulative therapies improving infant colic when we only included studies where the parents did not know if their child had received the treatment or not » (Les études ont porté sur trop peu de participants et n'étaient pas d'une qualité suffisante pour que l'on puisse tirer des conclusions sûres quant à l'utilité et à l'innocuité des thérapies de manipulation. Bien que cinq des six essais suggèrent que les pleurs soient réduits par le traitement avec des thérapies manipulatrices, il n'y avait aucune preuve que les thérapies manipulatrices amélioraient les coliques infantiles lorsque nous avons seulement inclus des études où les parents ne savaient pas si leur enfant avait reçu le traitement ou non)
  • Règles douloureuses : « There is no evidence to suggest that spinal manipulation is effective in the treatment of dysmenorrhoea. In the one trial reporting on adverse effects there was no greater risk of such events with spinal compared with sham manipulation. » (Rien n'indique que la manipulation de la colonne vertébrale soit efficace dans le traitement de la dysménorrhée. Dans l'essai ayant fait état d'effets indésirables, il n'y avait pas de risque plus élevé que dans le cas d'une manipulation simulée de la colonne vertébrale)
  • SHOCKING ! 3 : De l'ostéopathie à la spiritualité New Age... Interview très intéressante d’un ancien ostéopathe qui explique entre autre comment ses capacités plus ou moins comprises de lecture à froid lui ont laissé croire que ses capacités de guérison via l’ostéopathie étaient vraies. Passionnant.
  • l’avis éclairé de Dr. Edzard Ernst (!) dans une courte interview du pharmachien (vidéo sous-titrée) :
  • En lisant ce thread je me rends compte que j’ai oublié le lien vers le rapport de l’Inserm : « Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’ostéopathie »
  • Ce thread semble particulièrement critique envers certaines pratiques ostéo, je le mets ici juste pour en garder trace mais évidemment il ne s’agit pas d’un source documentée
  • Sujet lié : Tout ce qu’il faut savoir sur le syndrome KISS
  • BOUGER.science explique Pourquoi mon ostéo me dit de ne rien faire après son traitement ? : « En bref, il est commun de voir cette tradition de demander de ne rien faire pendant 2 à 3 jours (voir 1 mois selon les sources). Mais les explications sont très vagues pour les rares existantes, et amènent à plus de questions que de réponses. Bref, les fondements sont très fragiles et aisément réfutables, dignes d’un catalyseur à placebo / effet contextuel (ex : « attendez, ça va marcher »). 🦄 Le risque de ce genre de recommandations est d’amener le patient vers une peur du mouvement (ou kinésiophobie en jargon médical).😱 Par ailleurs, cela laisse le temps pour que la nature fasse son travail de cicatrisation et augmente ainsi les chances d’un résultat positif attribuable au traitement, et donc d’en revendiquer les lauriers… D’autant qu’il est souvent demandé de même ne pas faire d’autres traitements rééducatifs pendant ce temps… Il n’y a donc aucune justification à prodiguer ce conseil de mise au repos et de stopper les autres traitements. Au contraire, l’exercice physique est un (auto)traitement très efficace dans une multitude de problèmes de santé et est scientifiquement éprouvé… Il devrait donc plutôt être encouragé ! 🤸‍♀️ »

La pomme est véreuse…

Il y a quelques jours, un collègue m’indiquait manger des pommes bio pour pouvoir manger la peau sans se bourrer de pesticides. Je lui ai dis de te méfier de l’association un peu trop rapide que nous avons tous tendance à faire : bio/sain et conseillé de regardé cette vidéo :



Quelques jours plus tard, j’ai complété avec mes propres investigations sur la toile : J’ai chez moi un pommier, il n’est pas aspergé de pesticides car je ne veux pas le saloper mais je ne peux pas manger mes pommes sans les éplucher car elles sont toutes (sans aucune exception) véreuses. Je me suis alors posé la question : quelle solution pour ne pas avoir de vers l’année prochaine ? Je suis tombé sur un site qui conseillait la roténone mais dont le texte était barré et suivi de l’indication suivante :

« Attention! La roténone faisait encore partie il y a peu des produits d'origine naturelle recommandés en jardinage biologique. Or, la roténone est toxique pour l'homme et nuisible à l'environnement, notamment le milieu aquatique. Son emploi est donc désormais interdit en jardinage amateur. »

Wikipedia entre autre m’a fait comprendre que les lobbys bio n’ont rien a apprendre des lobbys industriels puisque malgré les études démontrant sa toxicité, l’interdiction du dit produit a été plusieurs fois repoussée…

Mais alors, quel substitut ai-je à ma disposition ? Qu’utilisent aujourd’hui les producteurs bio ?

« Suite à l’interdiction de la roténone, la filière bio s’est tournée vers une autre substance naturelle. Il s’agit de l’huile de neem, extraite des graines de margousier. Elle a des propriétés insecticides. C’est par ailleurs un perturbateur endocrinien avéré. En Inde, elle est utilisée depuis très longtemps comme contraceptif. »

Mouais, bon, je laisse tomber pour l’instant,… Je vais continuer à éplucher mes pommes et ne pas privilégié plus les pommes bio que les autres…

Sources :

J’ai un don

Il y a quelques années, une amie et moi avions une discussion à propos des coupeurs de feu (aussi appeler passeurs de feu). Ma façon de penser "sceptique par défaut" m’empêche d’adhérer à la croyance d’un pouvoir surnaturel, mon amie qui est plus proche d’une "croyante par défaut" m’explique qu’elle même ne coupe pas le feu mais à le pouvoir de couper… le hoquet. Ne pouvant retenir longtemps les muscles de ma mâchoire, un large sourire incrédule apparaît sur mon visage, elle ne se démonte pas, elle sait qu’elle a se pouvoir et qu’il fonctionne, comme j’ai régulièrement des hoquets, elle me dit qu’elle me prouvera, en temps voulu, qu’elle n’invente rien.

Quelques semaines plus tard, une myoclonie phrénoglottique semble vouloir s’installer durablement dans mon système respiratoire. La démonstration peut commencer. Elle est tellement sûre d’elle, je pense : « Avec le bol que j’ai comme par hasard, ça va marcher et je ne vais rien pouvoir expliquer ». Elle me regarde dans les yeux, me demande de dire « Je te donne mon hoquet », me réponds « Je te prends ton hoquet » en faisant un geste de la main pour attraper quelque chose d’invisible dans l’air. Et mon hoquet disparaît directement, comme… par magie.

Elle a un don elle me l’a prouvé, je dois bien admettre que cette conclusion est vraiment incompréhensible pour moi…

Imaginez mon désarroi, je construis un puzzle énorme et multicolore intitulé « Ma compréhension du monde », le contour est fini, j’ai réussi avec le temps à imbriquer quelques pièces au bord, plus on va vers le centre plus les morceaux sont petits et difficiles à placer. À côté, j’ai aussi un puzzle « Contes, mythologie, croyances » dont les pièces sont de couleur octarine. Mon amie vient de me donner une nouvelle pièce, j’étais persuadé qu’elle faisait partie du second puzzle mais elle vient de me prouver qu’elle fait partie du premier. J’ai beau chercher dans tous les sens, elle ne s’imbrique dans aucune des pièces que j’ai déjà placées, elle reste donc dans mon aire de jeu sans que je puisse la placer, c’est très ennuyeux. Elle restera là quelques temps ! Pendant quelques années mêmes. Je continue à imbriquer des pièces petits à petits et un jour enfin, hier en fait, je vois où elle s’imbrique, c’est clair, c’est évident…

Hier, je surfais sur la toile, sur http://www.universcience.tv en l’occurrence. Après lecture, je tombais alors sur une vidéo de Max Bird, je la trouve tellement bien que je me fais un binge watching de sa chaîne (que je vous recommande vivement) :

maxbird_p.jpg

et de fils en aiguille, je tombe sur la très intéressante chaîne de Fabien Olicard et surtout sa vidéo : Faire passer les migraines et le hoquet par mentalisme :

C’est la pièce qui me manquait pour pouvoir comprendre ce qui s’était passé il y a deux ans et qui restait comme un caillou dans la chaussure de ma compréhension. Il n’y a pas de magie, pas de don, pas de pouvoir, il ne s’agit pas de quelque chose de surnaturel, ce phénomène est très bien expliqué par des études, des analyses, des tests, est reproductible, s’ajuste parfaitement dans mon puzzle mental ! Mon incompréhension venait simplement d’un mauvais raisonnement de ma part : Ce n’est pas parce que l’effet est vrai, que la raison évoquée l’est également.

Ma femme n’a jamais le hoquet, du moins ceux-ci ne durent jamais car, elle me l’expliquait hier soir, inconsciemment elle a trouvé une méthode qui s’apparente certainement à de l’auto-suggestion. Je sais également que certains réussissent à soulager leur migraine grâce à l’auto-hypnose (je connais personnellement un enfant qui a appris cette méthode). Je tenterai d’appliquer sur moi-même la méthode décrite par Fabien Olicard, après tout, je suis convaincu que la méthode est efficace, je vois bien que ma femme y arrive, je n’ai qu’à me convaincre moi-même, or je suis convaincu !

J’hésite maintenant à renseigner mon amie sur sa méthode, dois-je lui en expliquer les rouages ? Après tout, plus elle est convaincue de son don, plus elle est convaincante, or plus elle est convaincante, plus elle est efficace. Je n’aime pas l’obscurantisme je n’aime pas la laisser dans sa croyance et en même temps je n’ai pas envie de passer pour un monsieur-rationnel-je-sais-tout. Surtout, son puzzle n’est pas construit comme le mien… je vais lui donner une pièce qui ne s’accrochera nulle part dans son cadre mental, est-ce vraiment utile et pertinent ? Un choix que je trouve complexe.