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La démocratie des crédules

yeK-LaDemocratieDesCredules.png : "La démocratie des crédules" de Gérald Bronner

Comprendre les biais cognitifs, décortiquer les croyances irrationnelles,… voilà qui me semble passionnant. Pour en apprendre toujours plus sur le sujet, je ne manque pas de sources : Spline LND, Hygiène mentale, Pharmachien, Tronche en biais, James Randi, Aude WTFake, Curiologie, Lanterne Cosmique, Observatoire Zététique, Un Monde Riant, toutes les vidéos disponibles sur Skeptikón… et pourtant j’avais très envie d’ajouter à cette longue liste un bon livre sur le sujet.

J’avais été très intéressé par le séminaire de Gérald Bronner « Les théories du complot » il y a quelque temps, mais je l’avais étrangement plus ou moins oublié jusqu’à ce que je le retrouve en regardant « Négociation intellectuelle avec le monde », extrait du documentaire « Les lois de l’attraction mentale »). En l’écoutant, j’ai pensé qu’il serait intéressant de lire un de ses livres, je n’ai pas été déçu ! « La démocratie des crédules » est un essai de sociologie passionnant. Je ne sais pas à partir de quel âge il peut être lu, mais il devrait, à mon avis, servir de support pour éduquer les gens à l’hygiène mentale, surtout à une époque où les partages sur les réseaux sociaux nous apportent si rapidement une quantité d’informations très importante que nous avons du mal parfois à analyser. J’ai plongé avec grand plaisir dans ce livre relativement copieux, j’ai apprécié la lecture et trouvé le propos très clair, même s’il a été nécessaire de bien m’accrocher parfois, en particulier pour ce passage que je trouve très alambiqué (et qui ne reflète pas le style du reste de l’ouvrage) :

Si par irrationalisme on entend la contestation organisée en discours de la capacité de la démonstration rationnelle, telle qu’elle s’est exprimée en théorie et en actes dans l’histoire des sciences, à générer et promouvoir des énoncés ayant une capacité descriptive et explicative supérieure à n’importe quel autre énoncé ayant les mêmes ambitions et constitué par n’importe quelle voie de l’esprit, alors le paysage de cet irrationalisme est effectivement très vaste

Pour que cette citation ne vous effraie pas trop, j’ajoute celle-ci, plus caractéristique :

Ce que paraissent ne pas voir les relativistes, c’est que les méthodes qui prévalent dans la science et qui ont mis des milliers d’années à se formaliser, à la suite de tâtonnements, d’erreurs, de sélection drastique, sont un héritage universel de la pensée humaine.

Les sujets abordés sont vastes : aspartam, voyance, OGM, ondes, vaccins, OVNI, les suicides chez France Télécom,… ils sont traités non pas de sortes à désigner ceux qui ont tort ou raison, chaque sujet sera traité de façon à détailler un biais cognitif, une notion statistique, sociologique ou autre piège mental.

Très enrichissant cet essai donne plusieurs clés de compréhension que j’aurais aimé avoir adolescent. Très intéressant !

(Je trouve la couverture du livre trop moche, j’illustre donc cet article avec un fanart perso, cette couverture n’est pas validée par l’auteur)

Tout le monde ment…

51kXb0YJh7L._SX195_.jpg : "Tout le monde ment…" de Seth Stephens-Davidowitz

En lisant « Tout le monde ment… », vous n’avez pas l’impression de suivre un enseignement, vous écoutez un ami sociologue spécialiste reconnu de l’analyse de données, qui papote tranquillement et prend le temps de vous expliquer en quoi consiste son travail.

Le big data permet de tester des théories jusqu’alors non réfutables, le big data permet d’accéder à nos pensées et désirs les plus intimes, le big data semble être à la sociologie ce que les interféromètres de dernière génération sont aux ondes gravitationnelles, un nouvel outil permettant de regarder le monde d’une nouvelle façon. En lisant Seth Stephens-Davidowitz, on a presque l’impression de voir émerger une nouvelle sociologie, un peu comme si le big data permettait à celle-ci de se renouveler. L’alchimie est devenue chimie, la sociologie en est-elle aux balbutiements de sa métamorphose vers la psychohistoire ? J’exagère, mais au fil de la lecture, la comparaison amusante avec ce que Hari Seldon aurait pu écrire à ses débuts revenait en effet assez régulièrement à mon esprit… Autre parallèle amusant, le chapitre « Le fléau de la dimension » m’a rappelé Terry Pratchett : « Ce qui a une chance sur un million d'arriver se produit 9 fois sur 10 ».

Le livre est bourré d’anecdotes, le ton relax, le style simple, le contenu riche d’enseignements,… pas de prise de tête, juste une introduction très intéressante sur ce que le big data semble modifier (et ce qu’il ne permet pas) dans notre compréhension du comportement humain.

Couvertures de livres

Ne me demandez pas pourquoi j’ai le besoin frénétique de dessiner ces couvertures de livres jusqu’à 1h du matin, alors qu’elles ne me servent à rien, je n’y comprends rien moi-même.

yeK-1984.jpg yeK-AliceAdventuresInWonderland.png yeK-BraveNewWorld.png

yeK-CharlieAndTheChocolateFactory.png yeK-DasParfum.png yeK-DieVerwandlung.png

yeK-Dracula.png yeK-Eldorado.png yeK-Fahrenheit451.png

yeK-Flatland.png yeK-Frankenstein.png yeK-HarryPottçerAndThePhilosopherStone.png

yeK-IAmLegend.png yeK-LaDemocratieDesCredules.png yeK-LaHordeDuContrevent.png

yeK-PeterPan.png yeK-TheMartian.png yeK-TheRunningMan.png

« Vidcutter » et « Taskwarrior » dans Linux Pratique 108 (Juillet-Août 2018)

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J’ai écrit deux articles pour ce numéro de Linux Pratique :

  • Un premier présentant Vidcutter, un outil que j’ai trouvé intéressant pour découper facilement des bouts de vidéos. J’y ai décris la version 5.5, qui est la dernière version disponible sur le site officiel mais depuis l’écriture de l’article une version 6 est disponible sur Flathub avec quelques nouveautés qui semblent prometteuses : the latest version introduces chapter support, black detect filter processing for scene detection + commercial skipping. Produced media files are now passed through a finalizing process as a new last step to help ensure sane results. Plus hundreds of bug fixes, optimisations and improvements over previous incarnations.

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  • Un long article sur Taskwarrior, que j’ai adoré utilisé et que j’utilise quotidiennement depuis maintenant 6 mois. Un logiciel qui permet de gérer une todo list comme un véritable guerrier ! Dans le numéro 109, un article est d'ores et déjà prévu pour compléter celui-ci : « Combien de temps passez-vous sur vos tâches Taskwarrior ? »

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Éloge de l'oisiveté

C_Eloge-de-loisivete_2240.jpeg : "Éloge de l'oisiveté", essai de Bertrand Russell

Essai très court, particulièrement clair, bien structuré, bien pensé. Vous trouvez que 35h de travail par semaine, ce n’est pas suffisant ? Russell propose 4h par jour pour tous et sa proposition est argumentée !

Si vous ne connaissez pas Bertrand Russell je vous conseille de commencer par Logicomix et cette vidéo :

Les quatre accords Toltèques

410wQ3hdkrL._SX210_.jpg : "Les quatre accords Toltèques" de Don Miguel Ruiz : Jésus chez les Toltèques

Quatre conseils simples détaillés à outrance avec une pensée simpliste. Ne lisez pas ce livre, vous valez mieux que cela !

Vous souhaitez une recette pour écrire vous-même un livre de développement personnel comme Don Miguel Ruiz, c’est facile : trouvez quelques conseils relevant du bon sens, saupoudrez de catéchisme, inventez quelques situations à titre d’exemple et enfin ingrédient le plus important : agrémentez d’un maximum de moisissures argumentatives. En particulier, pour le titre : Allez-y à fond, argumentum ad exoticum (appel à l’exotisme) et argumentum ad antiquitatem (appel à la tradition). Vous pouvez par exemple intituler votre livre : « Accédez au bonheur grâce aux 8 conseils simples de ma grand-mère celte », « Les 10 potions druidiques », « 3 traditions que nous enseigne Zanahary, la sagesse des Malgaches », etc. Quels conseils ? Mangez équilibré, respectez les gens même ceux dont vous ne respectez pas les idées, ne soyez jamais violent physiquement, verbalement ou insidieusement, n’abusez pas des bonnes choses surtout si elles peuvent être néfastes pour votre santé ou celle de vos proches,… peu importe ! Attention, n’oubliez pas que votre lectorat doit être le plus large possible donc rédigez votre texte avec des mots simples et surtout bourrez votre argumentation d’exemples (même stupides), n’hésitez pas à vous répéter (pour donner un peu de consistance et marteler vos idées), ne soyez surtout pas regardant sur le style littéraire !

« Les quatre accords toltèques » n’est pas un livre, c’est un agrégat de psychologie de comptoir. Ce texte ressemble plus à l’idée que je me fais d’un article parapsychologie d’un Closer ou d’un Femme Actuelle qui aurait été trop long et trop mal rédigé pour pouvoir se glisser entre l’article sur la détox du foie et la publicité Boiron.

Si vous avez aimé cet ouvrage, vous estimez très certainement que mon propos est infondé, qu’autant de lecteurs ne peuvent pas se tromper (argumentum ad populum), que je n’ai rien compris de son propos, je vous propose donc de poser une loupe sur quelques passages :

Dans le chapitre « Le processus de domestication et le rêve de la planète », après plusieurs paragraphes qui ne font que répéter encore et encore que notre système éducatif actuel est cruel et fondé sur des punitions et des mensonges, vous pouvez lire : Si l’on regarde la société humaine, on constate que la raison pour laquelle il est si difficile d’y vivre est qu’elle est régie par la peur. Aux quatre coins de la planète on voit de la souffrance humaine, de la colère, un esprit de revanche, des toxicomanies, de la violence dans la rue et une incroyable injustice […] Si l’on compare le rêve de la société humaine avec la description de l’enfer que les religions du monde entier ont promulguée, on constate que les deux sont identiques. Les religions disent que l’enfer est un lieu de punition, de peur, de douleur et de souffrance, un lieu où le feu vous brûle. Le feu résulte des émotions nées de la peur… et ça continue ainsi plusieurs pages. L’auteur matraque son idée de monde oppressant pour la mettre en opposition avec la société idéale qui serait celle qu’il propose. À aucun moment, on ne met de nuance, il n’y a que douleurs et peine dans le monde manichéen de l’auteur. Pas de rires d’enfants, pas de repas entre amis, pas de plaisir, pas de bonté, de gentillesse, de solidarité, pas de coucher de soleil, pas de littérature enrichissante, pas de professeur encourageant, pas de fraternité, pas de bain de soleil, pas de câlins sous la couette,… Tout est noir et morbide car les humains résistent à la vie. Être vivant est leur plus grande peur… (et encore et encore sur des pages et des pages…). Mais heureusement voici les 4 accords toltèques ! Une introduction aussi oppressante serait digne d’un journal du 20h !

Le premier accord toltèque […] Votre parole est votre pouvoir créateur. C’est un cadeau qui vous vient directement de Dieu. L’évangile selon saint Jean, dans la Bible, parlant de …  Ah, bien ! Maintenant vous êtes clairement au courant, s’il avait été honnête, Don Miguel Ruiz aurait intitulé son livre « Jésus chez les Toltèques ». Je ne suis pas croyant, j’ai donc décidé de faire abstraction des nombreuses références catholiques de l’ouvrage. Si vous êtes athée, notez donc qu’il s’agit bien plus d’un livre catholique que d’un livre de découverte de la culture toltèque (les Toltèques ne sont qu’un prétexte car si c’est vieux et exotique, c’est forcément mieux). Le dernier mot du livre est d’ailleurs Amen.

Toujours dans ce chapitre : La parole est si puissante qu’un seul mot peut changer une vie ou détruire l’existence de millions de personnes. Il y a quelques décennies, la parole d’un seul homme en Allemagne a manipulé toute une nation peuplée de gens intelligents. Il les a conduits à la guerre, par la seule puissance de sa parole. Il a réussi à convaincre certains de commettre les actes de violence les plus atroces qui soient. Sa parole a réveillé les peurs des gens et, comme une immense explosion, les tueries et la guerre ont ravagé le monde entier. Comment est-il possible de faire une si simpliste description de la seconde guerre mondiale ? Comment peut-on avoir une vision aussi manichéenne d’un événement aussi complexe ? Il s’agit là du pire exemple de pensée simpliste développée dans l’ouvrage mais si c’est le pire c’est surtout très loin d’être le seul. Vous êtes prévenus.

Page suivante, vous pourrez lire Je vois un ami et lui fais part d’une opinion : Tiens ! La couleur de ton visage est celle des gens qui vont avoir le cancer. S’il écoute cette parole et s’il est d’accord avec, il aura un cancer dans moins d’un an. Cet exemple est tellement génial ! D’abord, par la crédibilité du dialogue mais aussi pour le propos d’une précision incroyable : le fait qu’un cancer puisse se développé uniquement par effet nocebo semble peu probable, mais là on vous précise même le temps nécessaire ! C’est d’ailleurs bien connu, les hypocondriaques meurent tous d’un cancer moins d’un an après l’apparition de leur hypocondrie, non ?

N’ayant pas peur d’être insistant, suivent ensuite un long exemple avec une fille à qui on dit qu’elle est laide, puis une page complète pour quelqu’un à qui on dit qu’il est stupide. Quelques paragraphes répétitifs plus loin, on retrouve encore un autre exemple avec votre meilleure amie qui vous dit : « Qu’est-ce qui t’arrive ? Tu as une de ces têtes ! Et regarde comment tu es habillée : tu as l’air ridicule. » Peut-être que cette amie vous a-t-elle dit cela juste pour vous blesser. Vraiment ? C’est une description normale d’une discussion avec une meilleure amie ? À chaque exemple d’amitié dans le livre, le propos est ignoble, cela me semble étrange. S’ensuit alors encore plusieurs paragraphes d’une analogie parole/magie qui est répétée un nombre de fois incroyable…

Pour la suite, on décrit simplement les autres principes en long et en large, avec toujours autant d’exemples absurdes. Vous pouvez me dire que ce sont de bons conseils et vous auriez raison mais honnêtement, avez-vous vraiment besoin d’un chaman pour vous dire qu’il faut faire de son mieux (4e accord), qu’il ne faut pas se croire le centre du monde (2e accord), qu’il faut profiter de la vie, avoir des pensées positives, ne pas insulter vos enfants lorsque vous êtes fatigués, ne pas passer sa vie à attendre dans le canapé,… Les conseils prodigués sont juste du bon sens accompagnés d’arguments fallacieux et d’exemples caricaturaux. En lisant ce livre, je repense aux personnes qui me disait de voir les côtés positifs de la vie, d’avoir des pensées positives lorsque j’ai fait une dépression. Comme si cela n’allait pas de soi − Oh merci pour ce conseil d’une grande sagesse je n’y avais pas pensé !

Un dernier exemple, où on constate que l’auteur ne met aucune nuance dans son propos : si on regarde des enfants de deux ou trois ans, on constate qu’ils arborent la plupart du temps un grand sourire et qu’ils s’amusent […] Les très jeunes enfants n’ont pas peur d’exprimer ce qu’ils ressentent […] Ils n’ont aucune peur d’aimer. Voilà la description d’un être humain normal. Enfants, nous n’avons ni peur du futur ni honte du passé. Notre tendance humaine naturelle est de jouir de la vie, de jouer, d’explorer, d’être heureux, d’aimer. […] Regardez des enfants jouant aux adultes, leurs petites mines changent. Je vais faire semblant d’être un avocat dit l’un d’eux. À l’instant, son visage se transforme et l’expression d’un adulte prend le dessus Cette description idéalisée de l’enfance en opposition avec l’adulte triste qui est responsable, a des choses à faire, doit travailler, gagner sa vie ne vous semble-t-elle pas incroyablement simpliste ?

Et c’est ainsi encore et encore et encore… L’auteur use et abuse de la répétition à la limite du lavage de cerveau, comme le ferait un gourou. Il présente des généralités, très certainement pour que l’effet Barnum vous fasse adhérer au propos (vous savez, cet effet qui vous donne l’illusion que votre horoscope correspond vraiment à votre profil).

C’est très certainement le livre qui m’a le plus donné l’impression d’être manipulé par son auteur, avec de grosses ficelles, sans aucun talent littéraire. Je suis triste de constater que ce livre est un succès de librairie. Vous méritez tellement mieux. J’ai l’impression que mon développement personnel est bien mieux traité par « GTO » et « Assassination Classroom » (pour la pédagogie), les textes de Laurent Gaudé (pour la tolérance, la compréhension d’autrui), « 1984 », « Le meilleur des mondes » ou « Fahrenheit 451 » pour développer mon désir de liberté et de culture, les textes d’Hubert Reeves pour voir la poésie de notre monde, les textes de chansons, les séries, les comics, manga, BD, vulgarisations, les grands classiques, France Culture, les discussions entre amis… Préférez un enrichissement par la diversité plutôt que quatre dictons de grand-mère certes bien sympathiques mais évidents, perdus dans la litanie d’un gourou. Un long sermon qui place le lecteur dans la passivité intellectuelle, gavé par un cours magistral non documenté, je préfère lorsqu'un livre m'invite à réfléchir et analyser par moi-même.

Un peu de science ça ne peut pas faire de mal

un-peu-de-science-ca-ne-peut-pas-faire-de-mal.jpg : "Un peu de science ça ne peut pas faire de mal" de Jacques Treiner

Un recueil de chroniques scientifiques courtes et simples d’accès qui sont très éclairantes. Dès sa première chronique, Jacques Treiner nous explique qu’il faut se méfier des chiffres donnés par les gens qui veulent faire passer leurs idées, qu’il faut toujours être vigilant. C’est donc en écoutant ce conseil qu’on lit le reste des chroniques.

L’âge de la Terre, les ondes électromagnétiques, l’astronomie,… les sujets détaillés sont variés, mais c’est le réchauffement climatique et surtout la production d’énergie qui semblent intéresser l’auteur. En aidant à mieux appréhender les ordres de grandeurs de la consommation énergétique et de la "production", on comprend mieux les enjeux, les intérêts, on décortique les discours partisans. Mais là où il y a une erreur à mon avis de la part de Jacques Treiner, c’est qu’à force d’expliquer les défauts des discours pour les énergies renouvelables et prendre la défense du nucléaire, on finit par penser que son propre discours est juste pro-nucléaire. Je pense qu’il s’agit en réalité d’un certain pragmatisme, d’un constat froid d’une réalité peu agréable mais que l’on ne peut pas changer rapidement et simplement. Mais l’envie de défendre l’intérêt du nucléaire pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre, ne devrait pas éluder les arguments en sa défaveur (dangerosité potentielle, déchets nucléaires,…), une simple chronique sur le sujet manque pour nous rassurer sur l’impartialité de l’auteur, juste pour équilibré le discours.

C’est particulièrement flagrant dans le chapitre 13, que je n’ai pas du tout aimé (c’est le seul, sur 31 chroniques). Déjà, il commence très mal puisqu’il incite à se rendre sur google pour aller sur le site www.ined.fr. Ça me fait saigner les yeux puisqu’il est évidemment inutile de passer par un moteur de recherche si on connaît l’adresse du site (le moteur de recherche sert justement à trouver un site dont on ne connaît pas l’adresse à partir de mots clés) mais l’auteur n’est pas forcément un geek, on l’excusera pour cette fois. Ensuite pour des raisons de simplifications de calcul on fait une règle de 3 simpliste qui va permettre de calculer un ordre de grandeur de la future consommation énergétique, en mettant sous le tapis par exemple les arguments qui pourraient faire baisser les estimations (amélioration de l’efficacité énergétique des appareils par exemple). Il aurait suffit d’expliquer que ces baisses ne compenseront pas l’augmentation du volume ou n’importe quoi… mais le fait de l’éluder tout simplement laisse un sentiment étrange, surtout après avoir reproché à WWF et Greenpeace de ne prendre en compte que les paramètres qui vont dans le sens de leurs discours… C’est dommage, car il aurait suffit de pas grand chose pour moins donner le sentiment d’un discours partisan sur ce point.

En bref, un tout petit livre très intéressant qui nous invite à ne pas poser notre cerveau, qui donne du grain à moudre sans pourtant prendre la tête. Je le critique un peu mais c’est justement parce qu’il invite intelligemment à ne pas me laisser avoir par les discours simplistes, cela montre peut-être que le livre réussit fort bien à éveiller son lecteur.

Merci Hubert Krivine (de m’avoir donné envie de le lire), merci Aurélie et Samuel de me l’avoir offert.

Candide

candide.jpg : "Candide" de Voltaire

Si seulement j'avais pu comprendre ce texte lorsque j’étais censé le lire en 3e, si j'avais eu plus tôt la maturité nécessaire pour interpréter le propos de Candide... Mais je n'aimais pas lire. Pourtant, Candide — et en particulier cette édition (Hachette éducation) truffée d'analyses, renvois et commentaires — m'aurait aidé à structurer ma pensée, ma philosophie. C'est donc avec plus de 20 ans de retard que je me délecte des pensées et critiques de Voltaire. Un conte auquel je n'aurais rien entendu sans les explications de l'éditeur et que je n'aurais pas même lu sans la lecture préalable d'"Illusions dangereuses" dans laquelle j'ai été mis au fait de la théodicée de Leibniz. Un conte qui m'a fait rire, m'a fait réfléchir, m'a diverti.

Après avoir lu le terriblement stupide « Signes de vie », j’ai apprécié de ne point être pris pour un idiot à qui tout doit nécessairement expliqué. Dès la deuxième page, j’ai rit en lisant :

Un jour, Cunégonde, en se promenant auprès du château, dans le petit bois qu’on appelait parc, vit entre des broussailles le docteur Pangloss qui donnait une leçon de physique expérimentale à la femme de chambre de sa mère, petite brune très-jolie et très-docile. Comme Mlle Cunégonde avait beaucoup de disposition pour les sciences, elle observa, sans souffler, les expériences réitérées dont elle fut témoin ; elle vit clairement la raison suffisante du docteur, les effets et les causes, et s’en retourna tout agitée, toute pensive, toute remplie du désir d’être savante, songeant qu’elle pourrait bien être la raison suffisante du jeune Candide, qui pouvait aussi être la sienne.

Signe de vie

51oet-tS9QL._SX210_.jpg : « Signe de vie » de J.R. Dos Santos

Le livre le plus médiocre qu’il m’ait été donné de lire ! J’ai failli arrêter ma lecture de nombreuses fois car j’avais l’impression d’être pris pour un imbécile. Mais je me suis engagé à en faire une critique constructive :

Prendre pour prétexte une histoire fictive afin d’apprendre au lecteur un maximum de faits scientifiques, au début, cela me semblait intéressant (découverte des pulsars, Ockham, seti, âge de l’univers observable, etc) et puis… On se rend compte que cela pose plusieurs énormes problèmes au récit : Le premier, évident, il ne se passe rien ! Vraiment en 700 pages il ne se passe vraiment presque RIEN. Il s’agit seulement de dialogues entre scientifiques (et un historien) qui passent leurs temps à expliquer des concepts de physiques, biologie, mathématiques, théologie,… Mais ce n’est pas très grave comparé aux autres problèmes…

Comme les dialogues sont un prétexte pour expliquer des concepts au lecteur, les situations en deviennent complètement absurdes ! Par exemple : Une astrobiologiste qui demande à un mathématicien

« Les mathématiques peuvent fonctionner avec un système en base soixante ? »

c’est tellement con que ça ne peut pas être crédible une seule seconde, c’est d’un niveau CE1, bon sang ! On apprend en CE1 à lire l’heure, comment une astrobiologiste pourrait se poser une telle question ? Et ce n’est qu’un exemple, on pourrait en citer de nombreux autres du même genre. On sent tellement que le récit n’a aucune importance, toutes les situations ne sont que des prétextes, c’est tellement téléphoné ! Ça ne donne pas l’impression qu’il s’agit de discussions entre scientifiques, cela ressemble plus à des discussions scientifiques de comptoir.

L’humour de l’auteur ? Comment peut-on faire de l’humour aussi stupide en dehors d’une cours d’école primaire, franchement ? Le héros qui se demande comment seront les extraterrestres tente d’alléger la conversation (pour une raison X) :

« … Si ça se trouve, ils seront verts et auront des yeux au bout du zizi et des dents sur la queue. Comment savoir ?
Elle rit doucement.
— Il n’y a que vous pour me faire rire, observa-t-elle,… »

Vraiment ? Cela semble crédible une telle discussion hors d’une cours de récré ? Pire encore un peu plus tard quand un astronaute fait croire à ses collègues qu’il est en train de manger son caca, mais non… c’était une saucisse ! C’est une blague de Toto ? J’ai passé l’âge, merci ! L’humour est rare dans le roman mais chaque essai est complètement à côté de la plaque ! L’astronaute qui explique que son chien va chercher le magazine auquel il est abonné :

« — C’est Scientific American ?
— Non, Playboy.
Ils éclatèrent de rire. »

C’est pas possible d’être aussi nul ! C’est téléphoné, c’est facile, c’est mauvais ! Comment peut-on laissé passer une telle médiocrité dans un roman !

Les cliffhangers à la fin de chaque chapitre. C’est quelque chose que j’appréciais, je crois que je suis maintenant vacciné. Les chapitres sont très courts (il y a 108 chapitres). Chaque chapitre se termine par un cliffhanger ridicule : puisque le chapitre est trop court pour installer une vraie intrigue, il s’agit donc d’un mini moment de suspens téléphoné. On le voit venir, on se doute du retournement, c’est NUL ! Quand j’ai lu "Seul sur Mars", je me rappelle avoir été incapable d’arrêter sur certains cliffhangers de fin de chapitre vraiment bien pensés, dans "Signe de vie" à chaque fois j’ai eu l’impression que l’auteur me prenait pour un attardé.

D’un point de vue littéraire, rien à espérer, du coup ça se lit très facilement (si ce n’est qu’il faut rester motivé car il faut supporter de se sentir insulté). Si ce n’est les détails scientifiques ou certaines situations bien décrites (ce que peuvent ressentir les astronautes par exemple), le peu qu’il reste est compréhensible par un enfant, tout est détaillé à la manière d’un épisode des Télétubbies : tout est explicité en permanence. Si vous comprenez un sous-entendu évident dans un dialogue, vous constaterez quelques lignes plus tard, qu’il sera expliqué de toute façon, rien ne reste non explicite, posez votre cerveau, on s’occupe de tout…

Les personnages sont caricaturaux au possible : L’Américain est lourdaud avec la femme astronaute qui est incroyablement belle (le chapitre où celle-ci tente de séduire le héros à la limite du viol est d’un ridicule invraisemblable particulièrement pitoyable ! D’une médiocrité déconcertante, j’avais honte pour l’auteur en lisant une telle scène à peine digne d’apparaître dans la rédaction d’un collégien libidineux), les russes ne veulent pas s’associer à l’entreprise internationale car ils ont un plan de méchants (évidemment), la NASA ne donne que des hamburgers à manger aux astronautes,… PITIÉ arrêtez le massacre !!!

Je passerai sur les passages où le héros, décrit comme non-croyant, démontre à la Bogdanov, que le réglage des constantes cosmologiques prouve l’existence d’un dessein intelligent, donc d’un créateur. Démonstration qui ne trouve aucune opposition des scientifiques puisque c’est bien connu, les scientifiques ne savent pas démonter les tautologies et autres arguments fallacieux… On peut être gêné par le fait que cette démonstration soit présentée comme si elle était scientifique alors que le principe anthropique fort est clairement en dehors de cette discipline… honnêtement on n’est même plus à cela prêt, si seulement il n’y avait que cela à critiquer…

À lire si vous aimez être pris pour un imbécile et que vous ne voulez qu’effleurer un maximum de concepts scientifiques et religieux (présentés comme scientifiques). D’une médiocrité crasse ! Une bouse immonde !

« Parlatype » dans Linux Pratique 107 (Mai-Juin 2018)

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Lorsque j’ai retranscrit une interview téléphonique en texte, j’ai pas mal galéré entre mon éditeur de texte et mon lecteur audio. J’ai fini par trouver Parlatype, logiciel simplifiant largement la saisie. Comme j’ai pas mal galéré à le trouver, j’ai pensé que le partager avec vous serait une bonne idée.

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Dieu n'est pas grand : Comment la religion empoisonne tout

417bK48GbFL._SX195_.jpg : " Dieu n'est pas grand" de Christopher Hitchens : Comment la religion empoisonne tout

À ma demande j’ai fait un an de catéchisme, je pensais que cela consistait à faire des fouilles et des recherches biblio pour enfin savoir si Jésus et Dieu ont existé ou non. J’avais 7-8 ans, des parents agnostiques, des grands-parents très athées d’un côté, très croyants de l’autre, j’avais besoin de déterminer le vrai du faux. Comme on peut s’en douter, le catéchisme ne correspondait pas vraiment à ce que je pensais, on est con à cet âge… Si seulement j’avais eu accès à Christopher Hitchens et Richard Dawkins à l’époque ! À cet age je n’aurais rien compris mais si le propos avait pu être lisible par un enfant de 8 ans, « Dieu n’est pas grand » (comme « Pour en finir avec Dieu ») m’aurait vite permis de me sentir moins seul dans mon analyse critique.

« Dieu n’est pas grand » est très loin d’être parfait, il donne l’impression d’une suite d’idées avec digressions, une grande partie de l’essai manque de fil conducteur. Je ne le trouve toutefois pas inutile, j’ai d’ailleurs recouvert beaucoup extraits de fluo. Le chapitre 15 (La religion comme péché originel) est certainement le plus structuré et c’est certainement mon chapitre préféré, alors que le chapitre 3 (Brève digression sur le porc ou pourquoi le ciel déteste le jambon) m’a semblé tellement embrouillé que je l’ai trouvé imbitable.

Pour moi, « Dieu n’est pas grand » manque juste d’un fil conducteur, ce qui en fait une suite d’arguments assez indigeste, il est peu probable qu’un non athée puisse le lire avec intérêt, il ne fait donc que prêcher les convertis. Mais en même temps, prêcher les convertis n’est pas complètement superflu, c’est un livre qui m’a fait du bien, m’a fait me sentir moins seul, un peu comme s’il me permettait l’accès à une communauté (Dawkins, Randi, Hitchens, Penn & Teller,…) qui est bien moins visible que les communautés religieuses (je ne connais pas un village sans église autour de chez moi, je ne vois pas de la même façon de monument ostensiblement athée).

Les Annales du Disque-Monde : Éric

eric.jpeg : "Faust Éric" de Terry Pratchett : Laissé passer A38

Incapable de lire un bouquin depuis plusieurs semaines… rien ne vaut un Pratchett pour retrouver le plaisir de lire. Ce tome est particulièrement court, il est simple à lire, pas le plus extraordinaire mais tout à fait sympathique tout de même. La description des enfers comme une administration est un régal.

« Prestashop » dans Linux Pratique 106 (Mars-Avril 2018)

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Je n’avais jamais mis en place de boutique en ligne, jusqu’à ce que j’offre un an d’hébergement web à un artisan dont j’aime le projet :

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J’ai bossé comme un fou pour prendre en main Prestashop et j’ai pris un grand nombre de notes pour fournir un mode d’emploi le plus clair possible pour débutant. Une fois toutes ces notes prises, j’ai pensé qu’il était possible d’en faire un chouette article pour Linux Pratique (en l’occurrence… 7 pages).

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Les projets que j’apprécie, j’aime en faire la promotion dans la presse informatique, on ne fait à mon sens, jamais trop de publicité pour les logiciels libres, ce sont des outils à défendre et à mettre en avant ! Si le format de cette publicité peut se présenter sous la forme d’un tutoriel, c’est un bonus non négligeable ! On pourrait penser qu’il existe pleins de tutoriels Prestashop sur le net, qu’il est donc inutile d’acheter un magazine pour y lire ce que l’on trouve gratuitement sur la toile, c’est un argument que je trouve complètement daubé :

  1. Si on ne fait pas la promotion des logiciels libres dans la presse papier, les logiciels privateurs ne se priveront pas de prendre la place.
  2. Si on achète un magazine, il y a un ensemble d’articles qui nous font découvrir des projets que l’on aurait peut-être pas pensé à chercher.
  3. L’édition papier passe par des processus de relecture forçant à une rédaction non bâclée ou des tests approfondis. Il y a de très bons tutos sur le net et il y a des mauvais papiers, l’étape relecture par un éditeur est juste un gage supplémentaire.

Bonne lecture.

SVG avec Inkscape, liens préservés lors de l’export PDF

Dans Inkscape, pour ajouter à lien à n’importe quel objet : clic droit sur celui-ci, Créer un lien.

Hélas, les liens ne sont pas conservés lors de l’enregistrement en pdf.

Pour cela :

  • ouvrir le svg dans Chromium
  • imprimer en pdf (Margins: None, Scale: à adapter)

Attention, à ce jour, ni Firefox ni Chromium ne supportent les textes encadrés des svg, mieux vaux donc ne pas utiliser ceux-ci.

[Source]

Note :

  • wkhtmltopdf --enable-external-links in.svg out.svg ne conserve pas les liens si le logiciel est installé via le paquet debian This version of wkhtmltopdf has been compiled against a version of QT without the wkhtmltopdf patches. Therefore some features are missing, if you need these features please use the static version et le rendu de certains textes déconne.
  • rsvg-convert -f pdf in.svg > out.pdf ne garde pas les liens et pas mal de textes déconnent
  • cairosvg in.svg -o out.pdf ne garde pas les liens et pas mal de choses déconnent

Les fils de l’homme

9782213630564-T.jpg : « Les fils de l’homme » de P.D. James

Certainement le livre qui m’a le plus déçu. Tout commençait très bien. Une idée de départ assez géniale (une humanité qui devient stérile et les conséquence sur la société), une mise en place un peu longue mais qui permet de s’attacher au protagonistes, des réflexions pertinentes sur l’autocensure dans un régime dictatorial.

Et… des personnages stéréotypés à outrance dans des situations grotesques ! Les 2 premiers tiers du livre gâchés par le dernier. Théo le personnage principal fait des choix complètement cons (pourquoi voler une voiture alors qu’il pourrait prendre possession de la maison et ainsi être à l’abri, il suffit de mettre un couple dans la confidence, il préfère la solution qui donne sa position à la police…), et pourquoi avoir développé le personnage du gouverneur ainsi Il semble particulièrement intelligent et instruit au début du livre et fait finalement des conneries dignes d’un vilain de film d’action des années 90 (ou d’Avatar). Oh et la dernière scène, pitié, pourquoi finir ainsi ? C’est tellement nul comme fin… Sans parler de certaines morts de personnages qui ne servent qu’à faire avancer le scénario,…

Non ! Vraiment l’adaptation cinéma est particulièrement savoureuse, le livre est à éviter à tout prix.

Polémique à Liffré-sur-Vilaine : les vitraux Pokemon de l’église, un arbre qui cache la forêt

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L’émoi est palpable dans la petite commune de Liffré-sur-Vilaine (35), à leur grand étonnement les paroissiens ont vu les vitraux de l’église remplacés par des vitraux représentant Pikachu, les Gardiens de la galaxie ou encore Tristepin de Percedal,… Une enquête au cœur d’un lieu de culte pas comme les autres pour comprendre cette très étonnante initiative.

J’ai en premier lieu rencontré Loïc Gérard Chênon, maire de la commune, il ne voyait a priori pas d’un très bon œil l’initiative de Monseigneur Doquince « Je craignais surtout pour la sécurité de mes administrés, les fondamentalistes religieux ne sont pas réputés pour être compréhensifs et pacifistes, contrairement à leurs icônes respectives, que ce soit Jésus, Bouddha,… certains ont vu d’un très mauvais œil ces vitraux et appelé à détruire l’église. Je suis responsable de la sécurité de notre commune… Après avoir discuter avec le prêtre, j’ai été enthousiasmé par ses idées j’ai l’ai donc laissé agir librement. Pour l’instant, aucun incident n’est a déplorer, mais nous pensons ajouter des caméras de surveillance sur la place de l’église, il y a tellement de monde à gérer maintenant… »

Pour comprendre ce qui est passé par la tête du prêtre de la commune, je me rends à l’église pour voir de mes propres yeux ces vitraux peu catholiques. Je constate en effet les couleurs criardes de Pikachu à une fenêtre, Wakfu à une autre et ainsi de suite, mais ce ne seront là que mes premières sources d’étonnement. En entrant dans l’église, je vais de surprise en surprise : au fond du monument, derrière l’hôtel, un portrait de James Randi, celui du pape François se trouve entre celui de Vishnou et celui plus inattendu encore de Richard Dawkins − sous ce dernier la mention « Un enfant n’a pas de religion » ! − je trouve également une inscription sous un vitrail représentant une grenouille : « L’éternité c’est trop long, surtout à la fin (Kaeloo, S1:E43) », j’ai beau parcourir les textes sacrés dans tous les sens, je n’ai pu trouvé le psaume correspondant.

Des livres sont entreposés partout : certes la bible est bien en vue mais on y trouve tout aussi bien l’ancien testament que le nouveau, le coran, le guide du voyageur intergalactique, Fahrenheit 451, 1984, quelques tomes des Annales du Disque-Monde ou encore Poussières d’étoiles, quelques Freaks Squeele, V pour Vendetta, Max et les Maximonstres,… Serais-je entré par erreur à la bibliothèque municipale ?

Monseigneur Doquince m’accueille pour notre entretien, il ne semble pas très étonné de la demande d’entretien « Vous venez pour les vitraux je suppose, ça fait jaser cette histoire depuis que des photos ont circulé sur les réseaux sociaux ! Ne sont-ils pas magnifiques ? Faits par les enfants lors d’ateliers et stages vitraux avec une association locale pendant les heures de catéchisme. Chacun y représente ses propres idoles, génial non ? »

Des vitraux qui représentent des personnages de mangas, de comics, et autres, cela ne semble pas très catholique… Pourquoi cette initiative étrange ? Ce mélange des genres ? « J’ai apprécié la lecture de l’Éloge du polythéisme de Maurizio Bettini, un livre fascinant, un éloge à l’ouverture aux autres. Le chapitre « conférer la citoyenneté aux Dieux » est une invitation au civisme et à la citoyenneté, très inspirant. Attendez, je l’ai pas loin… » Sur ces mots le prêtre est parti chercher son livre pour nous en lire un extrait, il était comme possédé, d’une façon positive j’entends, disons plutôt débordant d’enthousiasme et d’entrain. « Écoutez-moi ça : »

”En somme, on apprend à connaître les divinités d’autrui au fil du temps. Une fois que l’on est conscient de leur existence il est possible de procéder à leur intégration parmi ses dieux à soi. Il s’agit toutefois d’un processus qui implique de l’intérêt, de la curiosité pour les autres dieux, ainsi qu’une volonté de savoir. En pays monothéiste, au contraire − hormis l’attitude des esprits ouverts et éclairés −, non seulement les autres dieux ne soulèvent ni curiosité, ni désir de savoir, mais au contraire, ils suscitent généralement un sentiment d’indifférence ou de supériorité, quand ils ne sont pas condamnés. ma femme, qui est chinoise, a pu expérimenter, pendant un demi-siècle, comment ses convictions religieuses étaient attaquées ou même dévalorisées par des missionnaires chrétiens, des politiciens américains, voire des occidentaux lambda… et elle était consciente du fait que cette situation durait déjà depuis cinq siècles.”

« Comment ne pas être bouleversé ? Et puis surtout, il y a un autre passage… il y est question des statues que chacun conserve dans des panthéons personnels et auxquels peuvent s’ajouter les dieux des autres. Ces statuettes représentants les dieux antiques, m’ont vraiment rappelé l’influence des mangas et comics de nos jours. Chaque culture apporte sa pierre à l’édifice et chacun est libre de choisir ou non d’être diverti par les histoires des autres cultures. C’est ainsi que j’ai décidé de faire faire aux enfants des vitraux ayant pour thèmes les histoires qui les touchent ».

« Et puis, dans mon esprit, la correspondance s’est faite entre les statuettes et Disney Infinity ! Je vois mes neveux y jouer, c’est un jeu vidéo nécessitant des figurines. Ils sont fans de Star Wars et de comics, ils ont une flopée de ces héros dans leur salon, le parallèle était limpide, c’était ni plus ni moins qu’une crèche ou un panthéon personnel nouvelle génération. C’est alors que j’ai décidé d’aller plus loin, c’était la solution à un problème qui me turlupinait depuis tellement longtemps pour l’église… Les statues de Jésus agonisant sur la croix, une couronne d’épines sur la tête, désolé mais… tu parles d’une décoration ! Excusez ma franchise mais ça traumatisait les gamins, vraiment ! J’ai bazardé toutes ces vieilleries lugubres et j’ai souhaité ne garder que les représentations positives. Nous avons donc fait des moulages et sculptures représentant Jésus accomplissant des actions qui plaisaient aux enfants. Je ne néglige pas l’importance du message que l’enfant de Dieu à souffert pour nous libérer de nos pêchers mais en faire un élément de décoration d’un lieu de rassemblement c’est particulièrement glauque et négatif. » En effet, un rapide coup d’œil me le confirme, il n’y a aucune croix dans l’église, Jésus est bien présent mais il ressemble plus à une figurine Skylanders qu’au martyre tel que nous le trouvons habituellement. Des statues en pâte à sel, peintes par des enfants, le représente souriant et utilisant ses pouvoirs divins pour faire des actions héroïques… Il n’est pas seul, certains saints sont là également. Parmi les figurines, se trouve également des pirates autour d’un plat de spaghettis et boulettes de viandes ou encore une licorne rose en plastique translucide, il me manque peut-être la référence pour pouvoir comprendre le message… Toujours est-il que si Jésus marche sur l’eau au milieu d’un fatras de personnages plus étranges les uns que les autres, il me semble que cette maison du Seigneur marche quelque peu sur la tête.

Pourquoi aller si loin dans le mélange des genres ? Je tente de provoquer un peu le prêtre en lui demandant ce que Yahvé, Dieu jaloux pensera de son initiative de mélanger tant de divinités et de la culture païenne, la question n’ébranle pas une seconde son sourire, la réponse est directe et certainement plus provocatrice que ma question : « La jalousie est un vilain défaut, le monde a changé, la diversité est aujourd’hui non négociable, s’il veut garder une place dans notre monde et a fortiori dans mon église, il devra être plus humble et laisser un peu de place pour tous les autres. Je suis confiant, Yahvé sait que ces propos ne correspondent plus au zeitgeist[1] actuel et si jamais ce sont bien les siens, il a très certainement changé d’avis depuis l’époque où ils ont été rapportés. D’ailleurs seuls les imbéciles ne changent pas d’avis, il n’est pas un imbécile. »

Son aplomb semble aussi éclatant que mon étonnement. Je suis estomaqué par cette réponse. Ce n’est pas possible, tout cela ne peut-être qu’une farce ! Vraiment cela est trop absurde, vous allez bien loin trop loin dans la critique de votre propre religion, non ? « Vous voulez de l’absurde ? L’espace inter-générationnel a très peu de moyens, elle accueille tout le monde, quelque soit ses croyances ; l’église est en plein cœur de la ville et tout y est fait pour que seuls les catholiques s’y sentent chez eux. La bibliothèque municipale regorge d’ouvrages et manque de place ; l’église est immense et réservée à l’étude d’un unique livre. Je ne pouvais me résoudre à laisser cela ainsi. J’ai donc commencé par supprimer un maximum de signes de ma propre religion pour donner autant d’espace à chaque culture. J’ai ouvert une médiathèque complète dans l’aile sud, commencé les travaux pour une mezzanine, rendez-vous bien compte de la hauteur sous plafond ? Quel gaspillage de place, on peut faire tant de choses d’un tel espace ! »

Je sais que le prêtre tente de m’embobiner avec ses éléments de langage, il est certains qu’il n’est plus dans son rôle, il n’est plus le guide spirituel qu’il était censé être. Je tente donc de comprendre comment et quand tout cela a-t-il bien pu commencer : « Il y a deux ans, j’ai accueilli Titouan, à mon cours de catéchisme, un jeune garçon de 8 ans qui avait demandé à ses parents, non pratiquants, à être inscrit. Les enfants étant le plus souvent présents par la seule volonté de leurs parents j’ai voulu féliciter le jeune homme de la ferveur de sa foi à la fin du premier cours. Celui-ci m’a regardé droit dans les yeux et m’a dit qu’il avait été déçu par le catéchisme. Il poursuivit en m’expliquant que ce n’était pas ce qu’il attendait, qu’il pensait qu’au catéchisme on cherchait dans des livres anciens ou des fouilles, si Dieu avait existé. Je ne vous cache pas que j’ai été offusqué, j’ai donc rétorqué, à cet esprit un peu trop cartésien à mon goût, qu’il n’est pas plus nécessaire de prouver l’existence de Dieu que de démontrer que 1+1 font 2, ce sont des faits évidents. Juste avant de partir, il m’a jeté un regard de défi puis soufflé à l’oreille “1+1=2… il y a sûrement quelqu’un qui l’a prouvé”. »

Un gamin de seulement 8 ans qui vous dame le pion ainsi, n’est-pas un peu irritant ? « C’est clairement ce que j’ai ressenti oui. Le dimanche suivant, après la messe, j’ai interrogé, Guy Delapecan, catholique mais également physicien à l’Université de Rennes 1. Il ne m’a pas directement répondu car il n’était pas sûr de savoir s’il s’agissait d’un axiome ou si cela avait été démontré. À la messe suivante, il est venu à ma rencontre, l’air quelque peu embarrassé avec un exemplaire de Principia Mathematica d'Alfred North Whitehead et Bertrand Russell, j’avais alors la preuve entre les mains. J’ai été incapable de comprendre la démonstration développée dans l’ouvrage mais d’autres que moi le peuvent. » Daniel m’a alors tendu le livre en question, j’avoue que toutes ses formules étaient clairement obscures pour moi aussi. Un grand nombre de caractères m’étaient même parfaitement inconnus. « Il y a peu, la lecture de Logicomix m’a beaucoup aidé à en comprendre l’intérêt, c’est passionnant, je vous conseille vivement. »

« Guy avait joint au livre une publication (Climate-Science Communication and the Measurement Problem, Dan M. Kahan, Advances in Political Psychology[2]). Cette publication m’a fait comprendre que même si le seigneur apparaissait devant un athée, il continuerait de nier son existence car cette révélation créerait une dissonance cognitive insupportable, il est impossible pour notre cerveau d’accepter une idée qui nous ferait sortir de notre groupe culturel. Donc dans l’autre sens, n’importe quelle observation allant à l’encontre d’une existence de Dieu sera niée par un croyant, moi y compris. Chacun restera dans son groupe et refusera de changer d’avis pour rester connecté à sa communauté. J’ai alors décidé de créer une communauté la plus large possible. »

« Avec Titouan, nous avons lu énormément de livres saints ou païens, du moins je lui en expliquais beaucoup car il n’avait pas vraiment la culture nécessaire pour tout comprendre. Moi non plus d’ailleurs, c’est venu un peu au fur et à mesure. Nous avons analysé l’histoire des religions plutôt que radoter le catéchisme. Les documentaires de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur[3] nous ont beaucoup aidés, mais nous avons également suivi l’odyssée à travers l'univers présentée par Neil deGrasse Tyson[4], assisté à beaucoup de conférences de l’Espace des Sciences, regardé des conférences sur internet également, en particulier la conférence TED de Richard Dawkins[5]. Cette dernière nous a amené à étudier Pour en finir avec Dieu. Un choc, une révélation, oserai-je dire une épiphanie ? »

Avec un titre pareil, blasphématoire au possible, on s’attendrait à ce que vous dénonciez ce texte, il ne vous semble pas irrespectueux ? J’ai l’impression que vous vous moquez de moi… « Quand on comprend comment a été rédigé la bible, on en comprend bien mieux tout le sens, ce n’est pas en récitant toujours le même livre qu’on l’analyse le mieux, son étude et l’analyse de son histoire sont si importante. Certes je trouve encore dans la bible une grande inspiration mais je ne la vois plus comme un livre ultime et supérieur aux autres. Le titre de la traduction française du livre de Dawkins est certes accrocheur voire racoleur mais le contenu dont je serais incapable de vous extraire une ligne pour citation, il faut le lire complètement ! Vous l’avez lu ? C’est passionnant, non ? Mais sur le coup j’admets qu’après avoir refermé le livre, je ne pouvais plus faire le catéchisme… j’étais désemparé car c’était une remise en cause complète de mon travail. Le fait est que je ne ne pouvais qu’adhérer aux propos de Dawkins sur les enfants, sur le fait d’exposer des enfants à une doctrine, la religion de leurs parents, alors qu’ils ne sont pas en âge de bien appréhender les métaphores des livres saints et surtout leur enseigner que la foi doit persister malgré tous les arguments ou preuves contraires à celle-ci, je ne pouvais tout de même pas leur enseigner à ne pas réfléchir par eux-même, analyser les faits et les confronter à leurs opinions ! »

« Le monde a évolué, il suffit de regarder les six épisodes du « monde selon Luther » de Wilfried Hauke et Alexandra Hardorf[6], pour s’en rendre compte. Les gens ne recherchent plus la spiritualité auprès d’un dieu omniscient, ils recherchent une connexion avec le reste de leur concitoyens. »

Martin Luther, père du protestantisme ? Vous êtes protestant ? Je ne comprends plus rien !

« Je ne suis pas protestant, mais il serait absurde de se définir comme membre d’une religion spécifique sans jamais lire les enseignements des autres religions ou l’histoire de celles-ci, n’est-ce pas ? L’église a évolué, évolue et continuera d’évoluer, l’époque des prêches culpabilisants tels que les ont connus nos grands-parents n’ont plus aucun sens aujourd’hui, seuls quelques prêtres arriérés continuent sur cette voie aujourd’hui, pour quelques moutons égarés. Je préfère apporter à mes concitoyens les réflexions et capacité d’analyse qui leur permettent de rejeter le nationalisme et le conspirationnisme plutôt que les culpabiliser à propos des souffrance de Jésus pour nous laver de nos pêchers, cela me semble plus constructif. »

Je ne comprends plus vraiment de quelle religion vous sentez-vous le représentant ? Vous n’êtes pas protestant, pas musulman, plus vraiment catholique, êtes-vous athée ?

« Le coup de grâce de ma mauvaise foi, l’esquisse de ma nouvelle mission… est venu du témoignage de Penn Jillette, une simple vidéo[7] de quelques minutes où le prestidigitateur explique que le livre qui l’a fait devenir athée est… la bible. Son témoignage est tellement poignant que je me suis senti obligé de relire, avec un nouveau regard, le texte sur lequel je basais toute ma vie. Aujourd’hui, je ne suis plus ni déiste, ni théiste. Je suis encore certainement panthéiste mais je me soigne, je m’estime en quête perpétuelle de spiritualité, sans me limité spécifiquement à une appartenance religieuse. »

Y a-t-il quelque chose qui vous aurait déçu dans l’Église ? vous en arrivez à de telles extrémités… Vous êtes clairement en opposition avec les directives de vos supérieurs sur de nombreuses initiatives !

« L’Église doit réformer son discours sur plusieurs points, en premier lieu à propos des plaisirs intimes. En quoi un célibataire ou même n’importe quel saint d’ailleurs peut se permettre de limiter vos pratiques sexuelles ou sensuelles, vos désirs intimes. Ceci ne regarde que les personnes concernées, tant qu’il y a consentement de l’ensemble des protagonistes. Imaginez-vous que dans plusieurs siècles certains oublient que Harry Potter est un conte. Certains considéreront alors peut-être qu’il est interdit d’astiquer sa baguette magique sans en référer à Dumbledore ou qu’un Poufsouffle ne peux pas enlacer un Serdaigle et imposeront ces idées à tous. N’est-ce pas ce que fait l’Église aujourd’hui ? »

« Ce qui me déçoit également aujourd’hui dans l’Église, mais aussi dans la société : La place de la femme. Que l’on ait pas réussi à se débarrasser de la misogynie en 1789 me semble déjà effrayant, cela aurait été le moment idéal, il aurait fallu à l’époque, que les hommes acceptent d’écouter Olympe de Gouges ! Faut-il en passer encore par la violence pour que l’égalité des sexes soit enfin une évidence ? Or l’Église est particulièrement en retard sur la société civile sur ce point. L’église devrait être moteur, être modèle. Elle est au contraire particulièrement conservatrice et rétrograde. De même pour l’homosexualité d’ailleurs. L’église évolue après la société civile alors qu’elle devrait être précurseur de progrès social. »

« Pour ce qui est de mon éventuelle opposition avec le souverain pontife, d’autres le sont bien plus que moi, même si on en parle moins. Certains prêtres continuent à parler des limbes dans leurs prêches. Les créationnistes lisent la bible au premier degré, certains réfutent même l’idée d’une création du monde plus ancienne que celle décrite dans les textes sacrés, même si certains arbres sont pourtant plus âgés. Jean-Paul II invitait déjà à écouter les scientifiques sur l’origine de l’univers. »

Et que pensez-vous de la montée en puissance des créationnistes aux États-Unis ?

« Pourquoi j’ai mangé mon père est bien plus drôle et reste plus réaliste que n’importe quel discours de créationniste. Constater que certains osent encore opposer leur ignorance crasse comme s’il s’agissait d’une vertu à cette théorie particulièrement élégante est désespérant, surtout lorsque l’on y ajoute les dernières découvertes en génétique… À Liffré-sur-Vilaine, une plaisanterie circule à ce sujet : le chaînon manquant, on l’a trouvé finalement, ce sub-humain qui semblait manquer entre Neandertal et homo sapiens sapiens, on l’avait sous les yeux, c’est un créationniste climato-sceptique. C’est à prendre avec humour, de toute façon, croire qu’il y a un chaînon manquant est en soit juste un manque de culture… »

Le climat aussi vous intéresse ? Vous êtes de tous les combats ?

« Et bien, sur ce point on ne pourra pas me reprocher une opposition avec le pape, c’est déjà un bon point pour moi, non ? Le pape François à été plutôt clair sur ce point, il est important de ne pas écouter les climato-sceptique et de faire notre possible pour préserver notre planète. Dans notre église, j’avais trois militants activistes anti-IVG. Je leur ai appris que les embryons n’ont pas de système nerveux donc aucune douleur, ils ont commencé à douter que l’on puisse vraiment les assimiler à des êtres pensants. Pendant ce temps de vrais enfants meurent de faim à cause de guerres ou du réchauffement climatique. Il nous est difficile de lutter à notre niveau contre la guerre, si ce n’est en accueillant au mieux les réfugiés qu’elle engendre. Dernièrement la cause écologie est au cœur de nombreuses préoccupations, il suffit de voir les succès de « Super Trash », « Food Choices », « Before the flood », « Demain », « Le potager de mon grand-père »,… pourtant si les consciences évoluent, l’inertie rend difficile les changements profonds nécessaires. Je leur ai donc expliqué que le réchauffement climatique est responsable de bien plus de douleur que l’avortement. Après tout le réchauffement climatique tue bien plus de monde, détruit la Terre, notre jardin d’Éden, si Dieu existe bien et qu’il est une conscience consultable, il y a fort a parier qu’il sera plus mécontent de la destruction de sa création plutôt que de la récrimination d’un médecin tentant simplement de ne pas laisser une adolescente élever un enfant dans la misère simplement à cause d’un préservatif percé ou d’une pilule mal gérée. Nous avons eu de nombreuses discussions et quelques débats virulents mais après quelques mois, ils ont décidé de canaliser et rediriger leur combat… Toute l’énergie qu’ils mettaient à être pro-life est maintenant utile à la cause écologiste ».

Quelles sont les actions que vous menez aujourd’hui dans votre église ?

« Nous suivons des cours de zététique, préparons des débats et réflexions sur le communautarisme, suivons des cours d’histoire pour tenter de combattre la montée du nationalisme, tentons de retrouver une bonne hygiène mentale[8], nous tentons de trier ensemble le flux continue de l’information pour donner plus de visibilité aux informations qui nous semblent importantes : nous préférons mettre en avant la méthode scientifique de Nicolas Martin que le lavage de cerveau de BFM TV, mettre en avant Étienne Klein plutôt que Cyril Hanouna,… Se vider la tête ne devrait jamais se faire par un divertissement avilissant, nous faisons la promotion de la méditation, des massages, de la relaxation. »

« Le quidam est tant sot, tant badaud et stupide de nature, qu’un ange de télé-réalité, un complotiste, un chaton jouant avec des clochettes, un politicien populiste, assembleront plus de "j’aime" que ne ferait un bon prêcheur de l’Évangile ».[9]

Les prochaines actions de monseigneur Doquince : « seront remplacés dans la crèche de Noël, le bœuf par un minotaure, l’âne par Jolly Jumper, il y aura bien un ange mais il aura les traits de Gally, Jésus arborera fièrement la célèbre crête de Titeuf, à proximité les rois mages auront les costumes d’Iron Man, Captain America et Thor », cela fera encore certainement bondir les puristes et conservateurs mais en tant que créations des enfants du catéchisme, la pilule passe plus facilement.

« Nous réfléchissons également à supprimer les croix dans le cimetière. Celui-ci a pignon sur rue, il n’y a pas de raison que les morts se permettent d’afficher ostensiblement leur religion alors que nous exigeons des vivants qu’ils se comportent plus décemment en les gardant privés. »

Pourquoi faites-vous tout cela concrètement ? « Il me semble important d’apporter à tous un esprit de communauté. Beaucoup d’athées viennent dans mon église car ils y trouve une spiritualité et une communauté qu’ils ne trouvaient que très difficilement. L’esprit de communauté ne devrait pas sembler réservée aux théistes. Nous trouvons de la spiritualité dans la philosophie mais aussi dans certains manga. Qui oserait dire que le travail de Yukito Kishiro n’est pas d’une grande œuvre philosophique ? À ceux qui estime que Gunnm n’est qu’une suite de scènes violentes, je demande n’en est-il pas de même dans les textes sacrés ? Pour répondre à votre question, disons simplement que je fais ma part de colibri pour que l’ensemble de la société croyants, agnostiques et athées, se sente appartenir à une seule et même communauté. »

Certains crieront à l’hérésie, d’autres feront remarquer que certaines initiatives de monseigneur Doquince ne lui sont pas réservées, bien des églises sont ouvertes sur la société. Peut-être, mais aucune n’a, à notre connaissance, réfléchit autant sur la portée, voire la nuisance de l’apprentissage de la foi à un âge trop influençable ou à être aussi en avance sur sur époque. Il est en tout cas certain que nous n’avons pas fini d’entendre parler de l’église de Liffré-sur-Vilaine !

Notes

[1] d’après Wikipédia : notion empruntée à la philosophie allemande signifiant « l’esprit du temps », climat intellectuel et culturel d'une époque

[2] DOI : 10.1111/pops.12244, voir également http://passeurdesciences.blog…nient-les-resultats-de-la-science/

[3] https://www.franceinter.fr…-7-9-04-decembre-2015

[4] http://www.natgeotv.com…une-odyssee-a-travers-l-univers

[5] https://www.ted.com…militant_atheism

[6] http://www.arte.tv…selon-luther-1-6

[7] https://youtu.be/E3rGev6OZ3w

[8] https://www.youtube…fauxsceptique

[9] « Le peuple de Paris est tant sot, tant badaud et stupide de nature, qu’un bateleur, un montreur de reliques, un mulet avec des clochettes, un vielleux au milieu d’un carrefour, assembleront plus de gens que ne ferait un bon prêcheur de l’Évangile ». − Gargantua, François Rabelais.

Pas malade

  • <Papa> Tu as eu une diarrhée Yaël ?
  • <Yaël> Non
  • <Papa> Maman m'a dit que tu as fait caca liquide
  • <Yaël> Oui
  • <Papa> Tu sais ce que c'est une diarrhée ?
  • <Yaël> Non

Tim Minchin − Storm

Tim Minchin est quelqu’un que je trouve admirable et inspirant. Je suis seulement déçu de ne l’avoir découvert que depuis peu, merci à Hygiène Mentale :

Aujourd’hui, j’ai découvert qu’un petit animé a été fait à partir d’un extrait de son spectacle. Je l’ai regardé plusieurs fois (car mon anglais n’est pas suffisamment bon pour que je puisse tout comprendre d’un coup). Puis j’ai trouvé une version avec des sous-titres . Passionnant :

« Numworks » dans Linux Pratique 105 (Janvier-Février 2018)

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J’ai acheté une calculatrice Numworks en septembre et j’ai très vite adoré celle-ci ! Depuis, des mises à jour l’ont rendu encore plus géniale.

J’ai pu interviewer Romain Goyet, fondateur de Numworks, une interview téléphonique de plus d’une heure ! Je ne suis pas sûr que j’aurais eu droit à une telle disponibilité de la part du pdg de Casio ou TI. Pas de langue de bois, pas une logorrhée d’éléments de langage, j’ai adoré conversé avec Romain, une disponibilité et accessibilité qui font plaisir.

4 pages d’article, 4 pages d’interview.

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Post-it : Steam

Connecter un steam controller à un steam link sans dongle

  • Allumer le Steam Link sans aucun périphérique d’entrée connecté
  • Attendre l’écran demandant la connexion d’un périphérique d’entrée
  • Maintenir X enfoncé, appuyer sur le bouton Steam

Source

Lancer Steam minimisé au démarrage de l’ordinateur

steam -silent

Source

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