51oet-tS9QL._SX210_.jpg : « Signe de vie » de J.R. Dos Santos

Le livre le plus médiocre qu’il m’ait été donné de lire ! J’ai failli arrêter ma lecture de nombreuses fois car j’avais l’impression d’être pris pour un imbécile. Mais je me suis engagé à en faire une critique constructive :

Prendre pour prétexte une histoire fictive afin d’apprendre au lecteur un maximum de faits scientifiques, au début, cela me semblait intéressant (découverte des pulsars, Ockham, seti, âge de l’univers observable, etc) et puis… On se rend compte que cela pose plusieurs énormes problèmes au récit : Le premier, évident, il ne se passe rien ! Vraiment en 700 pages il ne se passe vraiment presque RIEN. Il s’agit seulement de dialogues entre scientifiques (et un historien) qui passent leurs temps à expliquer des concepts de physiques, biologie, mathématiques, théologie,… Mais ce n’est pas très grave comparé aux autres problèmes…

Comme les dialogues sont un prétexte pour expliquer des concepts au lecteur, les situations en deviennent complètement absurdes ! Par exemple : Une astrobiologiste qui demande à un mathématicien

« Les mathématiques peuvent fonctionner avec un système en base soixante ? »

c’est tellement con que ça ne peut pas être crédible une seule seconde, c’est d’un niveau CE1, bon sang ! On apprend en CE1 à lire l’heure, comment une astrobiologiste pourrait se poser une telle question ? Et ce n’est qu’un exemple, on pourrait en citer de nombreux autres du même genre. On sent tellement que le récit n’a aucune importance, toutes les situations ne sont que des prétextes, c’est tellement téléphoné ! Ça ne donne pas l’impression qu’il s’agit de discussions entre scientifiques, cela ressemble plus à des discussions scientifiques de comptoir.

L’humour de l’auteur ? Comment peut-on faire de l’humour aussi stupide en dehors d’une cours d’école primaire, franchement ? Le héros qui se demande comment seront les extraterrestres tente d’alléger la conversation (pour une raison X) :

« … Si ça se trouve, ils seront verts et auront des yeux au bout du zizi et des dents sur la queue. Comment savoir ?
Elle rit doucement.
— Il n’y a que vous pour me faire rire, observa-t-elle,… »

Vraiment ? Cela semble crédible une telle discussion hors d’une cours de récré ? Pire encore un peu plus tard quand un astronaute fait croire à ses collègues qu’il est en train de manger son caca, mais non… c’était une saucisse ! C’est une blague de Toto ? J’ai passé l’âge, merci ! L’humour est rare dans le roman mais chaque essai est complètement à côté de la plaque ! L’astronaute qui explique que son chien va chercher le magazine auquel il est abonné :

« — C’est Scientific American ?
— Non, Playboy.
Ils éclatèrent de rire. »

C’est pas possible d’être aussi nul ! C’est téléphoné, c’est facile, c’est mauvais ! Comment peut-on laissé passer une telle médiocrité dans un roman !

Les cliffhangers à la fin de chaque chapitre. C’est quelque chose que j’appréciais, je crois que je suis maintenant vacciné. Les chapitres sont très courts (il y a 108 chapitres). Chaque chapitre se termine par un cliffhanger ridicule : puisque le chapitre est trop court pour installer une vraie intrigue, il s’agit donc d’un mini moment de suspens téléphoné. On le voit venir, on se doute du retournement, c’est NUL ! Quand j’ai lu "Seul sur Mars", je me rappelle avoir été incapable d’arrêter sur certains cliffhangers de fin de chapitre vraiment bien pensés, dans "Signe de vie" à chaque fois j’ai eu l’impression que l’auteur me prenait pour un attardé.

D’un point de vue littéraire, rien à espérer, du coup ça se lit très facilement (si ce n’est qu’il faut rester motivé car il faut supporter de se sentir insulté). Si ce n’est les détails scientifiques ou certaines situations bien décrites (ce que peuvent ressentir les astronautes par exemple), le peu qu’il reste est compréhensible par un enfant, tout est détaillé à la manière d’un épisode des Télétubbies : tout est explicité en permanence. Si vous comprenez un sous-entendu évident dans un dialogue, vous constaterez quelques lignes plus tard, qu’il sera expliqué de toute façon, rien ne reste non explicite, posez votre cerveau, on s’occupe de tout…

Les personnages sont caricaturaux au possible : L’Américain est lourdaud avec la femme astronaute qui est incroyablement belle (le chapitre où celle-ci tente de séduire le héros à la limite du viol est d’un ridicule invraisemblable particulièrement pitoyable ! D’une médiocrité déconcertante, j’avais honte pour l’auteur en lisant une telle scène à peine digne d’apparaître dans la rédaction d’un collégien libidineux), les russes ne veulent pas s’associer à l’entreprise internationale car ils ont un plan de méchants (évidemment), la NASA ne donne que des hamburgers à manger aux astronautes,… PITIÉ arrêtez le massacre !!!

Je passerai sur les passages où le héros, décrit comme non-croyant, démontre à la Bogdanov, que le réglage des constantes cosmologiques prouve l’existence d’un dessein intelligent, donc d’un créateur. Démonstration qui ne trouve aucune opposition des scientifiques puisque c’est bien connu, les scientifiques ne savent pas démonter les tautologies et autres arguments fallacieux… On peut être gêné par le fait que cette démonstration soit présentée comme si elle était scientifique alors que le principe anthropique fort est clairement en dehors de cette discipline… honnêtement on n’est même plus à cela prêt, si seulement il n’y avait que cela à critiquer…

À lire si vous aimez être pris pour un imbécile et que vous ne voulez qu’effleurer un maximum de concepts scientifiques et religieux (présentés comme scientifiques). D’une médiocrité crasse ! Une bouse immonde !