un-peu-de-science-ca-ne-peut-pas-faire-de-mal.jpg : "Un peu de science ça ne peut pas faire de mal" de Jacques Treiner

Un recueil de chroniques scientifiques courtes et simples d’accès qui sont très éclairantes. Dès sa première chronique, Jacques Treiner nous explique qu’il faut se méfier des chiffres donnés par les gens qui veulent faire passer leurs idées, qu’il faut toujours être vigilant. C’est donc en écoutant ce conseil qu’on lit le reste des chroniques.

L’âge de la Terre, les ondes électromagnétiques, l’astronomie,… les sujets détaillés sont variés, mais c’est le réchauffement climatique et surtout la production d’énergie qui semblent intéresser l’auteur. En aidant à mieux appréhender les ordres de grandeurs de la consommation énergétique et de la "production", on comprend mieux les enjeux, les intérêts, on décortique les discours partisans. Mais là où il y a une erreur à mon avis de la part de Jacques Treiner, c’est qu’à force d’expliquer les défauts des discours pour les énergies renouvelables et prendre la défense du nucléaire, on finit par penser que son propre discours est juste pro-nucléaire. Je pense qu’il s’agit en réalité d’un certain pragmatisme, d’un constat froid d’une réalité peu agréable mais que l’on ne peut pas changer rapidement et simplement. Mais l’envie de défendre l’intérêt du nucléaire pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre, ne devrait pas éluder les arguments en sa défaveur (dangerosité potentielle, déchets nucléaires,…), une simple chronique sur le sujet manque pour nous rassurer sur l’impartialité de l’auteur, juste pour équilibré le discours.

C’est particulièrement flagrant dans le chapitre 13, que je n’ai pas du tout aimé (c’est le seul, sur 31 chroniques). Déjà, il commence très mal puisqu’il incite à se rendre sur google pour aller sur le site www.ined.fr. Ça me fait saigner les yeux puisqu’il est évidemment inutile de passer par un moteur de recherche si on connaît l’adresse du site (le moteur de recherche sert justement à trouver un site dont on ne connaît pas l’adresse à partir de mots clés) mais l’auteur n’est pas forcément un geek, on l’excusera pour cette fois. Ensuite pour des raisons de simplifications de calcul on fait une règle de 3 simpliste qui va permettre de calculer un ordre de grandeur de la future consommation énergétique, en mettant sous le tapis par exemple les arguments qui pourraient faire baisser les estimations (amélioration de l’efficacité énergétique des appareils par exemple). Il aurait suffit d’expliquer que ces baisses ne compenseront pas l’augmentation du volume ou n’importe quoi… mais le fait de l’éluder tout simplement laisse un sentiment étrange, surtout après avoir reproché à WWF et Greenpeace de ne prendre en compte que les paramètres qui vont dans le sens de leurs discours… C’est dommage, car il aurait suffit de pas grand chose pour moins donner le sentiment d’un discours partisan sur ce point.

En bref, un tout petit livre très intéressant qui nous invite à ne pas poser notre cerveau, qui donne du grain à moudre sans pourtant prendre la tête. Je le critique un peu mais c’est justement parce qu’il invite intelligemment à ne pas me laisser avoir par les discours simplistes, cela montre peut-être que le livre réussit fort bien à éveiller son lecteur.

Merci Hubert Krivine (de m’avoir donné envie de le lire), merci Aurélie et Samuel de me l’avoir offert.