CVT_Quand-est-ce-quon-biaise-_9241.jpg : « Quand est-ce qu’on biaise » de Thomas C. Durand

Après avoir explicité l’ensemble des sources d’ambiguïtés pour les éviter, ne reste alors plus qu’à décortiquer les idées. C’est ce que propose ici Thomas C. Durand avec brio, profitant de plus, de l’occasion, pour expliquer les mécanismes qui nous induisent parfois en erreur, ce qui nous évitera alors peut-être de tomber à nouveau dans ces pièges que le cerveau semble vouloir nous jouer.

À peine le livre fini, j’ai déjà envie de le reprendre en main. J’aimerais pouvoir en assimiler complètement le contenu. Je sais que je le lirai à nouveau, j’espère pouvoir faire en sorte que ma façon de penser profite pleinement de l’ensemble des connaissances développées au fil des chapitres. J’ai vu les vidéos de La Tronche en biais, le livre ne m’a pas semblé une redite pour autant, étonnant puisqu’il s’agit des mêmes textes, compréhensible puisque j’ai vu les vidéos il y a déjà quelques temps. Les épisodes étant parfois très denses, il est intéressant d’avoir accès à un format papier qui permet, pour moi en tout cas, de mieux assimiler certains contenus.

Pour être complet, je dois tout de même admettre que le livre n’est pas sans défaut, je les estime pour ma part aux nombre de deux (que j’admets très subjectifs):

  1. Puisqu’il s’agit en partie d’une réutilisation des scripts de l’émission « La tronche en biais », j’aurais aimé une illustration présentant les deux personnages, en préface ou en quatrième de couverture.
  2. Certains passages sont assez complexes, il m’a fallut quelques relectures pour saisir certains paragraphes. En particulier, le très intéressant chapitre 16, dont la page 191 (avec la citation de Carl Gustav Jung) m’a semblé incroyablement obscure. Lue encore, relue et lue, rien à faire, son sens m’est resté inaccessible.

Le chapitre 7, démontant en quelques pages le célèbre paradoxe de l’œuf et de la poule, donnant une réponse qui devient alors une évidence est délicieux. La plupart des chapitres, sont l’occasion de décortiquer des questions de façon non manichéenne, apportant un recul bienvenu, des explications parfaitement explicites, documentées et référencées. Certes, cela n’est pas toujours facile à digérer mais c’est incroyablement enrichissant. Le chapitre 23 « Le sexe, le genre et les biais cognitifs » est un parfait exemple de cette qualité. Incroyablement riche, il permet non seulement de comprendre à la fois ceux qui défendent et ceux qui abhorrent la "théorie du genre" mais surtout permet de prendre énormément de recul sur un sujet complexe et clivant, comme sur des sujets annexes (l’essentialisme en particulier).

Le dernier chapitre est un appel à la bienveillance et à l’humilité, car nous ne devons jamais oublier que nous sommes tous victimes de biais, sur un sujet ou un autre. Un chapitre intelligent que j’ai écorné (j’ai écorné plusieurs pages mais sur la fin, j’ai écorné les chapitres, c’était plus pertinent). Dommage que mon marque-page précédait cet ultime chapitre de quelques pages lorsque ma belle-sœur m’a défié de démontrer que les citrons momifiés par un magnétiseur, qu’elle me montrait en photo, ne sont pas une preuve indiscutable que les magnétiseurs ont un pouvoir que la Science est incapable d’expliquer. J’ai beau savoir depuis quelque temps déjà qu’il est inutile et contre productif de s’emporter, je n’ai pourtant pas réussi à faire preuve d’humilité (du tout). Ma lecture est alors devenue un chouette boomerang, le retour de bâton bien mérité. C’est une façon d’apprendre et de progresser.

Un livre passionnant. À lire, relire et offrir.

Si l’on prend le titre au premier degré, je connais parfaitement la réponse : dès la lecture de la couverture. Du moins, c’est la réponse que m’inspire la tête de ma voisine dans le car, il semble qu’elle ait été biaisée dès la lecture du titre.