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Révisions de tables d’addition et multiplication - Mathématiques CE2

Pour que mon fils apprenne et révise ses tables d’addition et multiplication j’ai commencé par lui poser des questions, comme l’ont fait mes parents lorsque j’étais enfant. Puis j’ai tenté de laisser l’informatique prendre le relais car apprendre en jouant est souvent apprécié par les enfants (et par les adultes aussi d’ailleurs).

Calcul pour les enfants

Après quelques recherches parmi la tonne de jeux éducatifs, j’ai lancé Calcul pour les enfants sur tablette (application gratuite mais non libre et avec publicités).

L’avantage de cette application est qu’il est possible d’activer/désactiver certaines tables, ce qui est très pratique lorsque votre enfant doit apprendre les tables de 1 à 5 mais n’a pas encore appris les suivantes.

J’avais initialement proposé de jouer à TuxMath, un jeu avec un temps limite par opération, mais il se mettait dans un état de stress tel, malgré un compte à rebours très long, qu’il me semblait préférable de trouver autre chose. Cette application n’a pas de limite de temps, il pouvait jouer sereinement. Il a beaucoup jouer à ce jeu et son petit frère de 4 ans (3 quand il a commencé) était très content d’y jouer également pour imiter son frère (se limitant aux additions et se servant des doigts de son père comme boulier). Seul souci, en cas de faute, mon plus grand fils refuse de continuer la partie, cache la section de l’écran où sa faute apparaît et se met dans des états impossibles (crise de larme,…). Rien à faire pour le raisonner.

[Digression] Quand je le vois jouer à la console, je constate que les jeux actuels aident énormément les joueurs en difficulté, il n’est pas nécessaire de recommencer encore et encore si on rate. Les Mario actuels (par exemple) disposent d’un mode automatique si vous ratez trop de fois, si l’on compare cela au fait que le premier Mario sur NES n’avait pas de sauvegarde… Est-ce parce que c’était difficile que l’idée de tout recommencer ne me dérangeait pas ? Je me rappelle avoir fait et refait les premiers niveaux de Wonder Boy des dizaines voire des centaines de fois et avoir adoré ce jeu, cela contraste tellement avec mon fils qui hurle qu’il est nul parce qu’il a fait une erreur… bref, il faudra que je le fasse jouer à de vieux jeux pour vérifier ma théorie et que je m’occupe de ce problème d’assurance. [/Digression]

iTooch CE2

Puisqu’il entre en CE2, j’ai installé quelques jours avant la rentrée, deux applications pour qu’il révise un peu. Il adore iTooch Mathématiques CE2 et iTooch Français CE2 (applications gratuites mais non libres et avec publicités). Dans ces deux applications pour tablette, des questions sont posées dans plusieurs catégories, des étoiles récompensent les meilleurs résultats, on peut choisir la notation (18/20 ou B+). Mon fils ne semble pas ressentir de frustration, il aime jouer. Il faut dire que du jeudi au samedi, les écrans sont interdits à la maison, sauf quelques rares fois, pour les jeux éducatifs, que ne serait-il pas prêt à faire pour jouer sur écran ?

TuxMath

L’année scolaire commence par des révisions de tables d’addition. J’aurais pu le faire un peu rejouer au premier jeu cité, mais cette fois c’est l’extrême lenteur à laquelle il répond qui pose problème. J’ai donc ressorti TuxMath (jeu gratuit et libre) sur PC.

Les opérations tombent plutôt lentement, surtout en plein écran (fullHD), il est possible de choisir un peu le niveau, le mode arcade est certainement le plus intéressant. Les parties sont très longues, du coup, il a pu réviser sans pour autant ressentir de lassitude. Parmi les regrets, je trouve dommage de ne pas pouvoir supprimer la table d’addition de 0 car cette table est assez peu utile à réviser, quelques réglages plus fins sur les niveaux seraient intéressants. Mais de toute façon, le mélange laser/astéroïdes rend le jeu attirant.

Les révisions vont bon train jusqu’à ce qu’une nouvelle crise de larme n’apparaisse après plusieurs minutes de jeu, le deuxième jour. Non pas qu’il en ait raz-le-bol mais parce que le jeu commence à être trop rapide pour lui. C’est un peu comme Tetris, au fur et à mesure le jeu accélère et ne s’arrête qu’une fois que vous n’arrivez plus à suivre et qu’un « Game Over » apparaisse. Le problème ici est que mon fils considère alors qu’il perd, qu’il est mauvais, qu’il a échoué. Décidément, cette idée est tenace et un brin agaçante ! J’ai beau lui expliquer que c’est le fonctionnement du jeu en mode arcade qui est ainsi, qu’il ne peut pas continuer indéfiniment et qu’il ne faut pas voir cela comme une défaite mais comparer son score aux fois précédentes, rien à faire pour le raisonner. Décidément il va falloir que je travaille ce point.

Réfléchir est un jeu... Et toi, à quoi tu joues ?

Je pourrais tester encore et encore les centaines d’applications pour en trouver une qui convient mais j’ai finalement trouvé plus amusant. Il me faut un jeu sans timing par question, sans « Game Over », qui permet de sélectionner les tables à réviser où le score dépend de la vitesse, du nombre de fautes… après tout, c’est une bonne occasion de jouer moi-même : Je vais l’écrire ce jeu !

Je n’ai pas besoin de fioriture, un simple script en console devrait suffire. Avec un peu de chance, si le code est suffisamment simple, je pourrais initier mes enfants au code (Lourd est le parpaing de la réalité sur la tartelette aux fraises de nos illusions) ! C’est parti pour l’écriture d’un script en python ! Par quoi commencer ? Ben, apprendre python, pardi ! Je constate assez vite que c’est plus simple que ce à quoi je m’attendais initialement. Il faut dire que mon script ne demande pas de fonctionnalités bien complexes…

Après quelques courtes minutes et recherches sur la toile, j’obtiens le code suivant :

#!/usr/bin/python3
# -*- coding: utf-8 -*-
from random import randint
x=(randint(1,9))
y=(randint(1,9))
z=x+y
print(x,"+",y,"=")
input_reponse = input("Votre réponse : ")
if (z==int(input_reponse)):
  print ("yes")
else:
  print("no")

Alors certes, cela ne casse pas trois pattes à un canard mais c’est moi qui l’ai fait ! Je suis content de moi, il m’en faut peu j’en conviens, mais je suis content d’avoir créé moi-même le programme dont j’avais besoin. Pas besoin de connaissance poussées en informatique, je suis persuadé que la majeure partie des gens aurait pu écrire ces 12 lignes. Le problème est que la plupart des gens ne se savent pas capables de le faire, un manque de confiance mélangé, il faut l’admettre et c’est normal, à une dose de flemme saupoudrée de total désintérêt. C’est dommage car c’est amusant (bien plus stimulant et intéressant que la partie de solitaire sur tablette à laquelle ma voisine de car jouait hier soir, si vous voulez mon avis).

Un tout petit peu plus loin

Quelques minutes et une boucle while plus tard, j’obtiens une petite soixantaine de lignes de code. J’ai maintenant un script assez simple et qui convient pour mon usage.

Je pourrais enregistrer les meilleurs scores, vérifier si la réponse est bien un entier, faire une interface graphique avec des dessins, ajouter les soustractions, multiplications, divisions,… cela me permettrait d’apprendre un peu plus le langage et l’algo… un jour peut-être, quand le besoin se fera ressentir. À moins que ce script me serve justement à démontrer aux fistons qu’il est facile d’obtenir un programme simple en le codant soi-même…

J’ai mis cela sur mon dépôt GitHub sous licence libre évidemment (CC0 aurait été plus approprié que GPL vu la simplicité de l’algo mais bon, j’avais le fichier de licence GPL déjà prêt…). Aurez-vous envie d’y jeter un œil ? Je ne pense pas que cela puisse vous être d’une grande utilité, c’est plus l’idée de faire soi-même que le code que je voulais partager ici.

Pour le score, pas facile de trouver le juste équilibre, j’ai fini par choisir cette formule :

score=partie_entière_de( 1000× (points-0.2×nb_fautes)/temps_moyen_par_question )

je ne sais pas si c’est le meilleur choix mais il n’est pas aisé de trouver la formule idéale… il va falloir que j’y réfléchisse un peu plus… chic !?

Bonus : Smartphone

Il existe une application Android qui permet d’exécuter des scripts Python (dans mon cas Python3) : QPython3. Celle-ci ne semble pas libre (we will push on the whole qpython to be opensource gradually) et demande l’accès à beaucoup de choses dans mon téléphone (il y a une explication à cela, puis-je vraiment faire confiance ?) mais je n’ai pas trouvé d’équivalent dans F-droid…. Toujours est-il que maintenant mes enfants pourront faire des additions sur mon téléphone dans la salle d’attente du médecin, ce sera toujours plus utile qu’Angry Birds.

Conclusion

Je n’ai pas fait grand chose ici, bien moins que pour mes scripts nautilus, bien moins que n’importe quel développeur que vous aurez l’occasion de croiser. Je n’ai rien développé d’important ici, ce n’est pas du code dont je peux être particulièrement fier pourtant j’éprouve une satisfaction certaine, le plaisir de réfléchir à des algorithmes simples, le plaisir d’apprendre une nouvelle syntaxe, le goût des choses simples comme diraient Ludwig Schweisfurth et son épouse Wilhelmine.

Extrait d’un spectacle comique ?

  • <Yaël> Maman, je te dis une blague : qu’est ce qu’on ne trie pas et que l’oiseau qui vole ?
  • <Maman>…
  • <Yaël> Bah, l’oiseau il mange une pomme !

La petite marchande de prose

la-petite-marchande-de-prose-303.jpg : « La petite marchande de prose » de Daniel Pennac : Monsieur Pennac je vous aime !

J’aime son style d’écriture, j’aime sa façon de me balader dans ses intrigues, j’aime ses personnages… j’aime Daniel Pennac ! C’est poétique, c’est intrigant, c’est bourré de suspens, de fausses pistes, de dénouements inattendus… c’est le troisième livre de Pennac que je lis. J’ai dévoré « La petite marchande de prose », une fois commencé, impossible de m’arrêter !

Benjamin Malaussène se retrouve encore une fois au cœur d’un gros tas d’emmerdes et on ne peut plus au centre d’une enquête de police. Tous les personnages que Pennac a développé dans les précédents volumes de la saga sont là et il est très agréable de les retrouver. Pendant une bonne partie du livre, je me disais régulièrement (en parlant de l’auteur pas d’un personnage) : « Il n’a pas pu lui faire ça ? Il ne peut pas lui faire faire ça ! Comment il va le sortir de là ? Comment il va la sortir de là ?» du coup impossible d’arrêter tant que je ne comprenais pas. Et finalement tout s’imbrique tellement bien, tout semble logique (dans l’univers Malaussène en tout cas).

Imaginez un joli mécanisme parfaitement huilé digne d’une montre suisse (début du roman), vous ajoutez un grain de sable (le mariage de Clara, jusqu’ici pas de surprise, je vous suis Monsieur Pennac), puis deux, puis trois (George R. R. Martin qu’est-ce que vous faites dans à ce roman ?), puis vous déversez l’intégralité de la plage de votre choix dans votre mécanisme (moitié du roman, Monsieur Pennac, je ne vois pas comment vous allez vous en sortir…). Petit à petit, secouez le mécanisme pour que tous les grains disparaissent et vous retrouverez le système initial en parfait état. Profitez du sable pour édifier une statue en l’honneur de Julie et son extrême beauté (toujours aussi belle et volontaire, j’aime Julie…).

Au début du roman, mon inculture m’a obligé à chercher des informations sur deux personnes : Alexander Sutherland Neill et Henri Désiré Landru.

« Oh My ZSH! » dans Linux Pratique 91 (Septembre-Octobre 2015)

linux-pratique-91a.jpg

J’ai rédigé un article sur Oh My ZSH! pour ce numéro. Il s’agit du premier outil qui m’a convaincu de changer de shell car pour une fois c’est un outil à la fois simple et qui apporte des fonctionnalités qui me semblent intéressantes. Pour ne rien gâcher, le développeur principal a eu la gentillesse de répondre à quelques questions.

linux-pratique-91b.jpg

Pas prêt d'en trouver une bonne !

Yaël ramasse une noisette, la casse entre deux cailloux, la met dans sa bouche, mâche puis crache.

  • <Yaël> Elle est pas bonne !

Yaël ramasse une nouvelle noisette, la casse entre deux cailloux, la met dans sa bouche, mâche puis crache (pas de chance !).

  • <Yaël> Elle est pas bonne !
  • <Maman> Tu aimes bien les noisettes, toi ?
  • <Yaël> Non.

90 secondes pour comprendre …

Il y a un an et demi − je ne connaissais pas e-penser ou Scilabus… − j’ai voulu faire quelques vidéos de vulgarisation scientifique. La construction d'un épisode était la suivante :

  1. Introduction stupide : N'ayons pas peur de passer pour deux cons,… C'est pendant ou à la fin de l'introduction que l'écran titre apparaît.
  2. Monologue : un monologue scientifique de 90 secondes
  3. Absurde : Réaction de mon acolyte souvent décalée.

J’ai écrit 3 épisodes. Les collègues, les amis, la famille trouvaient les textes intéressants, les gags amusants, le concept sympa. J’en ai tourné 2, j’en ai monté 1 et j’ai considéré que la qualité était suffisamment bonne pour ne pas diffuser ces vidéos. Sur le papier, le concept était sympa mais en live c’était juste horrible : jeu d’acteur bidon, monologue beaucoup trop dense, mauvais éclairage,…

Je vous épargne les gags, vous n’aurez pas non plus les animations explicatives ou les annotations, voici les monologues que j’avais rédigés :

Big Bang

Il y a un petit peu moins d’un siècle, Alexandre Friedmann puis indépendamment Georges Lemaître ont proposé l’hypothèse d’un univers en expansion pour résoudre la relativité générale d’Albert Einstein. Cette théorie sera nommer bien plus tard « théorie du Big Bang » par un de ses détracteur, ce qui donnera faussement l’idée d’une explosion, idée qui persiste encore de nos jours. Confrontons l’idée d’un univers non figé à l’observation :

Premièrement, si l’univers se dilate alors la lumière qui le traverse l’est aussi, cela signifie théoriquement que la lumière émise par les objets lointains deviendrait relativement plus rouge en traversant l’univers. Il se trouve qu’en 1929, Edwin Hubble observe ce décalage lors de ses mesures de distance de galaxies. Il établira alors que les galaxies s'éloignent les unes des autres à une vitesse proportionnelle à leur distance.

Deuxièmement, s’il y a une expansion de l’Univers alors à son origine, il était particulièrement dense donc chaud. Une chaleur tellement forte qu’il en reste théoriquement une trace dans l’espace aujourd’hui, un peu comme la chaleur résiduelle que l’on sent quand on met la main dans un four éteint depuis peu. Cette idée de fond diffus cosmologique est publiée en 1948 et plus ou moins oubliée jusqu’en 1965. Cette année là, deux chercheurs publient le profil du bruit qui parasite leur antenne lorsqu’ils tentent de communiquer avec le satellite Écho. On se rendra compte alors qu’il correspond en tout point au rayonnement fossile calculé 17 ans plus tôt !

En conclusion, l’expression « Big Bang » ne désigne ni une explosion, ni un commencement. Il s’agit d’une théorie, dont les éléments principaux sont un univers en expansion et une période dense donc chaude il y a près de 14 milliards d'années. Cette théorie a plusieurs fois été confortée par différentes observations. Certains points sont toujours discutés et débattus, mais c’est le principe même de la science, c’est ce qui permet d’améliorer nos connaissances.

Bibliographie :

  • Conférence « Peut-on voyager dans le temps » de Étienne Klein à l'Institut de Physique de Rennes (18.03.2008)
  • Site « Big Bang ‑ Des origines de l'Univers aux origines de la vie » (www.cnrs.fr)
  • Encyclopédie collaborative Wikipedia : Big Bang, Bell Labs,…
  • France culture : « Dernière nouvelles de l'Univers » de André Brahic 28.07.2013
  • MinutePhysics : « Science, Religion, and the Big Bang » de Henry Reich
  • R. Alpher, R. Herman, "Evolution of the Universe", Nature, 162, 774 (1948).
  • G. Lemaître, "Un univers homogène de masse constante et de rayon croissant rendant compte de la vitesse radiale des nébuleuses extra-galactiques", Annales de la Société scientifique de Bruxelles, 47, 49 (1927)
  • Bernard PIRE, « Un atome d’univers. La vie et l’œuvre de Georges LEMAÎTRE (D. Lambert) »
  • Encyclopædia Universalis en ligne, consulté le 14 février 2014. URL
  • Friedman, A., "On the curvature of space", General Relativity and Gravitation 31 (12): 1991–2000 traduction de Friedman, A. . "Über die Krümmung des Raumes". Zeitschrift für Physik 10 (1): 377–386 (1922)
  • Planétarium de Rennes Hubble

episode_1_p.jpg

Pythagore

Dans un triangle rectangle de côtés a, b et c, c étant le plus grand côté alors c multiplié par lui même, c’est à dire c² est égal à la somme a² + b². On attribue la démonstration de ce théorème à Pythagore mais cette formule était déjà connue depuis plus d’un millénaire et sa démonstration pouvant se faire de plusieurs centaines de façons, plusieurs cultures se la sont appropriée indépendamment, la nommant alors différemment.

Les collégiens de nos jours se demandent souvent pourquoi ils doivent apprendre ce théorème qui a traumatisé certains de leurs aînés et qui semble inutile dans la vie courante. Notons même si c’est anecdotique, que les maçons l’utilisent régulièrement. Les outils sont parfois peu pratiques sur de grandes distances, donc le plus simple pour vérifier qu’un angle est droit est de mesurer 60 centimètres d’un côté, 80 de l’autre, si la distance entre les deux points est bien d’un mètre, l’angle est droit ! Mais pourquoi l’enseigner à tous puisque peu de personne auront à construire un mur et même si c’était le cas, inutile de savoir de quoi il s’agit pour l’appliquer ?

Premièrement, le théorème de Pythagore, comme la loi universelle de la gravitation, le nom des planètes du système solaire, les fables de La Fontaine, 1984 ou la recette des crêpes, fait parti d’un ensemble de connaissances qui, seules, n’ont pas forcément d’application concrète mais qui une fois compilées, forment ce qu’on appelle la culture générale complètement inutile, sauf bien sûr, si l’on souhaite avoir plus de charisme qu’un bigorneau cuit.

Deuxièmement, le théorème n’est en fait qu’un prétexte pour apprendre quelque chose de plus important. Il permet de s’exercer simplement a appliquer une règle, sa réciproque ou sa contraposée sur des données et à conclure de façon cohérente. Faire une démonstration rigoureuse permet d’acquérir une méthode de raisonnement et de structurer sa pensée, rien que ça !

Bibliographie :

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Les femmes scientifiques

« Une femme mathématicienne, c’est contraire à la nature, un trans. Les femmes artistes ou savantes, sont des dégénérées. Les femmes brillantes ressemblent à des hommes déguisées. Les femmes ayant d’autres talents que ceux de mère ou amante sont le résultats de mutations pathogiques. »

Ces propos vous semblent ridicules, pourtant c’est en substance ce que le neurologue Paul Möbius a écrit il y a environ un siècle ! Pas étonnant avec de telles mentalités qu’il reste encore aujourd’hui un déficit de femmes en sciences.

De nos jours, des initiatives comme par exemple l’« Association Femmes & Sciences », font la promotion des sciences auprès des femmes. Une des clés de la réussite : permettre aux écolières d’aujourd’hui de s’identifier à des modèles.

Marie Curie cannibalise l’attention avec ses 2 prix Nobel mais elle n’est évidemment ni la première ni la dernière scientifique. Nous pouvons citer sa fille, Irène Joliot-Curie prix Nobel de Chimie mais comme ce n’est ni le nom ni le prix qui fait l’icône, citons plutôt Rosalind Franklin. En utilisant ses travaux à son insu, ses collègues masculins ont reçut un prix Nobel pour leur découverte de la structure de l’ADN, ils auraient pu recevoir un prix pour leur goujaterie.

Lise Meitner a eu un rôle majeur dans la découverte de la fission nucléaire en 60 après Albert Einstein elle fut étrangement ignorée par le comité Nobel. Jocelyn Bell a découvert le premier pulsar il y a près de 50 ans, c’est son directeur de thèse qui reçut le célèbre prix. Notons qu’aucune femme n’a été lauréate de la médaille Fields.

Hypatie d'Alexandrie, Sofia Yanovskaïa, Sophie Germain, Julia Robinson, Emmy Noether, Hertha Marks Ayrton, Nicole Le Douarin, Théano, Claire Voisin, Linda Brown Buck, Janet Lane-Claypon, Éva Tardos, Margaret Buckingham, Claudia Alexander, Maude Abbott, Ida Henrietta Hyde, Claudie Haigneré il est possible de lister en vrac de grandes scientifiques pendant des heures. Détailler tout ce que les femmes ont apporter à la science serait aussi absurde que de lister les contributions masculines.

Il reste des progrès à faire pour une plus grande parité en Science mais ce n’est pas exclusif à ce domaine : le sport féminin est sous représenté dans les médias, on entend parfois des réactions misogynes dans l’hémicycle, l’inégalité se retrouve également dans les religions patriarcales,… C’est l’ensemble de la société qui doit évoluer et qui évolue avec des politiques volontaristes et du temps.

Bibliographie :

Le meilleur des mondes possibles

5162niZJvpL._SX298_BO1_204_203_200_.jpg : « Le meilleur des mondes possibles » de Ray Bradbury : nouvelles extraites du recueil Les machines à bonheur.

Cinq nouvelles d’un auteur que j’ai adoré lire, cinq nouvelles qui se lisent très rapidement mais que j’ai trouvées sans intérêt.

Patriotisme

  • <Owen chante> Allons enfants de la gâterie, le jour de gloire est arrivé !
  • <Papa> Batterie hier, gâterie aujourd’hui… PATRIE !

Seauttise

Avant la rentrée, petites révisions de conjugaison avec papa, Owen conjugue « être » au présent, il peine un peu pour trouver la bonne orthographe :

  • <Owen murmure> Nous… sommes, sommes, sommes,… ?
  • <Papa> S !
  • <Owen> S…
  • <Papa> E, A, U
  • <Owen> Ah oui c’est vrai !
  • <Papa> O !!!!!!

Il faut faire la niaison

Avant la rentrée, petites révisions de conjugaison avec papa, Owen conjugue « Aller » au présent.

  • <Papa> « Nous allons » ? Ça commence par un S « allons » ? Tu es sûr ?
  • <Owen> Ah ben non, un Z !

Le Petit Prince

58981905.gif : « Le Petit Prince » de Antoine de Saint-Exupéry : Dessine-moi une fable poétique.

J’ai lu « Le Petit Prince » trois ou quatre fois, enfin j’ai lu le premier tiers, trois ou quatre fois. Le livre était dans ma table de nuit (parmi une bonne dizaine de bouquins que je dois lire) avec un marque-page pas loin d’un allumeur de réverbère. Avant de partir en vacances, j’ai cherché un livre que je pourrais lire à mes enfants dans la tente. Je suis tombé sur celui-ci et ai alors pensé qu’il serait intéressant de le leur lire avant de les emmener voir le film.

J’ai été surpris car il se lit très facilement, rien n’explique que je me sois arrêté tant de fois avant la fin, je n’avais jamais apprivoisé de renard par exemple…

C’est un livre très poétique, je me rends bien compte que je ne comprends pas toute la philosophie qui y est développée, je comprends bien qu’il s’agit d’un boa mais je le vois bien souvent fermé, une bonne partie des allégories ne peuvent être comprises que par les personnes sachant voir les boas ouverts. Ce n’est pas grave, je le relirai à mon deuxième fils quand il sera en âge de mieux l’apprécier, j’essayerai alors d’être un peu moins une grande personne.

Seul sur Mars

91ez0TgepRL.jpg : « Seul sur Mars » de Andy Weir : Maman, j’ai raté la navette.

Comme pour Au bonheur des ogres et Je suis une légende, c’est une bande annonce de film qui m’a donné envie de lire un livre. En l’occurrence, la bande annonce du prochain film de Ridley Scott m’a donné envie de lire « Seul sur Mars ». J’ai regardé le trailer du film deux fois : une pour moi et une pour montrer à ma femme un extrait qui me semblait intéressant.

Sauf que, contrairement aux fois précédentes, Google est entré en jeu : J’ai acheté, il y a peu, un nouveau téléphone et j’ai lancé un bon nombre d’applications qui étaient pré-installées lors de ma phase de personnalisation/nettoyage. Parmi les applications : Play Livres. Je ne sais pas si c’était une coïncidence ou si Google s’est inspiré de mon surf sur Allociné mais dès le lancement de l’application, Google me propose de lire un extrait de… « Seul sur Mars ». Oui, merci Google de regarder tout ce que je fais, je vais suivre tes recommandations et retourner voir ce que devient Duck Duck Go car ton omniprésence me fait un peu peur… Je lis donc les trente premières pages sur mon téléphone. J’ai couru ensuite dans la librairie la plus proche (je ne voulais pas acheter un livre numérique très certainement avec DRM) pour acheter la version papier.

Dire que ce livre est prenant est un doux euphémisme. Ma femme a commencé à le lire, profitant d’un moment où je faisais autre chose. Nous avions tellement envie de continuer nos lectures que nous avons lu une partie du livre en simultané, la centaine de pages qui nous séparaient étaient à la verticale pendant que nous lisions allongés l’un à côté de l’autre : Impossible d’attendre que l’autre finisse ou ne fasse une pause pour continuer.

L’histoire est très bien résumée dans l’extrait vidéo du film : En gros, un astronaute est laissé pour mort sur Mars, il va devoir faire preuve d’ingéniosité pour survivre et tenter de rentrer sur Terre.

Si les éditeurs pouvaient faire des résumés de tous leurs livres sous forme de courts-métrages aussi alléchants que cet extrait de film, cela aiderait très certainement les gens à acheter plus de bouquins…

Le livre est vraiment très sympa, il se dévore. Bourré de calculs et de technique, parsemé d’humour très sympa, « Seul sur Mars » est avant tout un compte à rebours haletant. Le livre est souvent comparé à « Seul au monde », « Robinson Crusoé », pourquoi pas… Personnellement, j’ai ressenti le même plaisir que celui que j’avais éprouvé en regardant la première saison de Prison Break, pour ce qui est du suspens, mais avec un côté geek en bonus, génial !

L’abus de Dragon Ball nuit à la compréhension du français

La toile de tente vient d’être montée.

  • <Papa> Et je suppose que c’est à moi de gonfler les matelas, à la force de mes muscles saillants…
  • <Owen> Saiyan !

Manuel de typographie française élémentaire

IMG_20150712_113949.jpg « Manuel de TYPOGRAPHIE FRANÇAISE élémentaire » de Yves Perrousseaux − Huitième édition

Depuis que j’utilise un clavier Bépo, je suis beaucoup plus respectueux de la typographie française. Les apostrophes, quand vous n’avez pas la touche sur votre clavier, vous ignorez jusqu’à leur existence et vous pensez que ’ et ' sont équivalents… c’est très dommage pour la langue française. De nombreux collègues me prennent pour un fou lorsque je signale qu’il y a une faute dans un poster ou une publication lorsque, par exemple, je vois un horrible 2x9 au lieu de 2 × 9 (la lettre x n’est pas le signe de multiplication !). Je suis donc devenu, un relecteur de nos productions. Je suis pris pour un fou par certains mais d’autres me poussent même à entretenir cette folie. Julien a eu l’extrême gentillesse de me prêter son exemplaire de « Manuel de TYPOGRAPHIE FRANÇAISE élémentaire » un ouvrage particulièrement intéressant. Je pense qu’il s’agit là d’une petite bible de la typographie auquel nous devrions tous avoir accès en primaire, au collège, au lycée… Je vais rendre à contre cœur cet ouvrage à mon collègue donc je vais m’empresser d’en acquérir un exemplaire.

La première partie du livre, un historique de notre écriture, est passionnante ! Ensuite, les règles typographiques élémentaires sont ni plus ni moins qu’un ensemble de règles auxquelles il est toujours intéressant de pouvoir se référer (encore et encore) dès que l’on a un trou de mémoire sur le bon usage. Un livre que je vous recommande chaudement !

Les Montagnes hallucinées

1374.jpg : "Les Montagnes hallucinées" de Howard Phillips Lovecraft : Un terrible secret au pays des manchots.

Ce terrible secret, je vais vous l’avouer directement, c’est que l’œuvre de Lovecraft est d’un ennui mortel, n’a pas vraiment d’intérêt, est chiante à mourir. Voilà, cet avis n’engage que moi, vous savez maintenant ce que je pense des Montagnes hallucinées.

Pendant la première moitié du livre, j’ai eu l’impression de lire une description interminable. Cette sensation était qui plus est exagérée par le fait que toutes les distances et tailles sont dans une unité de mesure qui devrait être interdite par la loi (système impérial) ! Une ou deux mesures en pouces ou en miles dans un livre, ça m’agace mais je fais avec, mais Lovecraft donne les mesures de tout, en permanence, c’est une vraie torture.

L’histoire est celle d’un scientifique revenu d’une expédition en Antarctique qui a fini façon "Le huitième passager", il souhaite donc dissuader toute autre expédition. Mais avant de décrire les ignobles monstres tueurs, le scientifique décrit l’ensemble de son périple et de ce qu’il avait découvert. Il décrit l’histoire complète des êtres en question ainsi que de leur évolution,… il a appris cela en regardant leurs sculptures. Honnêtement, arrêtez de lire ou produire des manuels d’Histoire, étant donné l’immense quantité d’informations recueillies sur quelques sculptures, faites par une race extraterrestre qui plus est, la méthode des manuels est clairement inefficace ! Plusieurs fois, en lisant le texte, je me disais : « Il a appris tout ça en regardant quelques sculptures ??? »

Certains artistes, lorsqu’ils lisent Lovecraft, sont très inspirés et imaginent des entités cauchemardesques :

concept__elder_thing_by_nathanrosario-d48g6ks.jpg

Pour ma part, la juxtaposition d’éléments au fur et à mesure de la lecture (« Ah bon, ça a des tentacules en plus ? Ah, et des ailes ! Ah, et… mais bordel c’est quoi cette bestiole !! »), me donnait plus l’impression d’un fourre-tout ridicule  :

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Bref, je pense très sincèrement que c’est la première et dernière fois que je lis un livre de Lovecraft.

Qu’est-ce qu’on vous apprend à l’école ?

  • <Owen> Papa ! Les fourmis nous embêtent ! On essaye de les tabasser mais elles veulent nous mordre.
  • <Papa> Bon déjà, vous essayez de les tabasser ? Bref… Ok on est envahi de fourmis mais bon ce sont des fourmis noires. Vous risquez pas grand chose… Les rouges piquent et ont de l’acide je sais pas trop où, dans un dard sûrement…
  • <Owen> Mais non c’est un produit qui pique quand elles mordent avec leurs mandibules !

Owen, 8 ans, apprend à son père l’anatomie des fourmis. Il m’avait déjà appris que les abeilles sont marrons et expliqué que le dessin de ruche sur le paquet de Miel Pops a plus les caractéristiques d’un nid de guêpes…

Des infos sur les "piqûres" de fourmis

Post-it: Miroir Inkscape

Dans Inkscape, il est facile de retourner un objet ou un ensemble d’objets :

  • horizontalement (Objet → Retourner horizontalement, raccourci : H)
  • verticalement (Objet → Retourner verticalement, raccourci : V)

Mais cet effet miroir s’applique à l’ensemble de la sélection et non à chaque objet indépendamment.

miroir_inkscape_opti.png

Si l’on souhaite appliquer cet effet à chaque objet séparément :

Objet → Transformer (Maj+Ctrl+M), Onglet « Dimensions » :

  • Largeur ou Hauteur = -100 %
  • Cocher la case « Appliquer à chaque objet séparément

Merci à Julien F. pour cette technique que je ne connaissais pas.

Dysfonctionnement du sens de l’observation

Je souhaite témoigner ici d’un dysfonctionnement cognitif que je rencontre et qui pourrait sembler trop farfelu pour être réaliste mais que je n’invente aucunement. Vous allez certainement croire que je suis aveugle en lisant cet article mais je n’ai ni canne blanche, ni chien. Je vois clairement, sans lunettes, ma vision est tout à fait normale. Mon père est borgne mais se prendre une flèche dans l’œil n’est pas héréditaire et il voit certainement mieux que moi (du moins d’un côté).

Je ne suis pas raciste, je ne souhaite pas particulièrement le devenir, d’ailleurs. Je ne suis pas raciste car la génétique m’a appris que la notion de races humaines est fausse. Communautariste alors ? Non plus. Je déteste l’idée de détester les gens en fonction de leurs différences ou de les placer dans des cases. À titre personnel, je déteste toutes les religions, les horoscopes, la numérologie, la voyance, le spiritisme mais si vous êtes croyants et lisez votre horoscope autour d’un pentagramme, c’est votre conviction, cela ne me regarde pas. Si vous m’en parlez je ne serai pas forcément tendre avec vos croyances mais là n’est pas le problème.

Il y a une raison plus originale qui explique que je ne suis pas raciste. Je ne peux pas l’être. Même si je le souhaitais, je ne pourrais pas l’être. Je ne distingue pas les origines des gens. Oh bien sûr, je sais que Dieudonné est noir, merci. Mais le nombre de personnes pour lesquelles je ne me suis rendu compte de rien pendant longtemps est assez surprenant. Et ce n’est pas forcément une question d’apparence.

La première fois que mon père a vu Mélanie, qui deviendra ma femme quelques années plus tard, il m’a posé une question à laquelle je n’ai pas su répondre : « Elle est originaire d’où ? ». J’ai répondu ce que je savais « Trégueux (Côte d’Armor) ». Cela a eu pour effet de le faire sourire et il m’a signalé que son gros nez et ses cheveux frisés indiquaient des origines venant de contrées plus au sud. Je n’ai pas su répondre. Pourtant j’avais déjà vu plusieurs fois celui qui est aujourd’hui mon beau-père. Il vient de Madagascar, il bronze en effet beaucoup plus vite que moi, en fait il est black… Bon, admettons.

Mon meilleur ami s’appelle Sélim. Depuis le CE1 je sais qu’il est à moitié arabe. Son père, Chérif est d’origine algérienne, on me l’a expliqué quand j’étais tout gosse et j’avais bien compris. Il y a quelques temps, Sélim et moi discutions de livres que nous avons lus. À un moment, il liste le coran. Je lui demande de m’expliquer pourquoi et comment ce livre a bien pu atterrir dans ses mains. Il m’explique qu’enfant, il s’ennuyait chez ses grand-parents et qu’il avait donc lu ce livre, principalement pour tuer l’ennui. Sélim constate alors dans mes yeux une incompréhension, je n’imaginais pas du tout ses grands parents musulmans. « Ma grand-mère porte le voile tu sais ? ». « Quoi !!?? ». C’est une révélation pour moi, depuis tout petit, lorsque mon pote me dit qu’il va à Melin voir ses grands parents, dans mon imagination j’ai toujours vu ses grand-parents sur le modèle des miens. Alors certes ce n’est pas parce qu’ils sont algériens qu’ils sont musulmans mais tout de même…

Quand j’étais gamin j’adorais deux séries à l’heure de la sortie de classe : Le prince de Bel Air et Sauvé par le gong. Ces deux séries me faisaient vraiment beaucoup rire. Y a-t-il une différence notable entre les deux séries qui devrait me sauter aux yeux ? L’une a mieux vieillie que l’autre ? Autre chose ? Croyez-moi ou non mais je m’identifiais autant à Will Smith et l’ensemble du casting du Prince de Bel Air qu’à n’importe quelle autre série plus pâle. Encore aujourd’hui, il arrive très régulièrement que j’oublie que Will Smith est noir. Vous allez me dire que ça se voit, que c’est évident et que je suis complètement idiot si je ne le vois pas. Je suis d’accord avec vous mais je n’y peux rien, pour moi, c’est quelque chose de difficile à discerner si je n’y réfléchi pas. Cela ne me le fait pas toujours et pour tout le monde : MC Solar est noir, Jay-Z est noir, Rihanna et Beyoncé je dois réfléchir, Martin Luther King et Mandela sont noirs, même si je le sais plus par rapport à l’Histoire que leur apparence, le chanteur Khaled est d’origine nord africaine, cela me semble évident, Eddy Murphy, Soria Bonaly et Gaël Monfils sont black évident également, par contre Jo-Wilfried Tsonga je ne m’en suis rendu compte qu’hier en le voyant sur le cours, dans les pubs Kinder je n’avais pas remarqué… Allez comprendre… je ne vois aucune logique !

D’ailleurs il ne s’agit pas uniquement d’origines puisque, comme je le disais plus haut, mon père est borgne, il porte une prothèse, un œil de verre. Il m’a expliqué à mes 7 ans comment il a perdu son œil au même âge. Je n’avais jamais remarqué que l’œil de mon père était fixe. À quatre ans et demi, ma petite sœur se moquait de mon père en l’imitant, une main sur son œil.

Comme je l’expliquais, il ne s’agit pas seulement d’apparence. Un jour, dans un article pour Linux Pratique, j’ai interviewé Tarek Ziadé pour ses contributions à Python. Lorsque je lui ai demandé une photo pour illustrer l’article, j’ai été surpris car je ne m’attendais pas à ce qu’il ne soit pas typé caucasien…

Comme j’ai fini par comprendre que j’avais ce problème de distinction, j’en avais parlé à mon entourage. Ma sœur est certainement la personne que cela fait le plus rire, de ce fait, quand je constate une amélioration ou un fait amusant je la contacte directement. Il y a 4 ou 5 ans, ma femme regardait les Enfoirés à la télévision. Je zieute de temps en temps. Je n’aime pas tellement l’émission car je préfère Mistral Gagnant par le duo Vanessa Paradis − Maxime Le Forestier qu’une chorale qui chante Les jolies colonies de vacances emmenée par Gérard Jugnot… je digresse. Un ou deux jours après visionnage, j’envoie un SMS à ma sœur, très fier de moi, j’ai réussi à remarquer quelque chose pendant l’émission : « Shy’m ! elle n’est pas vraiment blanche en fait ! J’ai remarqué ! ». Ma sœur me répond avec un ironique « Et Yannick Noah ? ». Oui évidemment, je sais qu’il est noir, fous-toi bien de ma tronche frangine… puis elle m’envoie un message qui me surprend « Et Chimène Badi ? ». Je prends mon combiné, je l’appelle : « Quoi, Chimène Badi ? ». Je lui explique alors comment j’ai su pour Shy’m :
« − Elle était à côté d’une fille bien blanche dans les Enfoirés, du coup le contraste à fait que j’ai remarqué !
− Qui c’était ?
− Chimène Badi.
− La fille bien blanche, c’était Chimène Badi ? »
Il aura fallu que j’entende le rire de ma sœur plusieurs secondes et son insistance « Chimène Badi comme référence blanche, rien ne te choque t’es sûr ? » pour que je finisse par comprendre que Chimène Badi n’est pas un patronyme particulièrement franchouillard.

Lorsque j’ai vu Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban au cinéma, j’ai raconté à ma femme que lorsque je lisais le livre j’imaginais Sirius Black, le parrain de Harry, avec la tête de Tony Todd. « Rien ne dis qu’il est noir dans le livre, Black c’est juste son nom » me disais alors ma femme. Certes mais rien ne disais forcément qu’il était blanc non plus ! Et puis, quand je repense à Tony Todd (l’acteur qui joue Candyman dans le film éponyme), je ne l’imagine pas vraiment très noir. Oui, en rédigeant cet article j’ai revu des photos et en effet, il est black…

Là où ça se complique, c’est pour les métisses. La femme de mon beau-frère (frère de ma femme, vous suivez ?) est métisse, je le sais, on me l’a décrite comme étant "une jolie métisse" avant même que je ne la vois. Un jour, nous discutions de sa famille et elle m’apprend alors que son père est gitan « Ah c’est de là que tu es métisse alors ? » ai-je sorti, très heureux de comprendre enfin d’où lui venait sa peau plus colorée que la mienne.
« − Euh, et ma mère est marocaine…
− Ah bon ???
− Mais, tu la connais ma mère !
− Oui, bien sûr.
− Et tu n’as jamais remarqué qu’elle est marocaine !?
− Euh, ben… non. »
C’est alors que j’ai compris que mon filleul, son fils, est un délicieux quatre-quart : breton, malgache, gitan et marocain. J’adore le quatre-quart.

Dans la famille de ma femme, il y a également des cousins qui ont pour nom de famille Soun ou Kheder, ma femme m’a expliqué à chaque fois que ceux-ci ont des pères d’origines nord africaines. « Ah oui !? » Non vraiment je suis désespérément imperméable à toute information pouvant m’indiquer l’origine des célébrités comme des proches. Qu’ils s’appellent Karim ou Mehdi ne m’aide aucunement.

Je suis incapable de distinguer des différences qui sont flagrantes pour la plupart d’entre vous, vous imaginez bien que par conséquent je suis incapable de savoir qui est d’origine juive. Steven Spielberg, Jean-Jacques Goldman, Nathalie Portman, sont juifs, je l’ai appris dans des articles de presse, je suis complètement incapable de le deviner par moi-même ! De même pour les pieds noirs…

Le dernier exemple en date : Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’éducation, j’ai compris qu’elle a des origines étrangères en lisant http://vidberg.blog.lemonde.fr/2015/06/04/rien-narrete-la-rumeur/. Jamais je n’aurais critiqué sa politique par rapport à autre chose que son action, jamais je ne comprendrais ceux qui le font. D’ailleurs, il aura fallu l’affaire du journal Minute et le tapage médiatique qui en a découlé pour que je remarque que Christiane Taubira n’est pas blanche !

J’ai des difficultés d’intégration à cause de ce dysfonctionnement : je ne peux pas me comporter comme un bon français moyen, comme un beauf normal. Déjà que je n’aime pas le foot et que je ne bois pas d’alcool… Imaginez donc mon calvaire dans les soirées trop arrosées, quand certaines discussions commencent par « Je ne suis pas raciste mais… ». Je ne sais pas quelle partie de mon cerveau dysfonctionne mais si on pouvait l’inhiber chez nos hommes politiques ou dans les stades de foot, je pense que la société se porterait bien mieux. Bon pour les stades de foot, la société ne se porterait pas plus mal si on les fermaient tout simplement…

Vu tous les textes absurdes que l’on peut lire sur la toile, vous ne croirez pas celui-ci, je le comprends mais je m’en contre fiche.

Notez qu’à mon sens le plus gros avantage d’internet est que tout le monde peut s’y exprimer, son plus gros problème c’est que tout le monde le fait. Ici j’ai l’avantage d’avoir une audience quasi nulle et aucun bouton pour partager sur les réseaux sociaux, mon but n’est pas de vous convaincre ou d’avoir des followers, mon but est juste de lister, pour mémoire, les fois où j’ai ri de mon propre handicap en constatant que non vraiment, même si je le sais, je continue à ne rien remarquer.

Pragmatisme

  • <Yaël> Si on meurt on est triste.
  • <Papa> Si je meurs tu serais triste ?
  • <Yaël> Oui
  • <Papa> Pourquoi ?
  • <Yaël> Je ne pourrais pas attraper le pad de la Wii U.

Accessoirement, il me précisera ensuite que mes câlins et mes bisous lui manqueraient également… Note : Yaël est en cours de désintoxication de Wii depuis plusieurs jours, le traitement n’est pas terminé apparemment.

Grammalecte − Lettre ouverte Académie Française

Voici le message que je viens d’envoyer à l’Académie Française.

Bonjour

N’est-ce pas le rôle de l’académie française de soutenir une initiative comme http://fr.ulule.com/grammalecte/ (plus d’informations et une interview de l’auteur : http://framablog.org/2015/05/13/plus-erreurs-de-grammaire-ni-typographie-avec-grammalecte/)

Un tel logiciel libre devrait à mon sens être promu par l’académie française ou même être développé par elle. Mais le plus efficace étant sûrement de soutenir les compétences là où elles sont, l’académie ne devrait-elle pas participer au financement de cette campagne ? À défaut d’employer cette personne…

Qu’en pensez-vous ?

Grammalecte est un projet qui doit être soutenu ! Avoir à disposition un logiciel libre et gratuit pour corriger et apprendre la grammaire française est indispensable. À défaut de proposer une grammaire plus logique qu’historique !

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