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Participer à un projet libre est un jeu... Et toi, à quoi tu joues ?

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Nouveau monde

J’ai participé au concours de la micronouvelle radiofrance 2018. Thème « Nouveau monde », 1000 caractères.

Comme je m’y attendais, je n’ai pas gagné 😋 mais c’était intéressant de relever le défi.

Ma prose :

Pourfendeur de dragons sans pareil, sa légende n’est plus à faire. Résistant à la sorcellerie, on dit que les démons le craignent. Impossible à impressionner, il saute sur le dos de caïmans géants pour traverser les rivières, court sans hésiter sur de minces corniches surplombant la lave. Dans leur caverne obscure où même la lumière n’ose pénétrer, il massacre les gobelins, les yeux fermés.

Mais depuis quelque temps, l’essence magique faiblit. Les sorciers semblent moins puissants. Elfes et fées sont maintenant espèces protégées. Peut-être est-ce la fin d’une ère. Traverser le portail dimensionnel avant que la magie ne disparaisse, accéder à cet autre monde si différent, voilà l’ultime quête. Il prie les ancêtres de lui donner le courage nécessaire.

Dans ce nouveau monde, les épées laissent place aux crayons, on appelle la magie, imagination. Le portail ne permet pas de voyager loin dans le temps ou l’espace mais peu entrent dans la cour sans ciller pour une première rentrée des classes.

Magic the Gathering Arena sous Linux

Pour installer Magic the Gathering Arena sous Linux, voici la procédure que j’ai suivie :

Installation de Lutris

Comme je suis sous Debian, j’installe Lutris en suivant les instructions disponibles ici, soit :

echo "deb http://download.opensuse.org/repositories/home:/strycore/Debian_9.0/ ./" | sudo tee /etc/apt/sources.list.d/lutris.list
wget -q http://download.opensuse.org/repositories/home:/strycore/Debian_9.0/Release.key -O- | sudo apt-key add -
sudo apt-get update
sudo apt-get install lutris

Installation du jeu MTGA

En théorie, cliquer sur Install Install de la page MTGA de Lutris devrait être suffisant mais en fin d’installation, le téléchargement des fichiers nécessaire renvoie une erreur « GetThreadContext failed ». Je constate tout de même que le nombre de fichier à télécharger diminue, chaque fois que je lance le jeu et si je le lances depuis la console avec certaines options (fournies dans les commentaires de la page d’installation Lutris, le nombre de fichiers téléchargés est plus important à chaque tentative :

WINEDEBUG=+relay,-debug wine <path_to>/MTGA.exe

Après de très nombreuses tentatives, le jeu fini enfin par se lancer, mon pré-ado me fait même un câlin pour me remercier !

La pomme est véreuse…

Il y a quelques jours, un collègue m’indiquait manger des pommes bio pour pouvoir manger la peau sans se bourrer de pesticides. Je lui ai dis de te méfier de l’association un peu trop rapide que nous avons tous tendance à faire : bio/sain et conseillé de regardé cette vidéo :



Quelques jours plus tard, j’ai complété avec mes propres investigations sur la toile : J’ai chez moi un pommier, il n’est pas aspergé de pesticides car je ne veux pas le saloper mais je ne peux pas manger mes pommes sans les éplucher car elles sont toutes (sans aucune exception) véreuses. Je me suis alors posé la question : quelle solution pour ne pas avoir de vers l’année prochaine ? Je suis tombé sur un site qui conseillait la roténone mais dont le texte était barré et suivi de l’indication suivante :

« Attention! La roténone faisait encore partie il y a peu des produits d'origine naturelle recommandés en jardinage biologique. Or, la roténone est toxique pour l'homme et nuisible à l'environnement, notamment le milieu aquatique. Son emploi est donc désormais interdit en jardinage amateur. »

Wikipedia entre autre m’a fait comprendre que les lobbys bio n’ont rien a apprendre des lobbys industriels puisque malgré les études démontrant sa toxicité, l’interdiction du dit produit a été plusieurs fois repoussée…

Mais alors, quel substitut ai-je à ma disposition ? Qu’utilisent aujourd’hui les producteurs bio ?

« Suite à l’interdiction de la roténone, la filière bio s’est tournée vers une autre substance naturelle. Il s’agit de l’huile de neem, extraite des graines de margousier. Elle a des propriétés insecticides. C’est par ailleurs un perturbateur endocrinien avéré. En Inde, elle est utilisée depuis très longtemps comme contraceptif. »

Mouais, bon, je laisse tomber pour l’instant,… Je vais continuer à éplucher mes pommes et ne pas privilégié plus les pommes bio que les autres…

Sources :

De la fumisterie intellectuelle

De_la_fumisterie_intellectuelle.jpeg : "De la fumisterie intellectuelle " de Bertrand Russell

J’abhorre les superstitions : passeur de feu, homéopathie, religion, théories complot,… si je ne déteste pas les gens qui continuent à croire, par manque d’information ou incapacité à une trop importante remise en cause, je n’arrive pas à supporter l’idée que l’humanité se complaise dans ses absurdités. J’estime pire encore, qu’on laisse parfois se propager ses idées, pour des raisons pratiques court-termistes, ne voyant pas (ou feignant de ne pas le comprendre), qu’à long terme, ces pratiques placent au même niveau dans l’esprit des moins initiés à l’épistémologie, des pratiques coûteuses et intellectuellement complexes mais enrichissantes avec des techniques de zozos. Quid des financements des recherches scientifiques ou médicales lorsque les décideurs croiront avoir été soignés par le don d’un magnétiseur ? Quid de l’enseignement de la théorie de l’évolution lorsque les politiciens ne comprendront plus la différence entre une théorie scientifique et un conte théologique ? Quid de la confiance envers les acteurs de la santé, lorsque des pharmaciens sans hygiène mentale (ou mercantiles) dévalueront les produits "chimiques" face à des alternatives homéopathiques soi-disant "naturelles" ? Il me semblerait tellement plus judicieux d’étudier l’effet placebo pour le maîtriser sans créer des schémas-réflexes de médication (alternative, systématique et hors prescription avisée, qui plus est). Il me semblerait tellement plus intéressant de comprendre les mécanismes de la douleur pour que nos enfants contrôlent ceux-ci plutôt que de ne laisser le choix qu’entre la subir, la médicaliser ou faire appel à une magie inexplicable… Bref, j’abhorre les superstitions…

Alors lorsque j’apprends qu’il existe un texte de Bertrand Russell, philosophe rationaliste fondateur de la logique contemporaine, qui s’attaque à la fumisterie intellectuelle de son époque, je ne peux que plonger avec délice. Si le texte n’a rien à voir avec la logorrhée qui sert d’introduction à cette critique, ne vous attendez pas non plus à une argumentation particulièrement bien structurée, développant consciencieusement des concepts philosophiques qui vous permettront de déconstruire les discours obscurantistes, il s’agit là plutôt d’une courte raillerie ! Comme si, admettant qu’il sera impossible de faire disparaître la superstition, Bertrand Russell, victime de censure religieuse comme le rappelle très bien Jean Bricmont dans sa préface, choisissait a minima, de profiter d’un texte pour se défouler. Un pamphlet amusant qui permet à un lecteur rationaliste de se sentir moins seul, de savourer quelques moqueries, de constater que de grands penseurs sont passés par les mêmes questionnements… En quelques pages, ça réconforte et donne le sourire.

Supprimer le mot de passe bios d’un Toshiba Satellite Pro A200

Quand on perd le mot de passe bios d’un vieux pc, ce n’est pas très pratique. Il existe toutefois des solutions. Après avoir regarder une demi-douzaine de vidéos sur youtube, j’ai fini par trouver une méthode fonctionnelle :

  • Filmer l’écran
  • F2 pour entrer dans le bios
  • Faire trois essais de mot de passe bios
  • Au troisième essai, un code est affiché très rapidement (une frame sur ma vidéo)
  • Taper ce code sur bios-pw.org et récupérer le mot de passe en face de « Generic Phoenix» (à taper en qwerty)

Le Joueur d'échecs

CVT_Le-Joueur-dechecs_2085.jpeg : "Le Joueur d'échecs " de Stefan Zweig

Découvert via Pitche moi un classique :

C'est l'histoire d'un mec complètement accro à Candy Crush mais qui a réussi à se désintoxiquer. Il y a tellement joué qu'il n'arrive pas à se sortir les mouvements de la tête. Quand on lui propose de se refaire une petite partie, tout son monde va basculer.

Une description intrigante qui m’a directement tenté. Je ne regrette aucunement cette lecture.

J’ai aimé la tension lorsque monsieur B. décrit la torture psychologique que la Gestapo lui a infligé, le suspense fonctionne parfaitement, impossible de décrocher. J’aurai d’ailleurs apprécié que le récit soit aussi haletant pour décrire la fin de sa captivité, hélas, cette partie m’a semblé étrangement trop vite expédiée.

Un petit peu trop premier degré pour moi dans son éloge du livre comme source de liberté et de résistance à la torture psychologique, je préfère sur ce point la dérision sarcastique de Terry Pratchett.

Une nouvelle que j’aurais aimé lire plus longtemps.

Bilbo le hobbit

Bilbo.jpg : "Bilbo le hobbit" de J. R. R. Tolkien

Installés confortablement dans le salon, je lis la moitié du premier chapitre de "Bilbo le Hobbit" à mes deux fils (7 et 11 ans), la lecture complète du livre prendra trois bonnes semaines. Cette première journée est un combat, jamais je n'ai aussi bien compris cette terrible pensée de Benjamin Malaussène ("Au bonheur des ogres" de Daniel Pennac) : « Les enfants me menacent de me remplacer par la télé si je flanche ». Je donne donc mon maximum pour rendre le texte vivant.

Deuxième jour, il faut finir le chapitre, je me résigne donc à utiliser mon adversaire LCD pour arriver à mes fins « Ok, vous aurez le droit à la télé mais après la lecture, si je vous estime suffisamment attentifs pendant le demi chapitre ». On est loin de l’enthousiasme que j’espérais susciter et que j’avais obtenu lors de la lecture de Charlie et la chocolaterie. Il faut dire que Tolkien détaille énormément les scènes, le vocabulaire est parfois un peu riche pour un enfant de 7 ans,… Je garde toutefois courage, il y a quelques années j’avais abandonné le Seigneur des anneaux (lecture solitaire) après le premier tome, il serait dommage de se laisser impressionner encore une fois par un tout petit bonhomme aux pieds poilus.

Troisième jour, je m’arrête en milieu de chapitre comme la veille : « "Et voici ce qu'il vit." La suite demain, on a lu un demi chapitre ». La réaction ne se fait pas attendre et me rassure quelque peu « La suite ! Il y a trop de suspens ! On finit le chapitre ! », cela fait plaisir et la suite s’y prête bien puisqu’on y rencontre des trolls dans une scène drôle et vivante. Je ne lâcherai rien, ma quête de lecture semble moins insurmontable que prévue initialement. Pendant plusieurs jours nous lirons d’ailleurs des chapitres complets plutôt que des moitiés.

Au cinquième jour, on serre les fesses devant les gobelins, au sixième la tension est insoutenable lorsque nous rencontrons Gollum : je lui donne une voix personnalisée mais forcément un peu influencée par la première trilogie (je n’ai pas vu la trilogie Bilbo). J'ai dû limiter les intonations, les enfants étaient terrorisés. Nous faisons une pause, la jambe du grand tremble, le petit commence à se lever pour partir ! J'étais concentré pour garder leur attention, certes, mais je ne m'attendais pas à ce qu'ils vivent autant la scène. Cette nuit là, le grand dormira avec la lumière, le petit la porte ouverte. On peut dire qu’il ne fait maintenant aucun doute qu’ils vivent le récit.

Gandalf, les nains, Beorn, les Wargs, araignées, aigles, elfes, Smaug, Barde,… aucun personnage n’aura laissé indifférent mes enfants et durant plusieurs jours leurs dessins seront en rapport avec la quête de Bilbo. Notre seul regret aura été la couverture particulièrement peu attrayante (par rapport à celles de bien d’autres éditions), le dessin d’Henri Galeron est décevant, ferait éventuellement l’affaire pour illustrer un chapitre mais n’a rien à faire en couverture !

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« Combien de temps passez-vous sur vos tâches » dans Linux Pratique 109 (Septembre-Octobre 2018)

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Lorsque j’ai écrit mon article Taskwarrior dans le précédent numéro de Linux Pratique, j’aurais voulu écrire un article de 30 pages tant le sujet m’a passionné. La rédaction étant raisonnable, il m’a été signifié que cela ne serait pas possible et j’ai dû me résigné à raccourcir mon propos au strict minimum. J’avais pourtant encore énormément de choses à raconter, et je trouvais particulièrement dommage de faire l’impasse sur la mesure du temps passé sur les tâches. J’ai alors proposé de détailler plusieurs solutions dans ce complément : il y est en particulier question de Hamster et Timewarrior, deux outils que j’utilise quotidiennement depuis maintenant plusieurs mois.

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Jamais content

  • <Owen> J'aime pas la mer, c'est nul. Je veux pas y aller, je préfère la piscine.

Après quelques bonnes vagues salées à Lacanau, nous allons dans la piscine à vagues. Je dit à sa mère :

  • <Papa> Tu vas voir, maintenant qu'il a testé les vraies vagues il va dire qu'ici, c'est Nuul !"

Six secondes plus tard, exactement sur le même ton :

  • <Owen> C'est Nuul !

Arnaque paternelle classique

  • <Yaël> J'aime pas le maïs dans le chili con carne
  • <Papa> Tu ne vas pas le sentir ! On fait le test, tu fermes les yeux je te donne 2 bouchées et tu me dis dans laquelle il y a du maïs
  • <Yaël> Dans la 1ère !
  • <Papa> Dans les 2, sauf que je l'ai écrasé dans la 2e, tu vois que tu ne le sens pas
  • <Yaël> OK ben j'aime bien alors

La République des censeurs

CVT_La-Republique-des-censeurs_3396.jpeg : "La République des censeurs" de Jean Bricmont

J’ai découvert Jean Bricmont dans la très longue interview « Impostures intellectuelles, 20 ans après – Entretien avec Alan Sokal et Jean Bricmont » de la chaîne YouTube Lumières :

Ce visionnage n’a pas instantanément développé en moi une envie irrépressible de lecture mais l’idée a tranquillement germé et lorsque j’ai dû cherché un livre à lire pour les vacances, « La république des censeurs  » c’est imposé à moi comme une évidence.

Dévoré en très peu de temps, l’ouvrage c’est avéré particulièrement intéressant. Il est aisé de défendre la liberté d’expression pour ceux qui partagent nos idées, cet essai explique pourquoi il est tout aussi important de défendre la liberté d’expression de ceux qui ont des propos qui nous dérangent, avec lesquels nous sommes en total désaccord. C’est beaucoup plus difficile et c’est ce que Jean Bricmont réussi ici particulièrement bien. Il m’a apporté des clarifications et réordonné dans mon esprit, certaines notions et constats (politique, sociétal,…) mais surtout, il contribue largement à une remise à plat importante de ma conception de la censure. Un essai très appréciable, que j’estime beaucoup !

Deux extraits :

quelques exemples de ce qu’on peut dire, sans être inquiété ni « dénoncé ». Tout d’abord, il y a tous les appels à la guerre et tous les propos sexistes ou homophobes (à nos yeux) que l’on trouve dans la Bible et le Coran, qui sont sans doute les deux livres les plus influents de l’histoire. Pourtant, presque personne n’est assez fou pour vouloir les censurer ; mais alors pourquoi censurer des propos bien plus anodins et ayant un impact bien moindre, simplement parce qu’ils sont contemporains ?

Est-il impossible de comprendre qu’à partir du moment où l’on s’empare de l’arme de la censure, on donne ipso facto l’arme de la subversion, de la transgression, de la dérision à ses adversaires ?

Pour une éducation humaniste

pouruneeducationhumaniste.jpg : "Pour une éducation humaniste" de Noam Chomsky

Un ensemble de réflexions intéressantes sur l'éducation (mais pas seulement). Chaque chapitre est différent : essai, retranscription de conférence, entretien et est le témoin d'une époque (1975-2010). Plus simple à aborder que je ne le redoutais a priori cet essai est une source de réflexions captivante.

Un brin possessif

  • <Papa> Elle est chouette ta nouvelle chaise de bureau, elle est mieux que la mienne !
  • <Yaël> Elle est à moi ! Interdit de me la prendre !

Le lendemain.

  • <Papa> Qu’est-ce que tu fais tout nu sur ta chaise de bureau ? Tu vas laisser la marque de tes fesses sur le tissu !
  • <Yaël> T’en mieux, comme ça on verra bien que c’est la mienne !

Binding of Isaac sous Linux

  • Binding of Isaac n’est pas compatible Linux via Steam
  • Humble Bundle propose un deb qui refuse de s’installer (dépend de ia32-libs et ia32-libs-gtk)
  • Humble Bundle propose un tar.gz contenant un exécutable. J’ai tenté l’installation depuis cette archive mais ça n’a pas été concluant.

Finalement, j’ai enfin trouvé la solution : LUTRIS !

logo-lutris.png

Comme je suis sous Debian :

echo "deb http://download.opensuse.org/repositories/home:/strycore/Debian_9.0/ ./" | sudo tee /etc/apt/sources.list.d/lutris.list
wget -q http://download.opensuse.org/repositories/home:/strycore/Debian_9.0/Release.key -O- | sudo apt-key add -
sudo apt-get update
sudo apt-get install lutris

Puis je clique simplement sur un des « Install » de la page : https://lutris.net/games/the-binding-of-isaac/ et voilà !

Lutris simplifie grandement l’installation de jeux sous Linux. S’il y a une solution pour installer un jeu, Lutris l’utilise (wine, steam, wine steam, émulateur,…) ! Je peux rejouer à Binding of Isaac !!!

La démocratie des crédules

yeK-LaDemocratieDesCredules.png : "La démocratie des crédules" de Gérald Bronner

Comprendre les biais cognitifs, décortiquer les croyances irrationnelles,… voilà qui me semble passionnant. Pour en apprendre toujours plus sur le sujet, je ne manque pas de sources : Spline LND, Hygiène mentale, Pharmachien, Tronche en biais, James Randi, Aude WTFake, Curiologie, Lanterne Cosmique, Observatoire Zététique, Un Monde Riant, toutes les vidéos disponibles sur Skeptikón… et pourtant j’avais très envie d’ajouter à cette longue liste un bon livre sur le sujet.

J’avais été très intéressé par le séminaire de Gérald Bronner « Les théories du complot » il y a quelque temps, mais je l’avais étrangement plus ou moins oublié jusqu’à ce que je le retrouve en regardant « Négociation intellectuelle avec le monde », extrait du documentaire « Les lois de l’attraction mentale »). En l’écoutant, j’ai pensé qu’il serait intéressant de lire un de ses livres, je n’ai pas été déçu ! « La démocratie des crédules » est un essai de sociologie passionnant. Je ne sais pas à partir de quel âge il peut être lu, mais il devrait, à mon avis, servir de support pour éduquer les gens à l’hygiène mentale, surtout à une époque où les partages sur les réseaux sociaux nous apportent si rapidement une quantité d’informations très importante que nous avons du mal parfois à analyser. J’ai plongé avec grand plaisir dans ce livre relativement copieux, j’ai apprécié la lecture et trouvé le propos très clair, même s’il a été nécessaire de bien m’accrocher parfois, en particulier pour ce passage que je trouve très alambiqué (et qui ne reflète pas le style du reste de l’ouvrage) :

Si par irrationalisme on entend la contestation organisée en discours de la capacité de la démonstration rationnelle, telle qu’elle s’est exprimée en théorie et en actes dans l’histoire des sciences, à générer et promouvoir des énoncés ayant une capacité descriptive et explicative supérieure à n’importe quel autre énoncé ayant les mêmes ambitions et constitué par n’importe quelle voie de l’esprit, alors le paysage de cet irrationalisme est effectivement très vaste

Pour que cette citation ne vous effraie pas trop, j’ajoute celle-ci, plus caractéristique :

Ce que paraissent ne pas voir les relativistes, c’est que les méthodes qui prévalent dans la science et qui ont mis des milliers d’années à se formaliser, à la suite de tâtonnements, d’erreurs, de sélection drastique, sont un héritage universel de la pensée humaine.

Les sujets abordés sont vastes : aspartam, voyance, OGM, ondes, vaccins, OVNI, les suicides chez France Télécom,… ils sont traités non pas de sortes à désigner ceux qui ont tort ou raison, chaque sujet sera traité de façon à détailler un biais cognitif, une notion statistique, sociologique ou autre piège mental.

Très enrichissant cet essai donne plusieurs clés de compréhension que j’aurais aimé avoir adolescent. Très intéressant !

(Je trouve la couverture du livre trop moche, j’illustre donc cet article avec un fanart perso, cette couverture n’est pas validée par l’auteur)

Tout le monde ment…

51kXb0YJh7L._SX195_.jpg : "Tout le monde ment…" de Seth Stephens-Davidowitz

En lisant « Tout le monde ment… », vous n’avez pas l’impression de suivre un enseignement, vous écoutez un ami sociologue spécialiste reconnu de l’analyse de données, qui papote tranquillement et prend le temps de vous expliquer en quoi consiste son travail.

Le big data permet de tester des théories jusqu’alors non réfutables, le big data permet d’accéder à nos pensées et désirs les plus intimes, le big data semble être à la sociologie ce que les interféromètres de dernière génération sont aux ondes gravitationnelles, un nouvel outil permettant de regarder le monde d’une nouvelle façon. En lisant Seth Stephens-Davidowitz, on a presque l’impression de voir émerger une nouvelle sociologie, un peu comme si le big data permettait à celle-ci de se renouveler. L’alchimie est devenue chimie, la sociologie en est-elle aux balbutiements de sa métamorphose vers la psychohistoire ? J’exagère, mais au fil de la lecture, la comparaison amusante avec ce que Hari Seldon aurait pu écrire à ses débuts revenait en effet assez régulièrement à mon esprit… Autre parallèle amusant, le chapitre « Le fléau de la dimension » m’a rappelé Terry Pratchett : « Ce qui a une chance sur un million d'arriver se produit 9 fois sur 10 ».

Le livre est bourré d’anecdotes, le ton relax, le style simple, le contenu riche d’enseignements,… pas de prise de tête, juste une introduction très intéressante sur ce que le big data semble modifier (et ce qu’il ne permet pas) dans notre compréhension du comportement humain.

Couvertures de livres

Ne me demandez pas pourquoi j’ai le besoin frénétique de dessiner ces couvertures de livres jusqu’à 1h du matin, alors qu’elles ne me servent à rien, je n’y comprends rien moi-même.

yeK-1984.jpg yeK-AliceAdventuresInWonderland.png yeK-BraveNewWorld.png

yeK-CharlieAndTheChocolateFactory.png yeK-DasParfum.png yeK-DieVerwandlung.png

yeK-Dracula.png yeK-Eldorado.png yeK-Fahrenheit451.png

yeK-Flatland.png yeK-Frankenstein.png yeK-HarryPottçerAndThePhilosopherStone.png

yeK-IAmLegend.png yeK-LaDemocratieDesCredules.png yeK-LaHordeDuContrevent.png

yeK-PeterPan.png yeK-TheMartian.png yeK-TheRunningMan.png

« Vidcutter » et « Taskwarrior » dans Linux Pratique 108 (Juillet-Août 2018)

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J’ai écrit deux articles pour ce numéro de Linux Pratique :

  • Un premier présentant Vidcutter, un outil que j’ai trouvé intéressant pour découper facilement des bouts de vidéos. J’y ai décris la version 5.5, qui est la dernière version disponible sur le site officiel mais depuis l’écriture de l’article une version 6 est disponible sur Flathub avec quelques nouveautés qui semblent prometteuses : the latest version introduces chapter support, black detect filter processing for scene detection + commercial skipping. Produced media files are now passed through a finalizing process as a new last step to help ensure sane results. Plus hundreds of bug fixes, optimisations and improvements over previous incarnations.

LP108prev1.jpg

  • Un long article sur Taskwarrior, que j’ai adoré utilisé et que j’utilise quotidiennement depuis maintenant 6 mois. Un logiciel qui permet de gérer une todo list comme un véritable guerrier ! Dans le numéro 109, un article est d'ores et déjà prévu pour compléter celui-ci : « Combien de temps passez-vous sur vos tâches Taskwarrior ? »

LP108prev2.jpg

Éloge de l'oisiveté

C_Eloge-de-loisivete_2240.jpeg : "Éloge de l'oisiveté", essai de Bertrand Russell

Essai très court, particulièrement clair, bien structuré, bien pensé. Vous trouvez que 35h de travail par semaine, ce n’est pas suffisant ? Russell propose 4h par jour pour tous et sa proposition est argumentée !

Si vous ne connaissez pas Bertrand Russell je vous conseille de commencer par Logicomix et cette vidéo :

Les quatre accords Toltèques

410wQ3hdkrL._SX210_.jpg : "Les quatre accords Toltèques" de Don Miguel Ruiz : Jésus chez les Toltèques

Quatre conseils simples détaillés à outrance avec une pensée simpliste. Ne lisez pas ce livre, vous valez mieux que cela !

Vous souhaitez une recette pour écrire vous-même un livre de développement personnel comme Don Miguel Ruiz, c’est facile : trouvez quelques conseils relevant du bon sens, saupoudrez de catéchisme, inventez quelques situations à titre d’exemple et enfin ingrédient le plus important : agrémentez d’un maximum de moisissures argumentatives. En particulier, pour le titre : Allez-y à fond, argumentum ad exoticum (appel à l’exotisme) et argumentum ad antiquitatem (appel à la tradition). Vous pouvez par exemple intituler votre livre : « Accédez au bonheur grâce aux 8 conseils simples de ma grand-mère celte », « Les 10 potions druidiques », « 3 traditions que nous enseigne Zanahary, la sagesse des Malgaches », etc. Quels conseils ? Mangez équilibré, respectez les gens même ceux dont vous ne respectez pas les idées, ne soyez jamais violent physiquement, verbalement ou insidieusement, n’abusez pas des bonnes choses surtout si elles peuvent être néfastes pour votre santé ou celle de vos proches,… peu importe ! Attention, n’oubliez pas que votre lectorat doit être le plus large possible donc rédigez votre texte avec des mots simples et surtout bourrez votre argumentation d’exemples (même stupides), n’hésitez pas à vous répéter (pour donner un peu de consistance et marteler vos idées), ne soyez surtout pas regardant sur le style littéraire !

« Les quatre accords toltèques » n’est pas un livre, c’est un agrégat de psychologie de comptoir. Ce texte ressemble plus à l’idée que je me fais d’un article parapsychologie d’un Closer ou d’un Femme Actuelle qui aurait été trop long et trop mal rédigé pour pouvoir se glisser entre l’article sur la détox du foie et la publicité Boiron.

Si vous avez aimé cet ouvrage, vous estimez très certainement que mon propos est infondé, qu’autant de lecteurs ne peuvent pas se tromper (argumentum ad populum), que je n’ai rien compris de son propos, je vous propose donc de poser une loupe sur quelques passages :

Dans le chapitre « Le processus de domestication et le rêve de la planète », après plusieurs paragraphes qui ne font que répéter encore et encore que notre système éducatif actuel est cruel et fondé sur des punitions et des mensonges, vous pouvez lire : Si l’on regarde la société humaine, on constate que la raison pour laquelle il est si difficile d’y vivre est qu’elle est régie par la peur. Aux quatre coins de la planète on voit de la souffrance humaine, de la colère, un esprit de revanche, des toxicomanies, de la violence dans la rue et une incroyable injustice […] Si l’on compare le rêve de la société humaine avec la description de l’enfer que les religions du monde entier ont promulguée, on constate que les deux sont identiques. Les religions disent que l’enfer est un lieu de punition, de peur, de douleur et de souffrance, un lieu où le feu vous brûle. Le feu résulte des émotions nées de la peur… et ça continue ainsi plusieurs pages. L’auteur matraque son idée de monde oppressant pour la mettre en opposition avec la société idéale qui serait celle qu’il propose. À aucun moment, on ne met de nuance, il n’y a que douleurs et peine dans le monde manichéen de l’auteur. Pas de rires d’enfants, pas de repas entre amis, pas de plaisir, pas de bonté, de gentillesse, de solidarité, pas de coucher de soleil, pas de littérature enrichissante, pas de professeur encourageant, pas de fraternité, pas de bain de soleil, pas de câlins sous la couette,… Tout est noir et morbide car les humains résistent à la vie. Être vivant est leur plus grande peur… (et encore et encore sur des pages et des pages…). Mais heureusement voici les 4 accords toltèques ! Une introduction aussi oppressante serait digne d’un journal du 20h !

Le premier accord toltèque […] Votre parole est votre pouvoir créateur. C’est un cadeau qui vous vient directement de Dieu. L’évangile selon saint Jean, dans la Bible, parlant de …  Ah, bien ! Maintenant vous êtes clairement au courant, s’il avait été honnête, Don Miguel Ruiz aurait intitulé son livre « Jésus chez les Toltèques ». Je ne suis pas croyant, j’ai donc décidé de faire abstraction des nombreuses références catholiques de l’ouvrage. Si vous êtes athée, notez donc qu’il s’agit bien plus d’un livre catholique que d’un livre de découverte de la culture toltèque (les Toltèques ne sont qu’un prétexte car si c’est vieux et exotique, c’est forcément mieux). Le dernier mot du livre est d’ailleurs Amen.

Toujours dans ce chapitre : La parole est si puissante qu’un seul mot peut changer une vie ou détruire l’existence de millions de personnes. Il y a quelques décennies, la parole d’un seul homme en Allemagne a manipulé toute une nation peuplée de gens intelligents. Il les a conduits à la guerre, par la seule puissance de sa parole. Il a réussi à convaincre certains de commettre les actes de violence les plus atroces qui soient. Sa parole a réveillé les peurs des gens et, comme une immense explosion, les tueries et la guerre ont ravagé le monde entier. Comment est-il possible de faire une si simpliste description de la seconde guerre mondiale ? Comment peut-on avoir une vision aussi manichéenne d’un événement aussi complexe ? Il s’agit là du pire exemple de pensée simpliste développée dans l’ouvrage mais si c’est le pire c’est surtout très loin d’être le seul. Vous êtes prévenus.

Page suivante, vous pourrez lire Je vois un ami et lui fais part d’une opinion : Tiens ! La couleur de ton visage est celle des gens qui vont avoir le cancer. S’il écoute cette parole et s’il est d’accord avec, il aura un cancer dans moins d’un an. Cet exemple est tellement génial ! D’abord, par la crédibilité du dialogue mais aussi pour le propos d’une précision incroyable : le fait qu’un cancer puisse se développé uniquement par effet nocebo semble peu probable, mais là on vous précise même le temps nécessaire ! C’est d’ailleurs bien connu, les hypocondriaques meurent tous d’un cancer moins d’un an après l’apparition de leur hypocondrie, non ?

N’ayant pas peur d’être insistant, suivent ensuite un long exemple avec une fille à qui on dit qu’elle est laide, puis une page complète pour quelqu’un à qui on dit qu’il est stupide. Quelques paragraphes répétitifs plus loin, on retrouve encore un autre exemple avec votre meilleure amie qui vous dit : « Qu’est-ce qui t’arrive ? Tu as une de ces têtes ! Et regarde comment tu es habillée : tu as l’air ridicule. » Peut-être que cette amie vous a-t-elle dit cela juste pour vous blesser. Vraiment ? C’est une description normale d’une discussion avec une meilleure amie ? À chaque exemple d’amitié dans le livre, le propos est ignoble, cela me semble étrange. S’ensuit alors encore plusieurs paragraphes d’une analogie parole/magie qui est répétée un nombre de fois incroyable…

Pour la suite, on décrit simplement les autres principes en long et en large, avec toujours autant d’exemples absurdes. Vous pouvez me dire que ce sont de bons conseils et vous auriez raison mais honnêtement, avez-vous vraiment besoin d’un chaman pour vous dire qu’il faut faire de son mieux (4e accord), qu’il ne faut pas se croire le centre du monde (2e accord), qu’il faut profiter de la vie, avoir des pensées positives, ne pas insulter vos enfants lorsque vous êtes fatigués, ne pas passer sa vie à attendre dans le canapé,… Les conseils prodigués sont juste du bon sens accompagnés d’arguments fallacieux et d’exemples caricaturaux. En lisant ce livre, je repense aux personnes qui me disait de voir les côtés positifs de la vie, d’avoir des pensées positives lorsque j’ai fait une dépression. Comme si cela n’allait pas de soi − Oh merci pour ce conseil d’une grande sagesse je n’y avais pas pensé !

Un dernier exemple, où on constate que l’auteur ne met aucune nuance dans son propos : si on regarde des enfants de deux ou trois ans, on constate qu’ils arborent la plupart du temps un grand sourire et qu’ils s’amusent […] Les très jeunes enfants n’ont pas peur d’exprimer ce qu’ils ressentent […] Ils n’ont aucune peur d’aimer. Voilà la description d’un être humain normal. Enfants, nous n’avons ni peur du futur ni honte du passé. Notre tendance humaine naturelle est de jouir de la vie, de jouer, d’explorer, d’être heureux, d’aimer. […] Regardez des enfants jouant aux adultes, leurs petites mines changent. Je vais faire semblant d’être un avocat dit l’un d’eux. À l’instant, son visage se transforme et l’expression d’un adulte prend le dessus Cette description idéalisée de l’enfance en opposition avec l’adulte triste qui est responsable, a des choses à faire, doit travailler, gagner sa vie ne vous semble-t-elle pas incroyablement simpliste ?

Et c’est ainsi encore et encore et encore… L’auteur use et abuse de la répétition à la limite du lavage de cerveau, comme le ferait un gourou. Il présente des généralités, très certainement pour que l’effet Barnum vous fasse adhérer au propos (vous savez, cet effet qui vous donne l’illusion que votre horoscope correspond vraiment à votre profil).

C’est très certainement le livre qui m’a le plus donné l’impression d’être manipulé par son auteur, avec de grosses ficelles, sans aucun talent littéraire. Je suis triste de constater que ce livre est un succès de librairie. Vous méritez tellement mieux. J’ai l’impression que mon développement personnel est bien mieux traité par « GTO » et « Assassination Classroom » (pour la pédagogie), les textes de Laurent Gaudé (pour la tolérance, la compréhension d’autrui), « 1984 », « Le meilleur des mondes » ou « Fahrenheit 451 » pour développer mon désir de liberté et de culture, les textes d’Hubert Reeves pour voir la poésie de notre monde, les textes de chansons, les séries, les comics, manga, BD, vulgarisations, les grands classiques, France Culture, les discussions entre amis… Préférez un enrichissement par la diversité plutôt que quatre dictons de grand-mère certes bien sympathiques mais évidents, perdus dans la litanie d’un gourou. Un long sermon qui place le lecteur dans la passivité intellectuelle, gavé par un cours magistral non documenté, je préfère lorsqu'un livre m'invite à réfléchir et analyser par moi-même.

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